29 septembre 2002

Je retanscris ceci, extrait du Grand Incendie de Londres de Jacques Roubaud, avant de me coucher : "J'�cris ceci pour ceux que je tra�ne, sans les pr�venir dans ces pages. Et pour quelques autres que cela pourrait int�resser". Bonne nuit.

28 septembre 2002

J'avertis encore une fois : les textes que vous pouvez lire ici apparaissent dans leur ordre de mise en ligne, suivant la parole de l'Evangile qui �nonce que les premiers seront les derniers. Le fragment que vous allez lire imm�diatement est , en fait, la suite du suivant (vous me suivez ?)

Pour continuer avec Mongrandp�re, et je crois bien que je ne sois pas pr�s d'avoir fini, je ne crois pas me tromper en disant que �a a �t� l'homme pr�f�r� de toute la vie de ma m�re. Elle l'a m�me pr�f�r� � moi, c'est tout dire. Elle �tait sa fille unique et apr�s la mort impr�vue de ma grand-m�re en mille neuf cent cinquante-quatre, il s'est retrouv� seul et ne s'est pas tr�s bien support� : il a failli sombrer un peu dans l'alcool. Alors elle l'a recueilli chez elle, chez nous. Il est mort en mille neuf cent soixante-neuf � quatre-vingt-trois ans, c'�tait assez vieux, � l'�poque. J'�tais d�j� en deuxi�me ann�e de m�decine. Un peu avant sa mort, en dehors du fait qu'il �tait encore vivant, ce n'�tait plus tout � fait le m�me homme. Je veux dire : Mongrandp�re �tait devenu vieux et fragile. Ma m�re avait ajout� un tabouret � chaque palier de chacun des trois �tages pour qu'il puisse se reposer en remontant chaque jour de sa derni�re principale mission qui �tait de chercher le pain. �a nous faisait dr�le et pour ainsi dire triste de le voir diminu� comme �a, mon fr�re et moi, nous qui nous souvenions que, quand il avait �t� jeune, encore en Alsace, en Alsace allemande, avant de partir en Am�rique, il s'�tait amus� avec des copains � tenir le pari de boire douze demis et de manger douze �ufs durs dans le temps o� les douze coups de midi avaient sonn� deux fois. Pas facile. Il l'a fait. Nous, en tout cas, nous le croyions qu'il l'avait fait. Mongrandp�re avait �t� une force de la nature. Je le revois encore, tout petit que j'�tais, � la campagne, en Alsace, remplir d'�normes seaux d'eau � la pompe � bras et les porter au bout des siens, un dans chaque main, comme �a, sans effort. Le soir, quand il fallait aller se coucher, nous allions lui faire une bise, il avait toujours la bouche mouill�e, c'�tait un peu d�sagr�able mais pas trop, il nous disait : "Bonsoir, Hamel� !" (Prononcer avec le "h" tr�s aspir� comme dans Khaled). �a voulait dire : "Bonsoir, petit agneau". Sa place favorite, c'�tait dans la cuisine �troite, derri�re la table en Formica. Il pouvait s'y faire oublier des heures. Parfois il s'enfermait dans sa chambre. Ma m�re, quand �a durait trop longtemps, ne le supportait pas : elle allait le retrouver pour parlementer. Elle sortait d�faite, parce qu'il lui avait dit en alsacien qu'il ne supportait plus la vie, qu'il voulait mourir. Mais comme au fond, il �tait tr�s gentil, il essayait la plupart du temps de ne pas inqui�ter trop. On le revoyait derri�re la table de la cuisine. Je me souviens d'un soir, il m'a adress� la parole. J'ai honte, mais j'avais fini par oublier sa pr�sence. Nous avons parl� de choses et d'autres. Il m'a interrog� sur mes �tudes, ce qu'il n'avait jamais fait. Je pensais m�me qu'il ne s'en �tait jamais aper�u que je faisais des �tudes. Et tout � coup, prenant peut-�tre conscience que j'allais devenir quelqu'un de savant ou quelque chose comme �a, il s'est mis � me poser plein de questions. Pourquoi le c�ur bat-il ? Comment les m�dicaments soignent-ils ? Les microbes, � quoi ils ressemblaient ? Etc. J�essayais de r�pondre le plus honn�tement possible, car les questions �taient vraiment difficiles. Je me souviens particuli�rement d'une d'entre elles : explique-moi comment la lune tient dans le ciel et pourquoi elle ne tombe pas sur nous. Ce n'�tait pas une question na�ve c'�tait un test pour savoir si les �tudes servaient vraiment � quelque chose. Alors, avec tout le respect dont j'ai �t� capable, j'ai essay� de lui faire comprendre, comme on le fait avec un enfant et �a me faisait presque pleurer, l'attraction universelle et les lois de Newton et de Kepler. Il m'�coutait, en souriant, ravi de mon savoir. Il me faisait penser au ma�tre ignorant de Jacotot. Un ma�tre, Mongrandp�re. Quelques semaines apr�s, il �tait mort.
