27 février 2007

Vieux lieux pieux (...), 4


La façade du 89 est la dernière à respecter les deux lignes parallèles de balcons qui courent depuis deux cents mètres. La porte cochère est particulièrement grande, mais sans beauté. Une plaque indique qu’on peut consulter le docteur Marie France Boucheron, gynécologue, seulement sur rendez-vous. Tout le rez de chaussée est occupé par une boutique de France Télécom qui a remplacé il y a environ quinze ans un grand marchand de Hi Fi, d’instruments de musiques qui a lui même remplacé un marchand de pianos qui s'appelait les "Pianos Pasdeloup". Il y avait un rayon batteries, et un rayon guitares électriques. On pouvait acheter des disques et des partitions. Il y avait des vendeurs spécialisés qui étaient probablement rémunérés à la commission. La vitrine de France Télécom expose maintenant les dernières merveilles des télécommunications et vante les avantages des abonnements à son réseau. J’y ai vu défiler tous les modèles de minitel, de téléphones filaires puis de téléphones sans fils. Vous souvenez-vous, par exemple du Be-bop des années 80 ? La façade du 91 est moderne et laide : tout est plat, tout est droit, juste fonctionnel, il n’y a plus de balcon. C’est toujours France Télécom qui en occupe le rez de chaussée, et probablement les étages, aussi. De ce côté ci, la société abrite un cyber café, au nom pas très malin, le « Mulot Futé », qui est dessiné sur la vitrine opaque : il a une queue en forme d’arobase et un corps en forme d’esperluette, pour qu’on ne se trompe pas. Je me souviens, là, à ce moment, de mon père dans ses quatre-vingt un ou quatre-vingt-deux ans qui avait voulu voir à quoi ressemblait Internet, lui qui dans sa prime jeunesse avait été initié par son oncle, au maniement délicat des postes à galènes. Je l’avais alors accompagné au tout nouveau Cyber café « Orbital » qui est bien plus agréable que le « Mulot Futé » qui n’existait d’ailleurs pas à cette époque, et nous avions joyeusement surfé pendant l’heure à soixante francs. Je me souviens de son émerveillement et de son incapacité absolue à manier la souris qui peut se comparer à l’incapacité souvent définitive, chez certaines personnes, à manier, par exemple, les baguettes au restaurant chinois ou monter sur des patins à roulette. Il y a des maladresses qui ne son pas physiques, mais culturelles : le geste du « double clic » est probablement à jamais inaccessible à une très grande partie de l’ancienne génération , et ainsi le cyber monde, mais peut-être ne perd-t-elle pas grand chose. Pour en revenir au Boul’mich, la prochaine façade, celle du 93, relève très nettement le niveau. C’est un très bel immeuble Art Nouveau, assez simple, tout blanc, avec des bow windows triangulaires. La porte d'entrée, monumentale, flanquée de deux imposants lampadaires, est un magnifique ouvrage de fer forgé. Des lettres mêlées aux élégantes volutes de métal, forment les mots : "foyer international" et "student hostel", révélant la destination de l'immeuble. Mais cette porte est une porte d'apparat, je n'ai jamais vu le moindre étudiant la franchir. La vraie porte d'entrée est une porte latérale, bien plus petite, avec un judas qui la fait ressembler à une porte de boîte de nuit. Entrée des artistes. C'est le premier immeuble de la série qui porte une signature : celle de Charly Knight, architecte DPLG.

17 février 2007

Don't panic !

Non, Ciscoblog ne devient pas un blog politique. Ce qui suit est un simple test dont je vous rendrai compte dès mon retour de vacances, la semaine prochaine ! Bon vent à tous !

