18 février 2009

Un Haïku par bain, 80


Plongé solitaire
Dans ce liquide équivoque
Et crépusculaire

10 février 2009

Pensée de la nuit N° 149 : "Un instant, en lèchant machinalement l'intérieur de mon pot de yaourt presque vide, je me suis pris pour mon chien"

09 février 2009

J'aime énormément cette photo de Nathan, la mère de tous les petits déjeuners du monde...


P'tit déj

01 février 2009

Hier soir, la Garde, cette reine de la nuit, mais on comprend mieux si j'écris sans majuscule, la garde, était calme. Dans mon bureau à l'hôpital, j'ai une petite bibliothèque que je n'ai pas souvent le temps de consulter. J'y ai rangé des livres dont un jour j'avais cru avoir besoin pour je ne sais plus quel séminaire ou quelle réunion clinique, ou bien que j'ai posé là juste après qu'ils aient quitté les rayons de la librairie où je venais de les acheter, faute d'autre bibliothèque pour les accueillir. Ils peuvent tout aussi bien être des romans que des manuels de psychiatrie, des polars ou des recueils de poèmes. On peut venir les emprunter. Certains, faute seulement vénielle, oublient de la ramener, parfois. J'étais presque dans le noir, comme j'aime, seulement éclairé par une lampe de bureau de cette sorte qui font juste un halo de lumière sur le clavier de l'ordinateur et qui déjà laissent dans la pénombre le fauteuil de mes interlocuteurs de la journée, vide à cette heure et à cinquante centimètre de là, une de ces lampes à la Gaston Bachelard, une de ces lampes qui voient, une de celles, amicales, chères aussi à Alberto Manguel, doucement penchées sur vos doigts qui courent sur le clavier ou sur le papier, dont j'ai aussi un exemplaire pas tout à fait identique, mais tout à fait aussi tendre, dans le bureau de la maison silencieuse où je tape en ce moment ces lignes sous le halo lumineux qu'elle dispense avec, toujours, la même attention désinteressée. Je rêvassais, car que faire un jour de calme garde à moins de rêvasser, dirait un lièvre de mes amis. A un certain moment, peut être pour vérifier un souvenir, ou bien affiner une définition ou encore par pur désoeuvrement, je me suis levé pour consulter les livres alignés un peu plus loin que la longueur de mon bras. Parmi des titres que j'indifférais, occupés à simplement se tenir droits et à éviter mon regard qui panoramiquait paresseusement, un petit ouvrage assez mince me fit signe, avança imperceptiblement d'un pas de souris, que dis-je d'un pas de fourmi, pour se laisser prendre. C'était le "Régime des Passions" de Clément Rosset. Clément Rosset, que je ne connais pas, est un de mes meilleurs "amis" comme on dit maintenant sur facebook et dans les communautés virtuelles. On a vraiment rien inventé. Car un livre est une communauté virtuelle : celle de tous ses lecteurs, qui ne se connaissent pas. C'est pourquoi je dis que Clément Rosset est un de mes meilleurs "amis", au même titre que Jacques Reda ou Jacques Roubaud, ou même Philp Roth et Francisco Gonzales Ledesma. Le "Régime des passions", et c'est là son moindre défaut comme dirait une autre fourmi de mes connaissances, se laisse lire très facilement. Et même relire, ce que je fis, sans même m'en rendre compte en deux ou trois demi heures, toujours sans le moindre appel des urgences, ce qui était toujours ça de gagné sur la misère humaine. Et puis je me laissai emporter par l'admiration, cet exercice si délicieux. Je me souvenais du plaisir du "Réel et son double", de la "Force Majeure", de "Loin de moi", du "traité de l'idiotie", de cette langue si précise et si déliée qui jamais ne pèse ni ne pose ni ne jargonne. Du merveilleux et du très savant avec les mots de tous les jours, le "Gai Savoir" à l'état pur, dans ton son élan et toute sa fraîcheur. Dans un chapitre assez court, qui n'a rien à voir avec les "passions" et encore moins avec le "régime", Clément Rosset parle de Valère Novarina dont je n'ai presque rien lu et dont je n'ai jamais vu aucune pièce, même à Avignon au temps de ma jeunesse. Ce que je voulais juste dire ici, c'est que Clément Rosset parle de Valère Novarina exactement comme moi, j'espère, je suis en train de parler de Clément Rosset. Pour le simple plaisir de vous raconter un plaisir de lecture par une nuit d'hiver comme les autres, un tout petit moment de joie. J'ai maintenant très envie de lire Valère Novarina, voir si je peux m'en faire un "ami". Et vous, mes "amis", avez vous envie de lire ou relire Clément Rosset ?
Mnémoglyphes parle de Ciscoblog et réciproquement... On va aller loin comme ça ! (J'aime beaucoup l'expression "bloguer à la volée")