25 février 2006

Je viens de refermer "l'Imitation du bonheur"de Jean Rouaud. J'ai ressenti la petite angoisse de séparation qui confirme chez moi la plupart du temps que j'ai lu un bon roman. C'est un volume de près de six cent pages de la "Blanche" de "Gallimard". Il ne s'agit plus de ces sublimes diamants noirs des éditions de Minuit ("les champs d'honneur", "Le monde à peu près", "Des hommes illustres", et le formidable "Pour vos cadeaux") dont le contre-lyrisme et la minutieuse retenue vous tirait des larmes. Jean Rouaud, à plus de cinquante ans, abandonne enfin sa famille et la Loire Inférieure. Il largue les amarres, hisse haut et prend le large. C'est tard, mais c'est réussi. Nous nous retrouvons donc, à quelques millimètres de la Loire Atlantique, à l'échelle planisphèrique, en 1871, en Haute Loire, dans une diligence, juste quarante ans avant que ne commence l'"Entre deux Guerres". Les quatre ou cinq cent premières pages sont consacrées aux trois jours où la vie de l'héroïne bascule. Sur ces cinq cent pages, au moins deux cent cinquante le sont à seulement quelques heures de la rencontre de Constance Monastier, femme de soyeux cévenole et d'Octave Keller, communard en fuite. Unité de lieu, unité de temps. Avec le même vrai souci de la vérité que Corneille et Boileau (le texte n'est qu'une fenêtre qu'on promène sur la vie, la littérature est "de" l'art puisqu'elle est "Imitation" de la nature, etc.) C'est la "Chevauchée fantastique" de John Ford, "Boule Suif" de Maupassant. Ces pages serrées, elles ne veulent raconter que ce basculement, que ce bouleversement de la rencontre. Enfin, c'est ce que le narrateur feint de nous faire croire. En réalité, il voudrait bien y faire tenir la totalité de de l'histoire de la Grande Commune. Il feint de ne pas y réussir, obligé qu'il serait de nous raconter les moindres minutes de la vie de Constance Monastier et forcément fort peu, comme si, ayant eu le choix entre dire presque tout et quasiment rien, il avait préféré en dire très peu, prendre en quelque sorte le parti des humbles, celui des gens de peu dont l'amoncellement des cadavres fauchés par les mitrailleuses de l'infâme Gallifet hante tout le roman. Il n'est pas historien mais romancier, ce narrateur, il est né comme çà. Il écrit, du futur où il nous sait installés avec lui, comme une longue lettre d'amour à son personnage, qui est le texte même du roman, lettre qu'il enverrait, à rebour donc, dans le passé où elle se tient - nous obligeant à d'incessants allers et retours entre passé et avenir, contenant le frêle présent en équilibre sur son fil - elle que nous suivons , en temps réel, comme on dit maintenant, comme filmée sur les super huits de notre enfance, témoignage tremblotant et encore informe de son existence, nécessitant comme la confirmation, oui, de l'écriture. Le cinéma, les frères lumières, trente ans à peine après, puis John Ford et tous les autres auront réglé son compte à la description littéraire. L'image montre tout en un instant, alors qu'il fallait à Flaubert des dizaines de pages (et des centaines à de moins bons auteurs, voire des milliers à Zola) pour en dire autant. Impossible de lutter contre l'instantané du cinéma, à tout ce qu'il peut dire en une heure dix. Le plus beau, c'est que Jean Rouaud réussit à nous tenir en haleine (au sens propre du terme) par sa lenteur même (un peu comme Ozu, dans "Voyage à Tokyo"). Plus il ajoute de mots de lignes de pages de détails, plus la lecture s'accélère, plus il augmente la focale et diminue l'échelle, plus le récit prend de la hauteur. Tout le roman converge ainsi vers un point focal innateignable, celui de la rencontre, celui de toutes les rencontres. Après, il lache la bride au temps : dix ou quinze ans pour les cent dernières pages et l'envolée finale vers les autres cieux de l'amour et l'infini de l'espace-temps. Lire ces dernières pages m'a pris autant de temps que les quatre cent premières. Mais je ne voulais plus les lâcher, comme on pourrait le faire de la vie : un grand long roman très beau.