La ségolène de la Royal à francois Sarkhozi Bayrou que Nicolas

15 février 2007




Une petite video désopilante en direct du douzième siecle. Plus d'un s'y retrouveront. L'histoire ne se repète pas, elle bégaie ... (en version originale norvegienne sous-titrée anglais mais ça n'a aucune importance, on comprend sans la traduction) (via transnet)

09 février 2007

Pensée de la nuit N° 114 : "Il faudrait inventer l'herbe en viande pour faire brouter les lions" Jean Marie Gourio, l'intégrale des brèves de comptoir

06 février 2007



Comment pousser les bords du monde. Je suis tombé hier après midi, sur le premier épisosde de la vie de Bob Dylan racontée par François Bon. C'est simple, fort, romanesque en diable, complètement dans le mythe. Il y en a à peu près pour 15 jours. C'est entre 15 heures 40 et 16 heures sur France Cul, une heure parfaite pour les retraités (Dylan a 65 ans) mais peu propice aux travailleurs. J'ai pourtant de la chance : C'est à peu près l'heure de ma migration de l'hôpital au CMP ( vingt bornes). Sûr que je vais me caler sur ces horaires pendant les quinzes prochains jours ! Si, contrairement à moi, votre travail ne vous permet pas d'écouter cette pure pièce de nostalgie, vous pouvez toujours vous rattraper en cliquant ici.

05 février 2007

Vieux lieux pieux (...), 3


Juste avant la porte cochère du 83, donc à sa gauche quand on remonte le boulevard Saint Michel et qu'on fait face aux immeubles il y a la boutique « OYYO » aux vitres fumées et au design démodé. Elle appartient de toute évidence au « Club Méditerranée » puisque sou l’enseigne on peut lire en grosses lettres blanches : « Made in Club Med ». Une inscription agressive et racoleuse proclame « si tu dors t’es mort » et barre en biais toute la vitrine et le haut de la porte d’entrée de la boutique faite du même verre fumé. Ça joue la carte jeune et doit être fait pour faire rêver mais on n’a plutôt pas envie de se réveiller. Juste à gauche de la porte cochère, assez ouvragée, des plaques : l’une annonce le docteur Dody Bensaïd Méjean, Gynécologie – psychosomatique, fond cour esc. C, 1er ét. G ; les autres précisent que par deux fois les sociétés « connaissance et communication » et « connaissance et mémoire » se trouvent au fond de la cour à droite mais il y a un code qui nous empêche d’entrer pour voir à quoi elles ressemblent. A droite de la porte cochère se succèdent quatre commerces. D’abord la boutique « Au Point Vélo », avec pour sous titre « vente neuf et occasion réparation toutes marques » et une grande pancarte rectangulaires portant la mention indispensable : « HOLLANDAIS ». Sur le trottoir sont alignés impeccablement (je compte) neuf splendides vélos hollandais, donc, à vendre ou à louer. J’imagine depuis longtemps les cuisses fuselées des jeunes touristes scandinaves, allemandes, ou américaines qui après s’être confortablement installées sur leurs accueillantes selles, descendent le boulevard cheveux au vent jusqu’aux quais. Juste à côté se trouve la Boutique « Luxembourg Micro, PAO, Traitement de texte », la première du genre dans le quartier avec sa vitrine entièrement recouverte d’inscriptions : Photocopies couleur, salle climatisée, 7j/7, Internet 20 F/H, Thèses mémoires (nous sommes au quartier latin), vente de cartes téléphoniques, sorties numériques, formation, scannérisation, secrétariat traduction anglais/espagnol/français et ai-je oublié quelque chose, non je n’ai rien oublié. A travers la vitrine on peut voir deux rangs de quatre micros la plupart du temps occupés par les mêmes jeunes touristes scandinaves, allemandes, ou américaines qui tapent leurs e-mails à leur famille ou petits amis les yeux rivés à l’écran et qui leur racontent leur ballades à vélo hollandais dans Paris le plus vite possible pour ne pas dépasser leurs 20F/H et, au fond, le tenancier, l’œil à tout, qui trouve encore le temps de préparer des cafés à 15F et de les apporter dans des gobelets en plastique. Le restaurant « A la Bonne Fourchette » fait suite aux ordinateurs et aligne sous un store jaune quatre petites tables recouvertes de nappes à carreaux en toile cirée beaucoup plus rétros. Tentative complètement déplacée et ratée de faux petit boui-boui parigot very typical à laquelle les touristes scandinaves, allemandes, et américaines se font assez rarement prendre, semble-t-il. Il y a quinze ou vingt ans c’était une crêperie bretonne, avec tables et chaises pliantes, tout aussi peu fréquentée, dans laquelle je n’ai jamais mis les pieds non plus. Juste à côté, encore, l’ agence de voyage « USIT CONNECT » aux vitrines vieux moderne soulignées de bandes violettes propose ses prix imbattables sur Paris-New York via Reykjavik ou Paris-Istanbul via Sofia avec deux nuits d’hôtel vue sur le Bosphore. La particularité du 85 est de posséder une porte cochère exactement identique à celle du 83, ce qui fait une jolie symétrie. L’immeuble est légèrement plus cheap, mais l’ensemble, 83 et 85, est d’une assez belle tenue architecturale. Le 87, qui rompt quelque peu l’alignement haussmannien quasi parfait qui le précède présente malgré tout l’une des façades la plus belle de la série. Elle est bordée de chaque côtés de deux immenses bow-windows qui déploient leurs verrières remplies de plantes exotiques sur trois étages. Elles sont reliées par un balcon qui courre sur le deuxième étage et respecte l'alignement. Mais celui ci est rompu au cinquième, qui n'a pas de balcon alors que le sixième en est pourvu. Ce léger décalage participe de l'harmonie, au fond. La porte cochère, massive, surmontée d'une ogive ouvre sur une succession de cours avec des massifs floraux et pelouses privées qui montre bien quel genre d' aristocratie vit ici. Au dessus de la porte une grande plaque commémorative en marbre rappelle au monde entier en général et aux jeunes générations en particulier, dont les touristes scandinaves, allemandes et américaines, que " Edouard BRANLY, qui découvrit le principe de la téléphonie sans fil, né à Amiens en 1884, a vécu dans cette maison de 1928, jusqu'à sa mort le 24 Mars 1940". Cet immeuble fait exactement face à l'entrée néo-classique, à colonnades de l'école des Mines, de l'autre côté du boulevard.