par la fen�tre, on ne distingue pas mon ami le bouleau, il est plus � droite. Je t�cherai de vous le montrer sur une prochaine photoMon grand-p�re. Quand je parle de mon grand-p�re, je parle du p�re de ma m�re : Jean, dit "p�p� Jean". Je le dis une fois pour toutes : mon grand-p�re c'est "p�p� Jean", pas "p�p� Jacques", le p�re de mon p�re. Nous avons tous ce grand-p�re pr�f�r�, quasi-prioritaire que nous appelons "Mon grand-p�re", sans pr�nom qui suit. C'est un pr�nom � soi tout seul : Mongrandp�re. Donc Mongrandp�re me tenait par la main. Nous allions nous promener. Il tenait aussi mon fr�re par la main. L'autre main. De l'autre c�t� de sa hauteur. Mongrandp�re �tait de haute taille, en dehors d'�tre grand. Nous trottinions de part et d'autre d'une tour silencieuse sur le boulevard Montparnasse. Il avait un grand pardessus bleu marine, un cache-nez jonquille enroul� deux fois autour du cou bien rang� derri�re les revers du pardessus et un b�ret sur la t�te (nous admirions la dext�rit� qu'il avait pour le soulever et de se gratter l'arri�re du cr�ne de la m�me main, pas sp�cialement pour r�fl�chir, mais plut�t quand il �tait fatigu� et qu'il disait : "A�e, a�e"). Nous allions jusqu'au bout du boulevard, jusqu'� l'ancienne gare, qui existait encore et nous revenions par la rue Vavin et le jardin du Luxembourg o� seulement l� nos mains avaient le droit de quitter les deux pognes qui, jusque-l�, les avaient tenues prisonni�res sans rudesse mais avec fermet�. Nous courrions l'un derri�re l'autre ou jouions � chat. Nous faisions aussi les funambules sur les arceaux qui bordaient les pelouses. Lui ne nous l�chait pas des yeux et puis il reprenait nos mains, pas question d'acheter une sucrerie au kiosque, et nous rentrions par la rue Auguste Comte, nous montions les trois �tages, nous en courant, lui pos�ment, derri�re nous et nous arrivions chez notre m�re, mission accomplie. Il s?asseyait dans la cuisine, soulevait son b�ret et disait : "A�e, A�e". Apr�s quoi nous allions go�ter dans notre chambre. Mongrandp�re avait s�journ� dix-sept ans en Am�rique quand il �tait jeune. C'�tait le sp�cialiste de la fess�e am�ricaine. Il ne nous en a jamais donn�, mais c'�tait un sp�cialiste, vous pouvez me croire. Mongrandp�re disait qu'il avait rencontr� Buffalo bill en Am�rique et Charlie Chaplin quand il faisait la manche dans les caf�s, en Angleterre (il disait bien Charlie Chaplin et pas Charlot). Au fil des ans, notre croyance ind�fectible aux fess�es et aux histoires de Mongrandp�re a lentement mais s�rement d�clin�. Passe encore pour Bill Cody (dit Buffalo Bill) parce qu'il s'�tait produit dans les cirques jusque dans les ann�es mille neuf cent dix-sept (je l'ai v�rifi� dans une encyclop�die) et que Mongrandp�re a tr�s bien pu assister � l'un de ses fameux spectacles �questres, pourquoi pas. Mais je ne crois pas qu'il ait rencontr� Charlie Chaplin faisant la manche � la terrasse des caf�s de Londres parce que Mongrandp�re est arriv� � Londres alors que Charlie Chaplin �tait d�j� parti en Am�rique (�a aussi je l'ai v�rifi�) mais que surtout Charlie Chaplin n'a jamais eu besoin de faire la manche dans les caf�s de sa vie. Mongrandp�re ne parlait aucune langue. C'est pour �a qu'il �tait taciturne. Quand je dis aucune langue, j'exag�re � peine : Il parlait alsacien, c'�tait sa langue maternelle, mais � Paris, � cette �poque, je ne connaissais que ma m�re qui parlait alsacien et �a ne faisait pas vraiment beaucoup d'interlocuteurs. Il avait appris l'am�ricain, forc�ment, en dix-sept ans, en Am�rique, mais ne le parlait pas parfaitement et � Paris non plus on ne parlait pas beaucoup am�ricain � l'�poque ; La langue qu'il parlait le moins bien c'�tait le fran�ais, par manque d'interlocuteurs fran�ais en Am�rique et en Alsace. Donc on pouvait dire qu'il ne parlait presque aucune langue. En Am�rique, il avait �t� ouvrier boulanger � l'h�tel Waldorf Astoria de Park avenue � New York (je n'ai pas pu v�rifier parce que le concierge du Waldorf Astoria, un jeune homme tr�s poli et charmant m'a d�clar� que l'h�tel avait �t� enti�rement d�truit par un incendie avec toutes ses archives dans les ann�es vingt). Il l'est rest� les dix-sept ans qu'il est rest� l�-bas, boulanger, et quand son p�re lui a �crit de rentrer tout de suite pour se marier (il avait quarante ans), il est rentr� par le premier bateau et on peut dire que �a a �t� � l'origine de la naissance de ma m�re. Revenu en Alsace et mari�, il s'est install� � son compte et a ouvert une petite usine de pain azyme (sous le contr�le du grand rabbinat de France et tout le toutim) qui a march� jusqu'� la guerre. C'�tait vers les ann�es mille neuf cent vingt-cinq, au si�cle dernier, lui il est n� encore un si�cle en arri�re, en mille huit cent quatre vingt cinq.


