CISCOBLOG
« Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.» B.Pascal


05 juillet 2009  

Tanka, 7

Fugace fraîcheur
Qui s'exhale du jardin
A peine arrosé

En silence sur le monde
Une nuit paisible tombe

posted by grossmann | 5.7.09


03 juillet 2009  

HAÏKU

posted by grossmann | 3.7.09


29 juin 2009  

Un haïku par bain, 89


Bon insomniaque

Trempe à deux heures du mat'
Au loin, bruit de train

posted by grossmann | 29.6.09
 

Je ne sais pas pour vous, mais mon ordinateur est très serviable. Non seulement il fait tout un tas de choses pour moi automatiquement, mais en plus il est poli, il me demande la permission. Par exemple, tous les trois ou quatre mois, il me signale aimablement que j'ai des icônes que je n'utilise jamais sur mon bureau et me propose de les effacer. La plupart du temps je dois avouer que je je l'envoie paître sans plus de façon. je ne suis pas toujours gentil avec mon ordinateur mais il ne se froisse pas, il n'en prend pas ombrage, du moins je crois. Aujourd'hui, grâce à luiet à sa discrète obstination j'ai retrouvé dans un coin perdu de mon écran d'accueil une icône sur laquelle je n'avais pas cliqué depuis un bail : La boite à couleur. Cela nous ramène aux premiers émerveillements d'internet. Connaissez vous le vert chartreuse, ou le zinzolin de la nuit ? Le sinople ou le glauque ? Le celadon où le gris-de-lin ? Allez, Courez, volez et nous téléchargez "La Boite à Couleurs" de Benjamin Chartier sur son site pourpre.com. Vous me direz des nouvelles de ce petit bijou aussi modeste que simplissime. Merci qui ? Mais oui, merci mon petit ordi adoré (c'est que c'est susceptible, en plus)

posted by grossmann | 29.6.09


28 juin 2009  

Un Haîku par bain, 88


Calme bloc aqueux
En ma baignoire obscure
Ici bas chu. D'où ?

posted by grossmann | 28.6.09
 

Ciscoblog est à jour. Notamment les archives. En ce dimanche ensoleillé, au sortir d'une garde assez éprouvante (ce n'est plus de mon âge) je me suis livré à de menus travaux d'entretien sur le site. Si vous avez été attentifs ces derniers temps (qui n'a pas été attentif? Levez le doigt !) vous avez du vous apercevoir que les archives étaient très en retard. Pour une raison indépendante de ma volonté, il m'avait été provisoirement impossible d'enregistrer au jour le jour. Encore à cause d'Alice, si vous voulez tout savoir, qui a définitivement supprimé les accès à Tiscali.fr, mais aussi à cause de moi parce que j'avais perdu un petit carnet crucial où j'avais noté mes anciens paramètres de Tiscali sans lequels, pour faire court, plus personne, pas même l'aide en ligne d'Alice, n'a accès maintenant. Ciscoblog-chez-Tiscali.fr me fait penser à ces satellites scientifiques qui, une fois leur mission remplie comme de bon petits soldats franchissent les limites du système solaire et se perdent dans le silence infini des espaces qui nous effraient. Et puis je n'avais pas le temps, ce maudit temps. Au bout du compte cela a fait un an de retard. Mais grâce à Blogger qui a vraiment de la ressource j'ai pu enfin pu remèdier à la chose en m'y penchant un peu en cet après midi de tête vide. Voici donc Ciscoblog en pleine forme nickel chrome sans un seul bouton de guêtre qui manque ! (il en est très fier, le ciscoblog)

posted by grossmann | 28.6.09


24 juin 2009  

Chicago, 1


Encore Katakali
Bis Commedia del arte
Toujours Bunraku
A nouveau Kabuki

RE NO

Deux chênes
Trois sapins
Quatre tuyas
Cinq Platanes

SIX TROENES

Country court bas
Classique vole culotte
Jazz venge jarretelle
Reggae part string

FOLK VA GAINE

Dame vitesse
Femme dilligence
Femelle presse
Demoiselle précipitation

FILLE HATE

Soupe troupe
Chinoise équipe
Baguette bande
Bol tribu

PHO HORDE

Terre épluche
Mer écale
Feu décortique
Air écosse

EAU PELE

posted by grossmann | 24.6.09
 


















dans la série : "On Les a Retrouvés !" (via design crush)

posted by grossmann | 24.6.09


23 juin 2009  

Pensée de la nui N° 157 : "Mon assassin court toujours" Eric Chevillard, l'Autofictif

