27 novembre 2008

Un nouveau lien ce soir, une fois n'est pas coutume : c'est vif, fin, artiste mais leste, vous préviens-je ! Le net est un océan d'images traversé de courants. On les pêche, les unes à la suite des autres, on les étale sur le pont, on trouve des similitudes inattendues. On dirait que c'est sans suite, mais en y regardant de plus près il y a des correspondances subtiles. Ce ne sont pas des images justes, mais juste des images. Cela ne s'arrête jamais. C'est Very spécial report

26 novembre 2008

Je sais, je sais, je déserte un peu en ce moment. Je suis en crise de temps comme on dit aux échecs. Ne désespérez cependant pas, CISCOBLOG reste fidèle au post (sans "e") !

13 novembre 2008

Dernière minute, en guise de morale à la dernière "aventure" de notre ami Haltmann, à lire trois ou quatre entrées ci-dessous : je viens d'apprendre à la radio que c'est une pratique courante de rajouter des flots de détergent liquide dans les conteneurs d'ordures des supermarchés afin d'interdire aux pauvres gens de s'y approvisionner. Nous vivons une époque vraiment formidable !
HIERE SUR AMBY

10 novembre 2008

Un Haïku par bain, 75

D'ici je peux voir
Mon sexe pointer le gland
Au bout du nombril.

08 novembre 2008

Pensée de la nuit N° 143 : " J’ai la nostalgie de ces années où je vivais dans l’impatience de l’avenir." Eric Chevillard, L'autofoctif

07 novembre 2008

Au fil du net

via "Balsamia"


via, "Very Special Report"

06 novembre 2008

Un haïku par bain, 74


Mémoire de l'eau
As-tu gardé l'empreinte
D'un seul de mes doutes ?

02 novembre 2008

Huit heures du soir. Contrairement à son habitude, Haltmann passe par le centre ville en rentrant du travail. A cette heure les rues ont retrouvé leur calme. Les embouteillages qui, deux fois par jour, congestionnent toute la région à des kilomètres à la ronde au rythme des bureaux ont fini par se résorber : comme la terre assoiffée finit par boire toute l'eau qui ruisselle, la ville finit par dissoudre en elle les automobiles arrivant une à une à destination (il imagine les garages, la places de parking qui se remplissent, les portails qui se referment derrière les salary-mens pressés de retrouver l'intimité du soir) Il roule à travers les rues sombres, dans l'espace indistinct de la nuit, en écoutant d'une oreille distraite un entretien politique à la radio. En banlieue, il n'y a jamais grand monde dans les rues, on se déplace en voiture, même pour les petits trajets, par habitude mais aussi par indifférence au paysage. On ne se promène quasiment jamais. Les rares passants qu'on aperçoit sur les trottoirs sont les pauvres, les démunis, poussant des poussettes remplies d'enfants ou de packs d'eau minérale. Et puis à cette heure, dans les beaux quartiers aux villas en meulière, c'est déjà le couvre feux, On s'est calfeutré, bien à l'abri. On s'apprête à dîner, on se retrouve, on décompresse devant la télé, on pense à la dure journée du lendemain, on aspire au repos. La nationale 7 traverse la ville. Elle y fait une longue et belle estafilade. C'était autrefois le centre du centre, un quartier prospère, où les magasins et officines se serraient les uns contre les autres et où on venait faire ses courses de partout. Mais c'en est définitivement fini de cet univers à la René Fallet. Depuis l'apparition des grandes surfaces il y a plus de trente ans, pour la plupart installées en périphérie ou le long de l'autoroute toute proche, le quartier a périclité comme les berges d'une rivière asséchée où aucun animal ne vient plus boire. les boutiques ont une à une été vendues et revendues à perte, restant définitivement closes derrières leurs rideaux de fer rouillé, ou ont été achetées pour des bouchées de pain par des marchands de sommeil ou de fringues de moins en moins chères. La lèpre de la vétusté a contaminé les immeubles. Plus rien n'attire le chaland. La dernière boulangerie qui résistait vient de fermer, un bar-tabac subsiste difficilement. Deux ou trois sandwicheries, une ou deux boutiques de pizzas à livrer, résument l'économie de subsistance qui a succédé à l'âge d'or. Non loin de là on avait pourtant tenté de lutter contre la déchéance qui s'installait. Un centre commercial tout neuf avait été implanté, dans les années quatre vingt, avec le vain espoir de contrer l'exode des ouvriers et des classes moyennes vers les villages Lévitt, Kauffman & broad et autres «chalandonnettes» qui commençaient à pulluler dans la campagne toute proche et d'enrayer du même coup la chute de l'immobilier en ville, un centre commercial à taille humaine, urbain et accueillant qui a pourtant inexorablement descendu l'échelle du standing au fil des années et vers lequel roule maintenant Haltmann qui écoute toujours distraitement son débat politique. Il emprunte au ralenti les allées Aristide Brilland, double voie majestueuse plantées de platanes et bordées de maisons de maitres et d'immeubles cossus du XIX° siècle, témoins de la splendeur passée (les minoteries, l'imprimerie et même l'électronique de pointe (une grosse usine IBM a été démantelée il y a à peine moins de vingt ans alors qu'aujourd'hui la firme qu'on croyait naguère indestructible n'existe même plus) entre lesquels s'intercalent, datant de l'âge des "banlieues rouges", un magnifique théâtre dessiné par Oscar Niemeyer en personne, le même qui a construit Brasilia et le siège du PCF place du Colonel Fabien, à Paris, une maison des jeunes en parfait état de marche et une médiathèque qui ferait crever d'envie plus d'un élu dynamique de gauche. L'éclairage urbain jusque là prolixe se fait moins éclatant : Haltmann longe un parc dont les hautes futaies font de l'ombre même au crépuscule. Il y a un virage à droite, puis un à gauche. Droit devant lui, à cent cinquante mètres, le centre commercial. On vient de sortir les grands conteneurs à ordures du jour. On les a disposés sur le trottoir. Dans son champ de vision, à mesure qu'il amorce le virage, lentement, le pied sur le frein, Haltmann voit défiler une étrange foule sombre, comme une petite armée, de miséreux qui se dirige vers les conteneurs. Des sacs en plastique dont la blancheur a des éclats pâles à la main, des gens traversent devant sa voiture. Il voit quelques visages au ralenti et en gros plan, tout près de la fenêtre du passager, comme dans un film. La foule s'agglutine autour des ordures. On a ouvert les couvercles. Les sacs en plastique s'agitent dans la pénombre, improbable lâcher de ballons blancs dans la nuit. Les victuailles juste périmées qu'on vient de jeter passent de main en main et disparaissent dans la foule, comme absorbés par l'ombre, il n'entend aucun bruit, tout se fait en silence. Il n'y a pas de bagarres, pas de disputes. Haltmann a assisté à une rapide cérémonie. Il se rend compte que c'est un rituel de tous les jours : il y a comme de l'ordre dans ce rassemblement de la misère. C'est une vision de dix secondes, à peine. Après, il a terminé le virage, il ne voit plus rien. A la radio le bruissement du débat politique continue. Nous sommes à Dormeil, en région parisienne au début du vingt et unième siècle - où nous commencions déjà à nous nourrir d'ordures.