21 février 2006

Alternative, 5


Entre la grippe des moustiques et les piqûres de poulet je choisis toujours la moindre

19 février 2006

Un haïku par bain, 30


Ah, laisser tremper
ce sacré vieux sac d'organes
muticellulaires !

15 février 2006

Les petites émotions de la vie, c'est pour consommer tout de suite. Un peu comme les marrons chauds, il faut les manger très vite, en se brûlant les doigts. Après, cela n'a plus qu'un goût de farine plâtreuse. Il faut les écrire vite avant qu'elles refroidissent. Ainsi donc, en compagnie de Nathan, cet après midi, je regagnai la Clio, garée rue Le Goff, tout près de la rue Gay Lussac. Depuis quelque temps, j'ai de la chance, je trouve des places pas interdites pour me garer. Il faut dire que, malgré tous les embarras diaboliques lachement mis en place par la Mairie pour transformer Paris en décor de publicité pour produits de luxe et pour me dissuader de prendre ma voiture, voulant me faire croire que je suis un mauvais citoyen et un horrible pollueur, je m'acharne à conduire jusqu'au centre de la ville. Je m'en mords souvent les doigts et ronge mon frein en rageant, pour ainsi dire, coincé dans des embouteillages tout à fait calculés, la Mairie l'a reconnu depuis longtemps (je m'en fous, je continuerai quand tout le monde aura renoncé et j'aurais alors les rues pour moi tout seul). Si je n'étais pas banlieusard, je me résoudrais peut être à rouler sur deux roues, ne voulant de toute façon pas me faire étouffer dans des transports en commun toujours aussi peu praticables. On se fiche du monde. Mais mon propos n'est pas là. C'était un après midi moche, pluvieux. Nouis avions descendu côte à côte, une partie du Boul'Mich à pied, en devisant de tout et de rien, comme depuis que le monde est monde et comme cela sera jusqu'à la fin des temps, tout au plaisir d'être ensemble. Nous avions fait notre tour du quartier, en passant comme il se devait dans les librairies les disqueries et les fringueries. Sans nous ruiner pour une fois (juste un petit disque de Petrucciani pour Nat chez Gibert Musique). J'étais en train d'ouvri la portière quand Nathan me montra du regard quelque chose au-dessus de moi. Je me retournai et levai les yeux au niveau du premier étage de l'immeuble au pied duquel nous étions garés. C'était une belle plaque en marbre que je n'avais jamais vue. On pouvait y lire : "Sigmund Freud, inventeur de la psychanalyse, a habité cette maison de 1885 à 1886" La maison en question est maintenant un hôtel, l'"hôtel du Brésil" (10 rue Le Goff, Paris V°) D'ailleurs reflexion faite ce devait déjà être un hôtel en 1885. A ma connaissance, Freud n'a séjourné qu'une seule fois un peu longuement à Paris. Tout au début de sa carrière, quand il était venu prendre les leçons de Jean Martin Charcot, à la Salpétrière (vérifié sur Google ici, et là, par exemple). C'est comme une boucle étrange. Je ne crois pas quej'ai jamais raconté à Nathan nos jeux d'écoliers dans les années soixante quand nous revenions du Lycée, en sixième ou en cinquième. Nous quittions la place du Panthéon par la rue Clotaire (La sortie du petit lycée était situé rue Clovis) et tournions à droite dans la rue des Fossés Saint Jacques jusqu' à la rue Malebranche qui débouche sur la rue Le Goff pratiquement en face de l'hôtel du Brésil devant lequel je suis donc passé mille fois et qui n'a cependant jamais impressionné ma mémoire. La rue Malebranche est courte mais pentue. C'est l'autre versant de la montagne Sainte Geneviève. Il y a à cet endroit un changement de pente avec la rue Le Goff qui se prolonge en montant légèrement vers le Nord , parallèlement à la rue Saint Jacques et au Boul'mich, par la rue Victor Cousin qui mène à la Sorbonne (vous avez un plan, là, si vous voulez) et donc, pour compenser, un remblai qui fait une différence de niveau d'au moins six ou sept mètres entre la chaussée et le trottoir. Ce remblai est pavé et bordé, bien sûr, d'une solide rambarde en fer forgé. Notre jeu, qui était en fait une sorte de rite d'admission dans notre société secrète, consistait à affronter le "précipice de la mort" en suivant la rambarde par le côté du vide jusqu'au haut de la rue. C'était tout à fait faisable et sans réel danger, mais il y avait le petit frisson nécessaire pour nous nous imaginions au milieu de la jungle au dessus du fleuve Congo sur un pont de singe. La rue Le Goff était donc notre terre ferme. On y reprenait ses esprit, on y écoutait son coeur ralentir après l'épreuve. La plaque a du être apposée plus tard, probablement, mais même s'il elle l'avait déjà été nous ne l'aurions pas vue, bien entendu (le quartier était en revanche rempli de plaques plus petites dédiées à la mémoires de combattants tombés pour la Libération de Paris, bien à hauteur de nos yeux d'enfants) J'aime imaginer maintenant, un peu grâce à Nathan, un jeune Freud parisien, poli et bien mis, descendant le Boul'Mich le nez en l'air en revenant à pied de la Salpé (sinon, il coupait peut être par le Panthéon et avait découvert obligatoirement le raccourci de la rue Malebranche) Et nous mettons nos pas dans ses pas.