posted by grossmann | 23.6.09


21 juin 2009  

Je suis arrivé à un âge où les trous de mémoire agacent. Je ne suis pas tout à fait sûr d'en avoir vraiment plus qu'à vingt cinq ans, mais c'est un âge où le moindre accroc intellectuel jette sur vous un soupçon discret mais tenace. Je fais partie de ceux qui on pensé toute leur vie que les mots qui manquent ou les noms sur le bout de la langue loin d'un déficit organique n'étaient que la manifestation du dieu rieur qui gît au fond de tout un chacun. En ce domaine, l'acte manqué freudien a toujours constitué pour moi un modèle. Chaque petite défaillance était le prétexte à une recherche passionnée sur les ratés du moteur inconscient et l'occasion de découvertes sur mon fonctionnement automatique qui me ravissaient plutôt que de m'inquiéter. Je ne suis toujours pas inquiet, mais je ne veux surtout pas donner l'occasion qu'on s'inquiète autour de moi. C'est l'une des coquetteries obligées de l'âge mur. Depuis quelques années je me suis doté d'une sorte de mémoire de secours. Elle ne se love pas au fond de mes circonvolutions cérébrales, elle ne ronronne pas entre mon corpus niger et mon hippocampe. La plupart du temps je la tiens au bout de mes doigts, ceux mêmes qui tapent les mots, que vous lisez. C'est une mémoire digitale au sens propre du terme. Mais avant de l'évoquer, bien que vous ayiez déjà deviné de quoi il s'agit, permettez moi là une première digression . Je me souviens d'avoir été dans ma jeunesse un fan de SF, c'est-à-dire de Science Fiction. Nous appelions cela d'ailleurs d'un nom qui sonnait plus noblement pour nous : l' "Anticipation". Nous, je dis nous - digression de deuxième niveau - parce que je pense à mon ami Alain I. qui m'y avait initié qui est devenu plus tard chercheur en virologie à l'Institut Pasteur et une notabilité de la Fédération Française de Judo et que j'ai malheureusement perdu de vue depuis des années (Salut, Alain!) Nous étions des fans de la revue "Fiction", de la collection "Présence du Futur", de Théodore Sturgeon ("Les plus qu'humains" , quel titre!), Arthur C Clarke "2001 odyssée de l'espace" (quinze ans avant Kubrick), Isaac Asimov et le cycles des "Fondations", le "Monde des non-A" de Van Vogt et (je viens de me servir de la mémoire de secours, hé hé) Clifford D Simack. avec "Demain les Chiens". Nous nous passions tous ces livres en nous enthousiasmant des possibilités illimitées de l'avenir. Je pense que le déclin de la SF (mais y a-t-il eu déclin ? N'est-ce pas seulement une projection nombrilique de mon désinterêt ?) date de l'arrivée en masse des ordinateur et de l'Internet (j'ai failli écrire "d'Internet" - troisième digression - La toile reste une chose, une chose incroyable certes, qui va bientôt se substituer à nous, mais une chose. Ecrire ou dire "Internet" tout seul c'est lui donner un prénom qui ferait d'elle une personne, une personne universelle, un dieu. Pas de ça, pas de ça encore) L'internet a tué la SF tout simplement parce que la fiction était devenue réalité et qu'il n'y avait plus besoin d'imaginer toute les merveilles de la science. Je me souviens donc d'avoir lu, il y a presque une vingtaine d'année, un livre de SF intitulé le "Problème de Turing". Il était écrit par une pointure de l'IA : Marvin Minsky. C'était un professeur à l'université de Carnégie Mellon, l'un des premiers à travailler sur le devenu célèbre concept d'Intelligence Artificielle", "IA" de son petit nom. Si le problème de Turing, vous ne l'ignorez pas, est un vrai problème, une expérience de pensée philosophico-logique, le "Problème de Turing" est un roman de science fiction. Faisons, si vous voulez bien, une quatrième digression pour aborder ce qu'est le problème de Turing. Alan Turing, un grand mathématicien anglais assez tourmenté (je n'entrerai pas - mais n'y suis-je pas déjà ? - dans une cinquième digression pour vous conter la vie tumultueuse de ce génie fulgurant, cela en vaudrait la peine mais l'internet est là pour çà, digressez vous même si vous y tenez) propose une réponse passionnante à cette question taraudante : a quel moment pourra -t-on dire que la machine est aussi intelligente que l'homme ? - en ce temps là, les années cinquante, la mémoire même du PC où vous êtes en train de lire ces lignes aurait pris la place de toute la bibliothèque Nationale et ce qu'il proposait était pratiquement inaccessible à notre entendement, du moins celui de nos parents. Il imaginait un jeu, genre question pour un champion mais pourtant beaucoup plus simple, entre vous et une machine qui tenterait de vous abuser, une machine imitatrice, cachée, disons derrière un rideau, réél ou virtuel et qui essaierait de se faire passer pour un homme. Il s'agissait de démasquer cet ordinateur rien qu'en lui posant des questions (peu importait la manière dont on posait les questions, l'interface utilisée, clavier, micro, reconnaissance vocale ou n'importre quoi d'autre et peu importaient les questions elles mêmes d'ailleurs) - n'oublions pas qu'à l'époque on ne "parlait" aux machines qu'en langage binaire, avec des "0" et des "1" , on ne savait même pas ce qu'était une interface, parler avec une machine, n'aurait-il été que de la pluie et du beau temps, était en fait encore inconcevable - la réponse n'aurait de toute façon pu être fournie que sous forme de listing incompréhensible sur le papier perforé que nos oncles nous ramenaient pour faires des bateaux, des chapeaux de Napoléon ou des coloriages). Les robots recalés, de ceux qui ne pouvaient donner la date de la bataille de Marignan, les plus idiots, à ceux qui pouvaient réciter leur histoire familiale aussi bien que celle de la république de Venise mais qui échouaient à contrefaire la tristesse, les imitateurs même les mieux programmés, étaient définis comme tout simplement moins intelligent que l'homme. Mais la machine indémasquable, celle qui se sortait de toutes les questions pièges, qui non seulement pouvait vous parler un quart d'heure de ses cors aux pieds et de son petit fils, qui réagissait avec tact à la colère incompréhensible qui vous prenait quand on vous contredisait et plus encore, qui savait ne pas maîtriser ses émotions sans verser de larmes de crocodile, qui s'angoissait à l'idée de sa propre fin, l'imitatrice qui devenait vraiment son modèle et qui vous faisait la prendre vraiment pour un homme, celle-là seul était déclaré aussi intelligente que vous, tout simplement. Pour Turing, le moment où vous ne pourriez plus dire si derrière le rideau se cachait un homme ou un robot, celui-là serait le moment où la machine serait devenue aussi intelligente qu'un homme. Il n'y avait aucun calcul compliqué à faire, pas d'autre moyen pour l'affirmer. Une simple conversation. Rien que du langage, mais tout le langage contenu dans la bibliothèque de Babel ( c'est en celà, que Borges est le génial précurseur de l'Internet). C''était une expérience de pensée. Il n'imaginait bien sûr aucune machine réelle capable de cette performance. Marvin Minsky dans son roman, ne fait qu'inverser la question : une telle machine, qu'un homme ne réussirait pas à démasquer, pourrait - elle accéder au statut d'être humain avec diplômes en poche et tampon sur le front ? C'est la même question que pose le replicant à son créateur dans le célèbre film dont j'ai le nom sur le bout de la langue. Je veux dire "Blade Runer" (mémoire de secours ou pas, à votre avis ?) Marvin Minsky n'imaginait même pas la beauté parfaite et glaciale des replicants de Ridley Scott. Pour lui, la machine en question n'etait qu'un simple PC à pattes, en plastique et alu brossé, qui suppliait qu'on lui accorde des droits civiques. l'homme n'était plus le roi de l'univers. Il ne se situait plus qu'à égale distance entre l'animal et la machine. Je me souviens, dans le roman, d'une scène de neurochirurgie épatante où on transférait une partie de la mémoire d'un homme à un PC. Maintenant qu'il existe des disques durs externes et qu'on sait les rapetisser, une interconnection avec nos cellules nerveuses cérébrales est envisageable. Les greffes bio-machiniques existent déjà. Mais le plus fort est que ces opérations sanglantes ne seront pas nécessaires. Car il est arrivé ce que ni Alan Turing, ni Marvin Minsky, ni Alain I. et moi à l'âge de douze ans n'avaient imaginé : l'Internet, Google... et l'Iphone. Google n'est plus seulement un moteur de recherche, c'est une mémoire de secours et - de plus en plus fort - cette mémoire incommensurable tient maintenant dans notre poche. Toute la bibliothèque de Babel dans ma poche ! Si Alain I. m'avait dit ça à l'âge de douze ans, je me serais pris pour un fou. Il m'aurait fallu des efforts de mémoire énormes Il n'y a même pas dix ans pour me souvenir du titre du film de Ridley Scott ou un temps fou pour trouver un proche qui eut pu me souffler la réponse avec le risque de le contaminer lui aussi par le manque du mot et ne jamais en finir avec ce post (ce qui n'aurait probablement pas été une grande perte mais là n'est pas la question, il est trop tard pour une prochaine digression, d'accord ?) une petite requête "Google" bien troussée et hop le tour est joué ! L'éducation est en passe de devenir un luxe désuet, et la science véritablement infuse. On n'aura toujours pas besoin de retenir les numeros de téléphone et ce sera le bottin tout entier qu'on aura la certitude d'avoir appris par coeur. Il n'est pas impossible d'imaginer qu'adviendra alors l'atrophie de notre mémoire biologique, faute d'utilisation, sorte d'Alzheimer inverse, la machine se servant de notre dépouille corporelle en guise de membres artificiels et commençant la conquête d'un univers où l'homme sera devenu éternel.