25 septembre 2002

J'ai failli oublier. Depuis environ huit jours les �ditions POL reprennent l'exp�rience r�alis�e en 2000, je crois, avec Martin Wrinckler (l'auteur de la maladie de Sachs) et "L�gendes" livre publi� en feuilleton sur le net. Cette fois, il s'agit toujours de Wrinckler, et le titre est "Ange". Si vous voulez retrouver les joies du feuilleton disparues depuis probablement plus de trente ans dans la presse, d�p�chez vous de cliquer ici, vous n'aurez que huit jours de retard sur les 146 �pisodes pr�vus (seulement, bien s�r, si vous lisez ces lignes le jour o� elles ont �t� �dit�es, c'est � dire le 25 septembre 2002. Avant, pas de danger; apr�s, plus probablement, il vous suffira de rajouter un jour chaque jour, pas besoin de vous faire un dessin). De plus, le livre � l'air tr�s bon. Pour ce qui est de Ciscoblog, le travail invisible continue. Dans la soute... Bonsoir

23 septembre 2002

Je viens de me livrer � un long et fastidieux travail "invisible" (je viens de corriger une trentaine de pages de ce site (pr�cis�ment : l'�puisement du Boul'Mich)). J'ai juste un peu envie de faire quelque chose de "visible" : je frappe donc ces quelques lignes. Vous venez de les lires. Vous les avez vues. Elles sont donc visibles. Comme pour dire que je suis toujours l�, m�me si on ne me voit pas, m�me les jours o�, semble-t-il rien n'est inscrit ici : je continue de m'agiter, m�me en coulisses, m�me derri�re le rideau, de m'agiter, sans cesse, comme mon arbre, mon bouleau, celui qui tente de me parler � travers la fen�tre de la chambre. De toute fa�on, pour paraphraser Wittgenstein : "si un bouleau pouvait parler, on ne le comprendrait pas". Comme vous voyez . Bonsoir.

22 septembre 2002

il ne manque plus que moi, assis devant l'ordinateur...C'est l'automne. Et les sanglots longs, etc. Mon voisin, le bouleau, s'agite dehors sous le ciel gris dans un bruissement de feuilles transi. Il n'a pas renonc� � me faire de grand signes incompr�hensibles. Je me demande tout de m�me s'il ne voudrait pas me faire partager quelque m�lancolie... Rousseau, dans les "r�veries du promeneur solitaire" : "La campagne, encore verte et riante, mais d�feuill�e en partie et d�j� presque d�serte, offrait partout l'image de la solitude et des approches de l'hiver. Il r�sultait de son aspect un m�lange d'impression douce et triste, trop analogue � mon �ge et � mon sort que je ne m'en fisse pas l'application." Mais baste ! J'ai h�sit� � ajouter en LCD le lien : adam Project . Il y a quelque chose de fou et de fascinant dans cette tentative de m�morisation de l'imm�morial (au sens que lui donne Ren� Louis Desf�rets) et du collectif. C'est une tentative de transposition du "je me souviens" de Perec sur le net qui m�rite qu'on d�passe l'aust�rit� de la pr�sentation. Mais on n'est pas oblig� d'aimer... C'est tout pour aujourd'hui, mes chers ciscobloguets et ciscobloguettes.