13 février 2006

Douze, 5


On s'asseyait par terre. Une moquette en peau de moquette recouvrait, sauf dans l'entrée, un pourtant beau parquet fatigué. Il y avait une plante verte, presque un arbre (un noyau d'avocat planté sans y croire après un déjeuner dans la terre d'un bac Riviera) qui se plaisait bien et qui épatait les visiteurs. Le déménagement, plus tard, le tuera, il aurait fallu ne pas partir. Une ou deux affiches de Leonor Fini aux murs, on ne sait plus qui c'est de nos jours. Pratiquemment la seule télé (portable, en noir et blanc, d'abord, puis un Sony Trinitron) de tout l'immeuble, à même la moquette. Un grand serpent vert, bourré de bouts de matelas mousse, enroulé sur trois ou quatre tours dans un coin, servait d'anticanapé. On s'y entassait à huit ou quinze les jours de coupe du monde. Bien plus tard, en d'autres lieux, l'achat d'une banquette confortable et modulaire marqua d'ailleurs dans l'angoisse le passage de la trentaine, la fin de l'éternité au raz du sol, et fut l'occasion d'une courte mais sacrée crise de mélancolie. Un fauteuil, tout de même, dans le coin opposé, celui d'un grand père, à oreilles et à rayures vieux rose, soutenait un peu de verticalité. Mais il servait surtout à jeter les vestes et les écharpes, à déposer les journaux ou à recevoir les visiteurs âgés. Et dans la chambre, le lit sans sommier, recouvert des premières couettes (encore en véritable duvet) la tête contre l'inévitable tenture indienne achetée pour un prix pas modique du tout de côté de la rue de Seine.
Promesses d'ivrogne


L'une est un rêve irréalisable , l'autre est un pari pratiquement perdu d'avance : écrire une fiction et me remettre au ski d'ici février prochain (mais j'ai un an pour me faire mentir...)