posted by grossmann | 21.6.09


14 juin 2009  

Pensée de la nuit N° 156 "Les amanites phalloïdes c'est vachement bon, mais faut en manger rien qu'un tout petit peu" In "Les notules dominicales de culture domestique de Philippe Didion"

posted by grossmann | 14.6.09


12 juin 2009  
















Excellente série "Tintin, on les a retrouvé !" sur le "Blog à Dessin" de
François Matton qui s'appelle d'ailleurs désormais "Tout va Bien"

posted by grossmann | 12.6.09
 

Chicago, 0


Selon l'OuLiPo,
Un Chicago
Est une devinette
Homophonique.

Exemple :

Nul boulgour
Néant couscous
Zéro patate
Nada polenta

PAS RIZ


Pisse homme de peu se foi
Vomit dévot
Crache bigot
Expectore grenouille

CHIE CAGOT


Gant sarha
Chapeau Myriam
Bas Rachel
Robe Léa

MANCHE ESTHER

posted by grossmann | 12.6.09


11 juin 2009  

Tanka, 6


Rue des cinq diamants
Deux chats gris tirent leur flemme
Dimanche à midi

Promenons nous dans le temps
Où notre jeunesse a fui

posted by grossmann | 11.6.09


10 juin 2009  

Un haïku par bain, 87


Je pense à Marat
Pourrissant dans son sabot
Où es-tu, Charlotte ?

posted by grossmann | 10.6.09


09 juin 2009  

Les jours ne contiennent pas assez d'heures. J'ai à nouveau du boulot par dessus la tête, des rapports en retard et des travaux d'écriture prioritaires et rasoirs que j'ai remis de soirs en soirs. Plus moyen de reculer. La procrastination vire à la catastrophe, comme d'habitude ( amical clin d'œil à Mnémoglyphes). Je n'ai pas de temps pour bloguer malgré toute l'envie que j'en ai. En attendant Je consigne mes idées sur de petits carnets Clairefontaine pour plus tard, à la retraite peut-être. A plus. Quoiqu'il en soit.

posted by grossmann | 9.6.09
 

Roosevelt Island

C'est là que le Queensborough bridge
Jaillissant de la frondaison
Enjambe l'île et les maisons
D'un pas fier que rien ne fige

Là-haut dans le Tram qui voltige
Sur le skyline à l'horizon
Nous irons plus que de raison
Vers Manhattan et ses prodiges

Mais avant de nous embarquer
Viens, allons marcher sur le quai
Où l'East River roule une eau grise

Puis au bar assis côte à côte
Nous nous ferons porter des floats
Par le tamoul de chez Trelli's

(un sonnet par lieu, 7)

posted by grossmann | 9.6.09


29 mai 2009  

Villabé (lez Corbeil-Essonnes)