17 septembre 2002

Les "chroniques ordinaires" de Gis�le Didi (plus rien depuis le 22 juillet) ont enfin repris. Ouf ! Nous avons failli nous angoisser, comme Louis XIV avait failli attendre. Nous trouvions que le repos avait suffisemment exist�, nous craignions qu'il ne se transform�t en repos �ternel. Re - Ouf ! Il n'en est rien. Merci mon dieu, pour notre clic quotidien. J'ai mis en ligne (voir en LCD) deux textes qui sont trop longs pour figurer dans les pages quotidiennes : "L"�puisement du week end et "L'�puisement du Boul'MIch". Bien s�r, il ne s'agit que de tentatives d'�puisement, pas d'�puisements accomplis.

13 septembre 2002

barcelone, avril 2002 Trois personnages sur le port de Barcelone au printemps 2002. Derri�re eux, la mer (au-dessus, sur la photo). C'est ce qu'on voit dans un gigantesque miroir situ� au-dessus de l'entr�e monumentale du centre commercial "Mare Magnum". C'est ultra-moderne, luxueux et pas tr�s beau. Les lignes et les colonnes correspondent aux jointures des plaques de m�tal r�fl�chissantes. On peut voir celui qui prend la photo, c'est le personnage du milieu, Nathan. Devant lui, c'est moi. On croirait qu'il me photographie. Il n'en est rien. Il photographie juste le miroir qui nous refl�te. derri�re lui, c'est un passant. Il ne regarde pas Nathan photographier le miroir. Il regarde juste le miroir, comme moi. Tous les gens qui passent ici regardent le miroir refl�ter la mer et leur image. Nathan est un excellent photographe.

12 septembre 2002

Ce soir, un petit lien. Rien de plus. C'est un peu artiche, un peu Palais de Tokyo, si vous voyez ce que je veux dire (un rien pr�tentieux, mais bon). De plus, il faut imp�rativement une connexion rapide. Je ne sais pas encore si je vais le faire passer en LCD. IL faudrait organiser un r�f�rendum des ciscobloguistes, genre : inscrits : 07, (je refais mes comptes) : non, 06 , votants 04, abstentions ou nuls : 0 pour : 02, contre : 02. On serait bien avan��. A plus tard, folks.