12 février 2006

Je cite Alain Fleisher, dans les Trapézistes et le rat : "Un jour des amants sont ensemble dans un lit et se donnent du plaisir et ne savent pas que c'est la dernière fois. S'ils le savaient, d'ailleurs, de tels moments seraient invivables, et nul ne pourrait y survivre. Mais il y a une injustice à ne rien savoir, qui fait que ces instants de la dernière fois, de la dernière étreinte, du dernier baiser, des dernières paroles échangées, du dernier regard, ne sont pas vécus avec la violence tragique qui fait que nous mourrons chaque jour de toutes ces morts-là, dans une totale indifférence. Un accident, la maladie, un brusque changement de situation, un revirement de fortune, une circonstance imprévue, un voyage fortuit, un coup du sort, et tout ce qui devait continuer et se répéter s'arrête d'un coup, prend fin pour toujours, laissant sans suite et parfois sans souvenir, sans mémoire précise, une fois qui devient alors la dernière". Ce sont ces derniers mots qui m'impressionnent : "parfois sans souvenir, sans mémoire précise". Je n’ai effectivement plus la mémoire des dernières fois où j’ai fait l’amour avec les amantes dont je suis séparé. Même si le souvenir de leurs formes, de leur souffle, de leur odeur, de leurs gestes, de leur regard ou leur manière de le détourner, de leurs caresses préférées, de leurs moiteurs, de leurs baisers et du goût de leur bouche reste encore vif ; même si, bien sûr, j’ai encore le souvenir d'émouvantes étreintes, des moment et des endroits précis où elles se sont déroulées, de l' émerveillement de nos désir et de nos jouissances, du bruit de nos grognements, plaintes soupirs et cris entremêlés, des glissements, frottements, écrasements, empoignades et promesses presque tenues de dévorations et d’engloutissements, de mots obscènes prononcés comme des ordres ou des supplications, je reste incapable de me souvenir de chaque dernière fois. Ça en dit long à la fois sur l'amour, la mémoire et le deuil. Tout à l’inverse, je me souviens très bien des premières fois, même si certaines furent uniques. Il me suffit souvent d’évoquer le souvenir d’une amante, même si mes pensées ne sont pas à priori d’ordre érotique, pour vivre à nouveau notre première étreinte : je me souviens des vêtements, des lieux, des surprises de la découverte des corps, du grain de la peau. Je me souviens de juste avant, des mots prononcés et du décor qui bascule et de cette plongée dans un « plus rien ne sera comme avant », dans un irrémédiable qui renforce un désir pourtant déjà à son acmé. Je me souviens de juste après, dans le désordre et l’essoufflement, les rougeurs et les pudeurs qui reviennent et où, justement, tout est exactement comme avant, et rien encore irrémédiable, avec cette tendresse et ces regards émus en plus. Il n’y a pas d’amante dont je ne me souvienne pas de la première fois, et il n’y a pas d’amante dont je me souvienne de la dernière. Ce n’est pas seulement que le désir s’émousse, comme si les corps anticipaient la rupture déjà présente, et que l’acte perde sa force d’évocation future, car souvent la flamme brûle toujours et la séparation n’est pas forcément due à une lassitude des corps, loin de là. Car si la première fois inaugure un « plus rien ne sera comme avant » souvent trompeur, la dernière fois n’inaugure rien : on ne sait pas que c’est la dernière fois, et c’est pour cela qu’on l’oublie et c’est ce qui est tragique. La première fois ouvre sur un avenir possible, des promesses d’accordage, d’aventure partagée, de démultiplication du plaisir qu’on peut imaginer infinies ; la dernière n’est qu’une parmi d’autres qui aurait pu être l’avant dernière ou une avant mille autres et que ma mémoire n’a fait que retenir comme telle. Je me souviens de dix fois qui pourraient être la dernière, mais d'une seule qui est la première. (repost)

11 février 2006

Un haïku par bain, 29


Ce harassement.
Et comment le faire fondre ?
Dans l'eau savonneuse .

10 février 2006




Encore des merveilles chez "daily dose of imagery"

06 février 2006

Le site du fou des codes barres (via La boite à Images)