SOIR D'ORAGE SUR VILLABE

posted by grossmann | 29.5.09


28 mai 2009  

Un haïku par bain, 86


Je sais que ces bulles
Sont des bulles de savon
Et pourtant pourtant

posted by grossmann | 28.5.09


24 mai 2009  

Tanka, 5


Déjeuner à Mer
Passer voir Max à Laborde,
Scarlett à Saumry

Nos pas ne résonnent plus
Dans l'escalier de Chambord

posted by grossmann | 24.5.09


22 mai 2009  



Je suis un fan des "Sopranos". Ceci est une réduction (au sens culinaire) , une concoction, une jivarisation parfaitement réussie. Les images défilent à toute allure. La voix tente de les suivre, elle y parvient, il y a cette sorte d'urgence qui fonce vers la fin inéluctable, qui accélère. J'ai aussi l'impression que c'est ainsi que notre mémoire fonctionne : nous n'avons certes pas retenu des "Sopranos" plus que ces 7 minutes, je veux dire que notre cerveau n' en a probablement pas enregistré plus - et probablement moins à mon avis- mais nous en mémoire le sentiment de la durée, cent cinquante ou deux cent heures en temps réel, huit jours. C'est très paradoxal. Si nous tentons dans notre tête d'arrêter la course folle des souvenirs de notre vie ou de la ralentir, d'y opérer une sorte de zoom temporel, de dilater la durée de tel ou tel épisode ou de tel moment nous ne retrouvons certainement pas plus qu'une seule image, agrandie certes, mais ne possédant en aucune manière plus d'information que celle contenue dans le pauvre chaînon d'un centième de seconde qui nous reste. Nous sommes tout à fait incapable d'y ajouter le moindre détail (c'est ce que Sartre explique dans "l'Imaginaire", je crois) et pourtant nous avons le sentiment de la pleinitude du moment. Nous avons la certitude de l'avoir vécu. Aucune preuve de cela, cependant. On pourrait tout à fait nous avoir "greffé" le dossier, nous faire croire que nous avons vécu alors qu'en réalité nous sommes une machine initialisée il n'y a que quelques secondes. Qu'est-ce qui prouve que nous ne sommes pas une série télé ou une machine vidéo ? Mais n'allons pas jusque là, foin de paranoïa. A l'âge où je suis arrivé, qui n'est pas si canonique que ça, je peux ainsi résumer ma vie : "Ciscoblog en sept minutes". Je peux "zoomer" à toute allure, d'avant en arrière ou d'arrière en avant quand je veux, faire défiler les images et les sons, quand je me brosse les dents devant le miroir de la salle de bain, sur les toilettes ou dans les embouteillages. Je suis même certain que je pourrais sans difficulté résumer toute ma vie en une seule page de 20 lignes de 60 signes et qu'on entendrait la même urgence que celle du commentaire des "Sopranos en sept minutes" Et vous ?


posted by grossmann | 22.5.09


18 mai 2009  

Pensée de la nuit N°155 "Les livres empilés à mon chevet semblent se lire eux-mêmes à haute voix pendant mon sommeil" Alberto Manguel, le journal d'un lecteur in Journal Volubile d'Enrique Vila-Matas

posted by grossmann | 18.5.09


16 mai 2009  

Fleurs d'ail


posted by grossmann | 16.5.09
 

La force de l'art






(On a vu cette photo un peu partout mais celle-ci c'est la mienne)

posted by grossmann | 16.5.09


13 mai 2009  

Un Haïku par bain, 85


Un joli jet d'or

D'ailleurs sans valeur aucune

Découpe la mousse

posted by grossmann | 13.5.09
 

Roger Planchon est mort. Je suis certain que beaucoup d'entre vous se demandent qui c'est. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, etc. Dans ma génération tout le monde connaît Planchon, même ceux qui ne s'intéressent pas plus que ça au théâtre. J'ai été plutôt triste à la mort de Brassens, assez indifférent à celles de Sartre et Lacan, triste à celle de leo Ferré et Mitterand et serai rigolard (si je vis encore) à celle de Brigitte Bardot ou Johnny Halliday. Mais je suis très triste de la mort de Roger Planchon. Pas seulement parce qu'il était un maître, un modèle - et je vais dire quel modèle il a été pour nous - mais triste aussi parce que c'est notre jeunesse qui nous revient tout à coup dans la gueule comme une gifle. On me disait cet après midi que Planchon représente une grande part de ce que nous n'avons pas pu transmettre, de ce que notre génération n'a pas transmis à ses enfants. C'est bien de ça, précisément, qu'il y a lieu d'être triste. La mort de Planchon scande notre échec. Il nous avait montré la voie que nous n'avons jamais suivie. Planchon était, comme disent les japonais, un trésor national vivant. Il était à lui tout seul, tant par sa vie que son travail le symbole de ce qui nous paraît maintenant un improbable oxymore : la culture populaire. Je veux parler de la "popularité" de la culture et non pas de la culture "du peuple", loin de moi toute intention culturaliste, que Dieu me tripote. Car quand j'emploie le mot "culture" je parle de celle avec un grand K qui nous fait, quand on l'entend prononcé, sortir notre révolver même. Ce que Planchon nous disait était que la culture pouvait à la fois être "hard" et "populaire". Qu'il n'y avait pas un culture pour les riches ou les savants et une autre, au rabais, pour les pauvres et les ignorants, comme voudrait nous le faire croire les communautaristes de maintenant, mais une seule culture pour qui voulait bien se donner la peine d'y entrer, comme les pauvres d'esprit au Paradis. A condition qu'on les y laisse entrer, qu'elle leur soit simplement accessible, comme un droit, aussi important que le droit à la santé (ouaf, ouaf) ou au logement (re oauf ouaf), accessible, pas en terme de comprenette, comprenez-moi bien, si j'ose dire, mais tout simplement en terme de sous, d'économie, de mise à disposition, de désserte, d'usagers. Et qu'on ne vienne pas me gonfler avec l'élitisme. Il disait qu'on pouvait se fendre la gueule même avec des chefs d'oeuvres immortels. Vilard avait déjà fait ça. Mais en plus, Planchon était un théatreux de génie, qui savait tout de son métier. J'ai déjà dit ici quel choc ésthétique avait été pour moi la représentation de la deuxième version de son Tartuffe de 1973, proche, et c'est un spécialiste qui vous parle, du syndrome de Stendhal. Planchon travaillait, formait des succésseurs, tentait de passer le flambeau (Patrice Chéreau par exemple, qui ne l'a lui, repassé à personne) Parce que Planchon était aussi un chef. Il avait un théâtre, une troupe, tout comme Molière, il faisait vivre des gens, il dirigeait, en remontrait aux ministres mêmes, ne se laissait jamais damer le pion. C'est précisément ce que nous n'avons jamais pu être, ce genre de chef . Je ne saurai bien dire pourquoi. Je pense aussi à mon maître Bonnafé, qui savait tout de la psychiatrie, mort il n'y a pas si longtemps en 2003, qui a eu des enfants, nous, notre génération, mais qui n'aura pas de petits enfants. Je pense aussi à Marcel Sassolas qui lui est bien vivant, ardéchois comme Planchon, qui a travaillé toute sa vie aux pied des grattes-ciel de Villeurbanne avec les plus fragiles, qui lui aussi sait tout de la psychiatrie et de la culture. Longue vie à Marcel Sassolas ! Qu'on ne vienne surtout pas me dire que ce n'est pas notre faute. Eux en tout cas, avaient tout fait pour qu'on n'en arrive pas là. C'est ce que j'ai envie de dire en ce soir de grande tristesse.

