30 avril 2010

Chez Norwich, une excellente idée : "Dans la guerre", un journal de journaux à plusieurs voix
Pensée de la nuit N°169 :  "Maintenant c'est clair : nous voguons inéluctablement vers notre deux centième pensée de la nuit"
je crois bien que la chose la plus intelligente dite sur le nuage de cendres volcaniques est cette superbe phrase d'Éric Chevillard, qui est l'une des trois huit cent quatre-vingthuitèmes notules de l'"Autofictif" : "Le volcan islandais Eylafjallajökull a craché dans le ciel au-dessus de l'Europe un obscure et impénétrable nuage de voyelles et de consonnes". Ce sera d'ailleurs notre Pensée de la nuit N°168

28 avril 2010

Haïku de rien, 1


J'avais oublié
A quel point le chant du coq
Ressemble au clairon

26 avril 2010

Je resterai un indécrottable citadin à la campagne. Je m'émerveillerai béatement de tout, je  le dirai sans honte. Pour la première fois depuis mon enfance, j'ai assisté - peut-être heure par heure - dans un bonheur jubilatoire, extatique pour un peu -  encore ce foutu syndrome de Stendhal - à l'arrivée du printemps. Je l'ai guettée, l'ai observée, en ai mesuré minutieusement la progression,  j'ai suivi l'éclosion des bourgeons et le retour des arbres, la majestueuse transformation des couleurs et la montée drue des herbes dans les champs.  Je suis à l'âge exact où le désir n'est plus de dominer la nature, de la plier devant soi, de l'écarter de son chemin, mais au contraire de s'y soumettre, de la laisser pénétrer, nous inonder de sa splendeur de tous les jours, de l'accueillir comme une consolation. Il existe, au sud de Cahors, entre la vallée du Lot et celle du Tarn, un bout de région très peu connu et pourtant véritablement béni des dieux. Ce sont quelques lanières de vallées au milieu desquels coulent des rivières. Elles serpentent entre des collines peu élevées dont la fruste végétation et les pierres blanches parfois apparentes sont des repentirs des Causses encore proche. Elles irriguent des prés, des bouquets de saules, des forêts ordonnées d'arbres fruitiers et de longues bandes de vignes.  Mais ce sont surtout les champs, qui dans de savants jeux de lignes obliques  et pentues tentent de submerger les collines comme  le feraient les vagues des rochers dans la mer, ne parvenant jamais à les recouvrir  en entier. On dit qu'ici tout pousse. On pose une graine sur le terre et voilà qu'elle devient un melon, une fleur, un prunier, un hêtre ou un champ de tournesols. Dans chaque vallée, la route suit le lit de la rivière : Séounes, Grande et petite Barguelone, Tartuguier, Lendou. Les fermes, riches bâtisses blanches aux toits pointus, aux pigeonniers rectangulaires,  qui se prennent toutes pour des châteaux forts, nichées aux épaules des collines, alternent avec des bastides, des villages perchés, de minuscules églises toutes blanches ou des manoirs escortés de cyprès ou de fusains. De partout partent des chemins qu'on voit se perdre au bout de trois lacets, coupant à travers champs vers des demeures secrètes ou à la recherche d'un passage vers une autre vallée. Dans quelques mois ce paysage, balayé par le vent brûlant d'Autan,  prendra des allures de fournaise, mais pour l'instant des sources bruissent partout. En quittant Cahors, la route tourne et vire à travers un maquis calcaire et monotone, déjà brûlé par le soleil,  à peine rescapé du dernier été, où au fond de vallons obscurs se chasse le sanglier et où seules les vignes rappellent que la main de l'homme ici posa le pied, comme dit le capitaine Haddock. Avant d'arriver à mi chemin, au sortir de ces défilés un peu âpres, la vallée s'ouvre comme une corolle vers Saint Pantaléon, où les prés et les bois s'élargissent en une lumineuse respiration. La route  souffle, ondule en deux ou trois virages larges. Alors que se profile au loin, le fier donjon de Montcuq, on dépasse sur la droite Saint Daunes, tout blanc, groupé autour de sa minuscule église à mur-clocher. C'est alors une longue ligne droite, entre champs et coteau, propice à de jubilatoires accélérations dont on se gave avant l'arrivée des mobil-homes hollandais qui se glisseront partout sous peu, à ce qu'on nous a dit. La vallée s'élargit encore, multipliant les plans étagés et les perspectives. Au creux de deux collines, se profile déjà l'Eglise de Sainte Juliette, terme de notre voyage. Sur une butte ravissante, la ferme des Tulliés surplombe les champs à travers lequels nous nous engageons maintenant. Nous franchissons la rivière sur un petit pont, la ferme blanche ne se voit pas de la route, bien à l'abri dans le bosquet qui lui fera de l'ombre au temps des fortes chaleurs. Un chemin de gravier, des granges, des hangars, des machines agricoles et, face à l'étendue des champs, au pied des premières pentes de la colline, vous voici arrivés chez nous.

22 avril 2010

Grâce à ce très sympathique site, je sais désormais comment on appelle ces étranges objets : des machines de Rube Goldberg, celle ci est une version longue- très sophistiquée - d'une pub pour Honda, vous pouvez voire plein d'autres machines de Rube Goldberg en cliquant sur le lien ci-dessus.





14 avril 2010

Haïku de train, 6


Au sommet des arbres
Serpentins de fumée bleue
Derniers feux de bois

10 avril 2010

Haïku de train, 5


Éclat de blancheur
Aux épaules des collines
Les fermes en pierres
Haïku de train, 4


Au soleil levant
Les colline resplendissent
Des doux verts d'avril

07 avril 2010

PLUM BLOSSOM


Parfois, il fait si beau que j'oublie de bloguer...