04 février 2006

J'ai été bien content d'apprendre ici et que l'histoire de "Munich" (vu cet après midi au cinema) était une véritable fiction et non la relation romancée de faits réels : Golda Meir a donc bien lancé le mossad, le service secret et toute sa toile d'araignée, aux trousses de "Septembre noir", et non ce petit groupe isolé que donne à voir Spielberg. De toute façon, j'avais peine à le croire. Le personnage principal n'existe donc pas. C'est un héros de fiction. Ouf ! Je n'arrivais pas à déterminer ce qui me mettais mal à l'aise dans ce film par ailleurs très bien fait et très prenant. Les efforts de Spielberg sont méritoires, C' est un homme sincère (quoiqu'un peu scolaire, en l'occurence) , il se voudrait Charlie Chaplin, à la fois adulé et maudit, sans beaucoup de succès, parce qu'il n'est probablement pas encore assez megalo. Déjà, la "Liste de Schindler" était pour les mêmes raisons a moitié ratée : dans le genre "mon génie" va "transcender la limite" entre le film d'"art" et le cinéma "engagé", Spielberg n'y va pas avec le dos de la cuillère. Tout le monde ne peut pas écrire "Les misérables" et en faire un film, pas même Victor Hugo lui même, qui était le Chaplin du XIX° siècle. Bien sûr, Spielberg se plante totalement, même s'il faut reconnaître pour authentiques ses efforts pour faire un cinema vraiment populaire et digne. A choisir, je préfère largement le message d'"ET " celui de "Hook" ou de "Minority report". Ils sont mille fois plus des films d'auteur que "La liste de Schindler" "Munich" ou "la Couleuir Pourpre". Leur "engagement" vaut très largement celui de ses films "vrais". Il suffit de regarder un film de montage, virtuose et partisan, un vrai film engagé comme "Mourir à Madrid" ou même "Nuits et Brouillards" de Resnais qui ne contiennent pas une once de fiction pour s'en rendre compte. Juste des images, pas des images justes ( J C Godard) , comme en est justement bourré le film de Spielberg. Car la fiction ne dépasse jamais la réalité, seule capable de se transcender elle même, parfois par la grâce d' artistes comme Roman Polanski et son génial acteur, Adrian Brody, dans "Le Pianiste", qui est vrai de bout en bout. Il suffit de juxtaposer les deux films dans sa mémoire pour se rendre compte à quel point le pauvre Spielberg est bidon. Je suis donc très content d'apprendre que contrairement à Spilzman, Kaufman est un personnage inventé. Cela se voit, comme le nez au milieu de la figure, même si Eric Bana est excellent, et je comprends maintenant que c'est ça qui me gênait. Malgré les louables efforts de l'acteur, ses doutes paraissaient forcés, sa parano convenue, ses muscles un peu trop gonflés. Autant Polanski s'effaçait derrière Spilzman (le film réussit le tour de force d'être quasi-identique au livre, c'est à dire insoutenable) , autant Spielberg s'incarne dans Avner Kaufman. Les vrais agents secrets sont très certainement des héros tragiques, en ce sens surhumains, totalement incapables des doutes scolaires de démocrate bien nourri et bien pensant su héros de "Munich". Et les salauds ne sont jamais que des salauds. Spielberg et ses acteurs (Kassowitz, Lonsdale, Amalric et les américains, tous irréprochables) ne parviennent pas à déjouer la mécanique du thriller : nous ne nous demandons jamais quand finiront tout ce sang et tout ce massacre, résignés que nous sommes depuis longtremps au poncif de la violence qui appelle la violence, mais nous nous demandons s' ils vont finalement arriver à tous les tuer, à cocher tous les noms de leur liste. Cela reste le ressort dramatique du film, comme dans les jeux video : "mission completed" ? De ce point de vue, je comprends qu'un palestinien ne puisse absolument pas apprécier. La dernière image du film vient d'ailleurs tout brouiller. Un panneau écrit (ça fait toujours plus vrai, plus neutre, les panneaux écrits) se superpose aux images et annonce que Salamé, le dernier de la liste, le "plus dur à avoir", sera, enfin, pour ainsi dire, abattu, bien plus tard, en 1979. Completed. Mais cette dernière scène est belle. Elle se déroule à Brooklyn Heigths, devant le skyline compact et minéral de Manhatan. Le divorce entre Avner et son commanditaire y est définitivement consommé par le refus de celui-ci de partager un simple repas. La caméra glisse légèrement vers la gauche et on aperçoit en bout de mouvement, au loin, blanches sous le soleil couchant, rapetissées par la perspective, en incrustation par image de synthèse, deux tours jumelles qui venaient d'être construites à l'époque où se passe le film...

01 février 2006

On n'arrête plus le progrès...

CISCOBLOG lève un coin du voile sur ses secrets de fabrication. C'est flou, c'est petit, mais c'est fait à la minute, en trois clics, directement du producteur au consommateur : on n'arrête plus le progrès. A quand la 3D ? A quand les odeurs ? Mais promis, je ne recommencerai plus !