posted by grossmann | 13.5.09


08 mai 2009  

Tanka, 4


En haut du volcan
D'éphémères parapentes
s'élevaient dans l'air

Et par ce soir doux et clair
J'avais plus de cent mille ans

posted by grossmann | 8.5.09
 

Pensée de la nuit N° 154 :"Moi, monsieur, de mon temps il fallait se lever pour changer de chaîne !" G Genette, Codicile

posted by grossmann | 8.5.09


04 mai 2009  



Quand je pense à tout ce qu'on aurait perdu si Flaubert avait écrit "Madame Bovary" sous Word 1857... (site extraordinaire, car loin de la magie de l'informatique (qui nous donne à voir tout ça) il y a un formidable travail "à la main", via CG)




posted by grossmann | 4.5.09


01 mai 2009  

Le phare de Sauzon


Accroupi sur la jetée du phare vert
En marinière et salopette Hosh Kosh
Petit garçon minuscule gavroche
Il lançait son carrelet dans la mer

Le fier pêcheur - et moi j'étais son père -
m'apportait en courant parmi les roches
Les crevettes qu'à la ligne on accroche
Et que les poissons préfèrent aux vers

Terreurs de gobies bourreaux d'éperlans
Plus têtus encor que les goélands
Nous étions les rois, mon fils et mézigue

Une équipe un attelage un tandem
Sérieux et sages comptant sur nous-mêmes
Jamais plus heureux que sur cette digue


(un sonnet par lieu, 6)

posted by grossmann | 1.5.09


25 avril 2009  

Tanka,3


Près de la chapelle
Un aigle dans le ciel pur
Au loin disparait

Le pic du Gar éternel
Et les saisons reviennent

posted by grossmann | 25.4.09
 

Gare de Toulouse Matabiau, sept heures trente. Le petit train de Luchon vient de s'ébranler. Une heure plus tôt j'avais débarqué, un peu chiffonné dans une aube calme et prometteuse, du train de Paris où j'avais dormi quelques heures en couchette de première en compagnie d'une sympathique famille mono-parentale et montalbanaise, Ce sont les premières heures des vacances, J'apprécie, même un peu courbaturé. Hier, mon voisin Christian m'a accompagné à la gare de Juvisy d'où en RER j'ai gagné la gare d'Austerlitz. Arrivé très en avance pour le train de nuit, j'ai traîné un long moment dans le relais H. Les relais H sont un de mes vices cachés. Surtout dans les gares. Je ne peux pas m'en passer. Pour moi relais H rime avec voyage. c'est une faiblesse coupable et néanmoins délicieuse. J'ai acheté le dernier numéro de «La Recherche» que je ne lis que quand je voyage (c'est un tort, excellent numéro sur la disparition des langues dans le monde) et je ne sais plus quel revue de cuisine, et au milieu des bestsellers du mois, un bouquin de philosophie amusante intitulé «Planton et l'ornithorynque» à bases de blagues juives américaines pas mal tournées du tout. Je suis allé récupérer la première carte senior de ma vie (je pense à Sheila : «C'est ma première surprise partie») au guichet. Je n'ai pas pu empêcher de faire le malin, J'ai dit : «C'est terrible, je n'arrive pas à m'y faire» et la jeune femme du guichet, une brune ravissante sanglée dans le bel uniforme bleu roi de la SNCF m'a très aimablement répondu avec un sourire : «eh oui, c'est terrible mais ça permet de voyager» sans se démonter et sans plus de compassion que ça. Après je suis retourné vers les quais regarder les filles. c'est fou ce qu'on voit comme filles, à Paris, surtout dans les gares un samedi soir de chassé croisé de vacances. j'adore ça, même dans des moments plus ordinaires. Déjà dans le RER, une blonde. Magnifique créature assise juste en face de moi, cheveux longs savamment crantés, impeccablement maquillée à la mode d'aujourd'hui, visage et long cou de madone du Pontormo ceint des écouteurs blancs d'un téléphone multifonction très chic, ne daignant à aucun moment regarder le pauvre monde environnant, perdue dans son ennui ses pensées sa musique ou sa conversation avec sa meilleure copine si ce n'était son amant, que je regardais à la dérobée, de même que la plupart de mes voisins mâles, dont un grand noir au visage sympathique qui souriait à la vie, un magrébin portant à l'envers une casquette marquée «SECURITE» et plus loin encore un fou à lunettes de soleil et santiags parlant à haute voix de Sarkosi et de la «maire» de Juvisy tout en regardant tout le monde d'un air entendu. Je lui jetais de rapides coups d'oeil furtifs, surtout pas trop insistants, en m'efforçant de regarder un point plus ou moins fixe derrière elle par dessus son épaule, ou tournant ostensiblement la tête vers le paysage nocturne qui défilait par la fenêtre et qui reflétait l'ombre de mon propre visage, captant ainsi son image juste le temps du mouvement, par peur de croiser son regard qui m'aurait transpercé de honte. Je pense qu'a treize ou quatorze ans, devant la même fille (qui devait en avoir vingt tout au plus) j'aurais été encore plus mal à l'aise. Je me souviens qu'il y a dix ans, voire cinq, j'aurais essayé un sourire, à tout hasard, pour la frime mais pas plus. D'ailleurs, divine surprise, nos regards s'étaient croisés une fraction de seconde. Elle levait donc les yeux elle aussi furtivement sur nous, pendant que nous nous efforcions de ne pas la regarder, testant le pouvoir universel de son charme, se demandant peut être si nous la regardions si nous la trouvions belle, et moi, le petit monsieur assis en face d'elle à soixante quinze centimètre de distance, ce fut comme si le regard de la déesse Aphrodite en personne où la grâce s'étaient posées sur lui. Mais j'avais pu rester stoïque. Elle nous avait finalement délivré en se levant une station avant la notre, à «Bibliothèque de France», empoignant sa valise roulante et bousculant la mienne, sans un sourire même d'excuse, définitivement indifférente, sculpturale, grande comme la statue de la Liberté dans son jean moulant de marque, roulant sur les talons hauts qui en faisait une vraie star de magazine, suivie, je le vérifiai tout de suite, par les regards admiratifs et respectueux de toute la gente masculine du wagon. Des filles, de tous les pays, de tous les âges, déambulant comme à la «passagietta» en groupe voire en troupeaux, avec leurs sacs à dos ou tirant des valises à roues, touristes japonaises habillées n'importe comment, espagnoles chantant des cantiques avec entrain, par trois ou quatre à la recherche de leurs copains, de leurs familles, seules avec ou sans enfants, des filles. Debout face au grand tableau des départs, légèrement en retrait de la foule attentive, une asiatique longiligne appuyée sur un parapluie transparent à la Courrèges, bas et escarpins noirs, un long manteau noir de couturier sur une minirobe vert pastel exactement assortie au liseré qui borde le tour du parapluie, les longs cheveux de jais encadrant son visage allongeant encore sa silhouette filiforme, le nez chaussé de grandes lunettes blanches rectangulaires, parle dans l'inévitable portable dernier modèle. D'une voix qui n'a pas du tout la distinction de sa vêture, elle engueule sans aucun accent - elle est française, à coup sûr ce n'est pas la fille du maffieux japonais ou du magnat chinois que vous imaginiez - un pauvre correspondant affecté d'un retard semble-t-il inadmissible. Dans la queue du guichet grandes lignes, cette africaine avec son copain, tous les deux très tendance, minutieusement sapés, joyeux dans l'éclat de leur jeunesse. Sous un béret noir, ses cheveux défrisés auburn (mais ne serait-ce pas une perruque ?) et ses sourcils rasés remplacés par deux courbes de maquillage très nettes et très noires soulignent la beauté de ses yeux en amandes. J'ai erré un peu dans la foule. Le train avait du retard. C'était la cohue des départs en vacances. Pas une seule place assise sur les banquettes réservées à cet effet devant la salle d'attente des grandes lignes. J'étais là au milieu de toute cette agitation et je m'ennuyais un peu, aspirant au repos dans un compartiment de première et ses couchettes confortables et n'arrivais toujours pas à me faire à l'idée que c'était ma première carte senior.