07 septembre 2002

Jardin du Luxembourg, première. Quelque chose de blanc et d'éclatant, le ciel, probablement, se reflète dans une flaque d'eau. Je joue avec une brindille noueuse et fourchue. Je fais la cuisine, je touille. L'image blanche se brouille, un nuage de boue grisâtre remonte vers la surface. On dirait que ça serait de la sauce au chocolat. J'en ai plein les doigts, que j'essuie sur ma chemise. L'odeur un peu âcre de la boue me plaît. J'en dépose un peu sur ma joue, en me grattant le front des doigts qui tiennent toujours la brindille qui va aussi, par la même occasion, maculer mes cheveux. Ca me fait des peintures de guerre. Je mâche de minuscules grains de sable qui crissent sous les dents. Comme je ne sais pas encore cracher, j'essaie de les chasser de la langue sur mes lèvres. En essayant de les ôter de l'autre main, j'en rajoute. Mais la tambouille m'absorbe. La flaque s'agrandit. Elle devient une rigole et finit par couler, lentement, d'abord, puis, vite, comme un petit ruisseau. L'eau provient du jet qu'un jardinier en bleu, je l'ai vu marcher avec ses grosses chaussures dans l'herbe souple, a mis en route il y a quelques minutes. Il arrose d'un bel éventail de pluie la pelouse proche de l'allée où je joue, accroupi dans la poussière. Le ruisseau longe une berge brune de terre odorante, taillée à la bêche, bien régulière, couverte d'une brosse de gazon vert tendre. Avec la brindille, en partant de la rigole, je trace des dérivations liquides sur le sable de l'allée qui font comme des larmes. Elles glissent sur le sol qui ne les absorbe pas tout de suite, se couvrent d'abord d'un voile de poussière fine, puis, finissent par se laisser boire et disparaissent. Si je lève les yeux, mon regard est arrêté de l'autre côté de la pelouse par une haie d'arbres sombres cachant des statues moussues. Derrière moi, la voix de ma mère me parvient à travers les bruits de l'eau qui coule, des feuilles qui bruissent, des cris d'enfants et ceux de la ville, au loin, par delà les grilles. Elle tricote, assise sur une de ces chaises de métal peintes en vert qui, vides, à cette heure matinale, forment, un peu partout dans le jardin, des assemblées étranges, muettes et graves. La voix de ma mère m'interpelle, elle voudrait que je cesse de jouer "à l'eau", elle dit que je vais me salir, elle voudrait que je revienne vers elle. Mais ce n'est pas une injonction : la voix n'a pas la conviction habituelle, je décèle un soupçon d'indulgence. C'est que ma mère profite, elle aussi, du calme de l'instant et de la douceur de l'air. Je décide donc de faire comme si je n'avais pas entendu et de ne pas obéir tout de suite. Je lâche la brindille dans le ruisseau. Je la regarde filer et disparaître en suivant la pente de l'allée et la courbe de la pelouse. Je plaque les deux paumes de mes mains au fond de l'eau, pour les laver. L'eau est froide. Le flot enserre mes poignets. Ma mère parle à nouveau. Mais ce n'est pas à moi qu'elle s'adresse. Un jeune homme vient de s'installer à côté d'elle, son journal sur les genoux. Ils échangent des politesses. Je me suis retourné, j'ai aperçu le sourire de ma mère, qui ne regarde pas le jeune homme, elle continue de me surveiller, et le regard du jeune homme posé sur elle. Je regarde à nouveau l'eau qui coule. J'ai un nouveau jeu. On dirait que les brindilles sont des bateaux qui partent à la mer. Je ramasse plusieurs brindilles et les laisser flotter au fil de l'eau. Un peu plus tard, ma mère m'a appelé, cette fois, "Tu viens , on s'en va". Ma mère a rangé son tricot, s'est levée, et elle est venue me prendre par la main. Je l'ai suivie. Le jeune homme est resté assis. Il a déplié son journal comme pour le lire. Ma mère m'a demandé de dire au revoir au monsieur. J'ai dit au revoir. Le monsieur a répondu : "au revoir". Pendant que nous avancions sur l'allée, et que ma mère, pressant un peu le pas, me tirait derrière elle sur le chemin de la maison, je me suis encore retourné. Le monsieur continuait de regarder ma mère. Il ne s'était toujours pas mis à lire son journal. Il finissait de sourire en nous regardant nous éloigner.

05 septembre 2002

Ce sont Pifoo et son ami le lapin Rabbit, magicien de son �tat, qui vous saluenrt du haut de la dunette du bateau aux voiles multicolores et changeantes dont le  capitaine, Rakham le dauphin n'est autre que le directeur de l'illustre Cirque des PoissonsBonsoir. Je viens de passer la soir�e � num�riser un volume des "Aventures de Pifoo" que je compte mettre en ligne d�s que j'en aurai le loisir. Avez vous remarqu� les changements dans la LCD ? J'ai s�par�, sous la rubrique "CISCOBLOG", les liens "internes" des liens "externes" (que je laisse sous la rubrique "LIENS"). "CISCOBLOG" commence vraiment � ressembler � un vrai site perso tout comme il faut (si je ne mets pas un frein � cette fr�n�sie, vous allez bient�t �tre capables de consulter, entre autres, les photos de ma collection de reveils matin anciens, de mes sculptures en boites de Cachou Lajaunie ou encore celles de mes derni�res vacances � Vigneux-sur-Seine-les-bains, (tenez, cliquez un peu ici, pour voir !)) L'agitation maniaque me guette, non ? On ne s'inqui�te surtout pas ! Bonne nuit, les petits �l�phants !

02 septembre 2002

extrait de La lune et les �toilesBonsoir, ce soir juste deux liens (ajout�s en LCD) Petits Maux Quotidiens et La lune et les �toiles. Ce sont deux journaux graphiques (on dit photologs, quand on est branch�) tr�s jolis. Pour ce qui est de Petits Maux Quotidiens m'est avis qu'une connexion rapide est indispensable, ou alors, armez vous de patience, vous serez bien r�compens�s. That's all for to night, folks. Bonne nuit (et, n'oubliez pas que : se coucher tard...nuit !)