03 février 2007

Grand saut


Finalement Blogger m'a eu, plus vite encore que prévu. J'ai été contraint de passer à la version gamma faute de pouvoir accéder à Ciscoblog (une sombre histoire d'enregistrement sur Google, le nouveau proprio, je ne rentre pas dans les détails), tout simplement. C'était ça ou rien. Une bonne occase pour arrêter si tout foirait, hein... Mais ça a (à peu près) marché. Je me tâte partout, je compte mes abatis, je ne constate que deux bosses, deux bugs, relativement mineurs : un, je me demande ce que Ciscoradio fait tout là haut (mais je suppose qu'ils vont vite arranger ça); deux, les caractères accentués ne sont plus acceptés dans la colonne de droite (et ça aussi). Autrement, tout semble fonctionner comme avant. Il ya moindre mal. On continue. Je n'ai plus qu'une seule trouille, c'est qu'ils m'obligent à upgrader mon template ! (maman, ne m'obligez pas à upgrader mon template, par pitié, s'il vous plaît monsieur Google) mais bon, wait and see, le plus dur est passé.

Je profite de ce point d'ordre technique pour mentionner que Ciscoblog se lit mieux sur Firefox que sur Explorer, mais je ne force personne bien entendu.

02 février 2007

En général le débat sur les blogs m'emmerde. Je dois cependant convenir que cette page du journal de Thiron-Gardais contient beaucoup de choses vraies. Cela dit, rien n'entamera ma persévérance, qu'on se le dise !