posted by grossmann | 25.4.09


21 avril 2009  

Un haïku par bain, 84

Est-ce assez décent
Les attributs recouverts
D'Obao moussant ?



posted by grossmann | 21.4.09


17 avril 2009  

posted by grossmann | 17.4.09
 

Un haïku par bain, 83



Les deux pieds croisés,
Ce sont les queues des sardines
Serrées dans leur boite.

posted by grossmann | 17.4.09


12 avril 2009  

Pensée de la nuit N° 153 "On les a pourtant bien fermés, mais la nuit entre par les fentes des volets." Eric Chevillard, l'autofictif

posted by grossmann | 12.4.09


11 avril 2009  

A nouveau Haltmann hantait sa propre mémoire, se livrant à la minutieuse récolte du moindre lambeau de souvenir. Pendant des heures, il ne trouvait rien, arpentant en un vaste désert froid où le ciel avait la couleur exacte du sable. De loin en loin il rencontrait des scènes figées dans des paysages en ruine qu'il ne parvenait pas, malgré tous ses efforts à animer. Le petit latin, le pot de l'Ecole, l'assistanat à Châlon... C'était un homme du début du siècle dernier, il avait cru se souvenir de son nom - Harnois - mais juste au moment de l'écrire il lui était revenu qu'il pensait en fait à un autre professeur de Français latin grec, qu'il avait eu plus tard, en première et que celui duquel il s'était souvenu en premier, il l'avait eu en quatrième (on commençait le latin en sixième en même temps que la première langue) mais il ne se souvenait plus du tout de son nom. Il leur faisait faire du "petit latin". C'est là que Haltmann voulait en venir : au "petit latin". "Ils faisaient du petit latin." Cette expression qu'il n'avait ni lue ni entendue depuis au moins trente ans lui était revenue à la lecture des mémoires de Catherine Clément (les gens de son âge commençaient à publier leurs mémoires - il n'est tout de même pas de la génération de Claude Lanzmann, loin de là - c'était une mine inespérée pour ses propres recherches, qu'ils exaltaient en quelque sorte). Le professeur de quatrième était toujours bien habillé, costume trois pièces gris souris et cravate unie bleu marine, les joues roses, les cheveux blancs jaunissant impeccablement bien peignés. Avec son menton légèrement fuyant et son sourire aux grandes dents il ressemblait un peu à un personnage du Bébète Show. Mais qui connaît le Bébète Show de nos jours à part ceux qui se souviennent ? Il avait fallu pénétrer encore plus profondément les strates des souvenirs empilés, pousser la focale de l'instrument mémoriel à l'extrême, remonter à des scènes imprécises et indatables de lecture de cahiers de textes, d'écriture au stylo à plume, de copies Clairefontraine à grands carreaux et à marge rouge à gauche, feuillets de deux pages recto verso dont on n'utilisait que les deux premières pour les versions et à peine la moitié de la première pour les thèmes (qui étaient déjà en perte de vitesse, devenant désuets et traditionnels, très proches des maths, ne servant plus du tout à la selection comme encore une génération plus tôt). Faire du petit latin c'était comprendre un texte latin avec la traduction sur la table, en plus du Gaffiot, toujours autorisé. Le grand latin, le latin "de compétition" avait deux épreuves : la version, qui était d'une difficulté normale et le thème latin, qui était beaucoup plus difficile puisque d'ordinaire le thème est la langue étrangère "parlée" et qu'on ne pouvait en principe pas "parler" latin . Tout thème était forcement un exercice de littérature ardu nécessitant la plupart du temps une maturité et un goût rares à leur âge. Il se souvenait qu'en thème latin, qui était probablement l'exercice le plus difficile de toute la scolarité, il avait eu des notes négatives, des moins onze ou des moins neuf, il n'avait jamais du dépasser les trois ou quatre sur vingt, ce qui le situait tout de même dans les cinq meilleurs de la classe. Le professeur qui leur donnait des notes négatives pour qu'ils ne se découragent pas et puissent mesurer leurs progrès, ce qu'il n'aurait bien sûr pas pu faire en accumulant les simples zéros, s'émerveillait quand un élève atteignait les notes positives et proposait au concours général celui qui avait atteint la moyenne. Le "petit latin" se situait entre le thème et la version, il était à la fois du thème et de la version. Tout le monde aimait le petit latin, c'était comme se reposer, se divertir, faire ce qu'on n'avait pas le droit de faire "en compétition", comme jongler avec le ballon à l'entraînement du foot par exemple. Malheureusement, il n'y avait pas d'épreuve de petit latin même si on était capable d'y être bien plus brillant qu'en "Grand Latin" (on se fait sortir par l'entraîneur quand on se met à jongler pendant un match) En fait, ils apprenaient le latin en faisant du petit latin, c'était là qu'ils rencontraient vraiment les romains, se frottaient à leurs grands esprits, leur mode de vie, leurs certitudes, leurs doutes, ce qui leur donnait un sens très profond de l'histoire. C'était un divertissement intelligent, comme la "physique amusante". Les professeur "modernes" , comme celui de quatrième, dont Haltmann ne se souvenait plus du nom, poussaient encore plus loin l'esprit du petit latin vers la détente et l'accessibilité : ils faisaient de la conversation latine. Ils leur proposaient de dialoguer en "version originale", de traduire des mots comme "vélomoteur" ou "avion à réaction" ou bien encore "téléphone" ou "ascenseur". Il fallait inventer des mots. leur professeur de quatrième était un as de l'exercice. Il parlait latin couramment "à la restituée". Il les émerveillait. Haltmann le revoyait, transfiguré, du haut de sa chaire, comme un demi dieu, une star des stades micrognathe, raconter sans le moindre effort le "petit chaperon rouge" en latin ou doubler en "live" des extraits de "capitaine courageux" ou des "trois mousquetaires". Ils avaient envie d'applaudir.

posted by grossmann | 11.4.09


06 avril 2009  

Tanka, 2

Pour H.G.

En faisant le pain
La farine à l'eau se mêle
Odeur de levain

De même en mes souvenirs
Présent et passé s'emmêlent

posted by grossmann | 6.4.09


05 avril 2009  


















Ce qu'a vraiment vu Hokusai (via "Very spécial report" )

posted by grossmann | 5.4.09
 

Je suis tombé sur cette vidéo proprement renversante (je vous jure que c'est le mot, s'il y en a un qui doit tout à Bach, c'est Dieu come disait l'ami Cioran) en parcourant l'excellent blog de maths "Algorythmes" (avec la faute d'orthographe) Les blogs de math sont à consommer avec aussi peu de modération que les blogs de cuisine!


posted by grossmann | 5.4.09


28 mars 2009  

Pensée de la nuit N° 152 : "Comme la Lalangue, le Duduchamp est assez difficile à saisir, il a un côté "Boojum", il me rapelle Duduche, fille de Duchat, chat (en fait chatte) de Georges Perec qui fut la chatte de ma soeur. Quand une main quelconque non autorisée tentait de la carresser, elle ne griffait pas, ne protestait pas mais creusait tellement l'échine qu'il était strictement impossible de la toucher, geste qu'elle accomplissait dans l'impassibilité et avec une politesse parfaite, très duduchampienne" Jacques Roubaud, La Dissolution

posted by grossmann | 28.3.09


27 mars 2009  

Un Haïku par bain, 82


Mariner tranquille -
Oh délice remarquable -
A nouveau je peux !

posted by grossmann | 27.3.09


22 mars 2009  

Pensée de la nuit N°151 : "Or, le passé n'est pas anarchique. Il peut nous apparaître désordonné et confus, mais en fait, ce n'est qu'une impression du regard désarmé que nous portons sur lui ; mais en fait le passé n'a pas d'état de confusion générale à sa disposition. Il a son ordre qui découle de son immobilité définitive (pas un ordre raisonné, certes, mais un ordre de fait) Aujourd'hui, maintenant je présente ce rien en le décrivant, anarchiquement présent. chaque jour, ou d'un jour à l'autre, recommençant, je le revisite, creusant dans les parenthèses déjà ouvertes des disgressions plus ou moins proliférantes qui ne cessent de déranger l'ordre et la cohérence minimale que les parenthèses avaient conquis en s'enfonçant peu à peu dans le passé de la composition où elles reposaient, calmées et plates, comme des supercordes après lavage" Jacques Roubaud, La Dissolution,

posted by grossmann | 22.3.09


20 mars 2009  

Tanka, 1

Pour M.L.G.



Petit matin clair
Depuis mon lit je peux voir
Un cerisier nu

Ah, pouvoir se rendormir

Jusques au retour des fleurs

posted by grossmann | 20.3.09


18 mars 2009  

"L'intérieur n'est à l'extérieur de rien" dit Valère Novarina. Depuis que le printemps est là les petits matins sont somptueux. Hier, juste après la séance de tintamarre triomphal des oiseaux saluant le jour, alors que le silence peinait à s'installer à nouveau, j'ai entendu un drôle de bruit. On aurait dit un bref coup de crécelle, un roulement de tambour sec ou une porte qui grinçait (une porte qu'on aurait mal fermée par inadvertance et qui profitait du silence pour lentement s'ouvrir toute seule) en tout cas un bruit qui n'avait rien d'animal, un bruit de machine à coudre grave, de chose qu'on manipule, un long craquement, un bruit étrange. Il se repetait à intervalles réguliers, déchirant à lui seul le silence que les plus farceurs des volatiles, soudain devenus respectueux, n'osaient interrompre. Le son était extraordinaire, plein, profond, stéréophonique. Tout le voisinage résonnait de son écho. Mais qui donc osait faire un tel boucan à une heure aussi matinale ? En tout cas pas le voisin charcutier dont le laboratoire donne sur notre jardinet et qui tous les jours, y compris le dimanche, nettoie ses instruments à grand coups de jets d'eau et bruits de gamelles entrechoquées faisant aboyer tous les chiens du quartier, pas non plus un volet ou une vraie porte mal fermés qui grinçaient : les intervalles étaient trop réguliers, il n'y avait pas de vent, l'air était immobile, au contraire. Aucun chien n'aboyait, même lointain. Je fis défiler dans ma mémoire, rangé bien à l'abri dans une circonvolution de mon cerveau, le paradigme "bruit de crécelle" : je fis revenir d'abord le souvenir très ancien d'un jouet en bois, teint en vert et en jaune, assez lourd pour émettre le bon grincement une fois secoué correctement, mais pas suffisamment pour ne pas être tenu dans la main d'un enfant, avec lequel il pouvait très bien s'assommer en l'agitant dans le mauvais sens, ce qui arrivait souvent, c'était un objet du genre "jouet à risque", qu'on oserait plus fabriquer de nos jours sous peine de se voir traîner devant la Cour Internationnale de Justice et dont les bébés des années cinquante avalaient en toute imunité les petites pièces détachées et mourraient de mort subite de nourrisson, étouffés dans leurs lits, puis celui, comme prévu, d'une lourde porte en bois, à la montagne, donnant sur un balcon (une galerie) un après midi de sieste bien méritée après une nuit blanche à tourner en rond avec le bébé dans les bras qui ne pouvait pas s'endormir et qui, maintenant tout aussi épuiisé que ses parents roupillait à l'intérieur, puis celui d'une matinée fraiche et claire où nous nous promenions, comme les frères Poucet, à une dizaine d'enfants et une monitrice, sacs au dos, à peine plus hauts que les fougères luxuriantes qui bordaient le chemin, dans une grandiose forêt de sapins , tout droit issue des illustrations de nos livres pour enfants, plus vraie que nos rêves les plus fous, dans laquelle on pénétrait comme dans un palais enchanté après avoir traversé des prairies muticolores à n'en plus finir en faisant s'envoler devant nos cuisses nues les sauterelles encore menue et fines de début juillet, où nous nous sentions chez nous, protégés, bien à l'intérieur, nous nous arrêtions après avoir traîné en queue de file pour ramasser des brindilles, des pommes de pin et cueillir une petite plante acidulée, délicieuse , une jeune pousse en forme de cresson que nous mangions sur le pouce, le gôut je l'ai déjà sur ma langue après près de cinquante ans, et que nous appelions "Pain d'Oiseau" inconscients des risques que nous prenions, ou encore celui d'une chaude journée plutôt mal définie, dans les champs, au choix, en Bourgogne, en Savoie en Auvergne ou dans le Comminges, avec le bruit d'un grillon inquiet qui se serait tenu coi dès qu'on aurait fait un pas et puis enfin celui d'une haute futaie, à nouveau, pleine d'ombre, dans une autre forêt, au lieu dit "Le Grand Sapin", connu des amateurs de champignons, entre Villiers Saint Benoît et Sommecaise, non loin de "La Ronce", où nous nous étions enfoncés depuis peu. C'était le bon souvenir, celui qui collait au bruit. Le son était identique, reconnaissable à tous les coups. L'odeur de feuilles mortes et de terre me revint dans le même temps. Marchant à la file indienne, nous nous faufilions entre les branches, faisant crisser le tapis de feuilles mortes que nous scrutions, cassés en deux , le nez au ras du sol, à la recherche des champignons, plus spécialement des "trompettes des morts" (ou "chanterelles" ou "cornes d'abondance") qui ressemblent tout à fait aux champignons chinois qu'on met dans le "Shop Suei". Des petits ceps, ou des girolles ne nous auraient pas déçus non plus, soit dit en passant, mais c'était un coin à "trompettes des morts". On ne les voit que que on a les yeux dessus, quand on en trouve un, on en trouve cent, etc. Je superposai alors, pour ainsi dire, le souvenir au présent : depuis un moment notre marche silencieuse était accompagné du même son de crécelle grave que j'entendais maintenant. Une pie venait de faire halte, dans le présent, sur le cerisier nu que je pouvais apercevoir de mon lit. Elle écoutait elle aussi le son de la forêt de mon souvenir en penchant la tête comme font tous les oiseaux. C'était le bruit d'un pic-vert. Il martelait de son bec une branche ou un tronc pour en faire sortir les insectes cachés à l'intérieur. En forêt, les craquements, les bruits de bois qui grince, de branches qui cassent, ne manquent pas. Nous avions interrompu le travail de l'oiseau sans nous arrêter pour écouter son bruit. Il était fort en colère. Il y eut des cris, des bruits d'ailes furieux. Quelque chose tomba sur le sol, juste à nos pieds. C'était le pic-vert qui était descendu pour nous engueuler. Il manifesta son mécontentement avec des cris stridents et force déploiement des ailes, puis remonta illico, en un vol quasi vertical, tout en haut de l'arbre où nous ne l'entendîmes plus. Son nid ne devait pas être très loin, il était probablement venu le défendre. Nous nous sentions coupables comme si nous venions de prendre un savon mérité. Et là, dans le petit matin clair, le même bruit de percussion venait déchirer le silence de la banlieue juste avant la sonnerie des reveil-matins. Le pic-vert ausculte l'intérieur de l'arbre. Il scrute la vie qui y grouille. Il fait sortir la vie de l'arbre, quelle que soit l'heure, en un inexorable et mortel sauve qui peut. Et pourtant son bruit n'est pas sinistre, il n'est pas douloureux, comme celui des mouettes, ou laid comme celui des pies. C'est un bruit de travail, un bruit laborieux. On dit qu'il tambourine. (même si son cri, qu'on entend beaucoup plus souvent qu'on croit, selon Internet, une sorte de ricannement sardonique est assez désagréable) "L'intérieur n'est à l'exterieur de rien". C'est une phrase étrange, un tantinet dérangeante, paradoxale alors qu'elle n'exprime aucun paradoxe. C'est vrai : l'intérieur et l'extérieur sont deux catégories radicalement différentes de l'espace, disjointes. C'est ce que dit radicalement Valère Novarina, il faut en finir avec les compromis. Le dedans et le dehors ne communiquent pas, pas même en vertu de lois topographiques compliquées. Pas d'échange posssible, pas de place pour quoi que ce soit de transitionnel ou intermédiaire, pas d'ouverture autre que l'éffraction chirugicale ou mutilante toujours catastrophique, comme celle du pic-vert (Le plus souvent les aphorimes concernant l'intérieur et l'extérieur font allusion à leur caractère au contraire communiquant, les faisant s'écouler l'un dans l'autre de manière lénifiante en donnant la clé du monde, "La sortie de secours est à l'intérieur " etc. ) Un bon psychothérapeute serait alors un pic-vert. Un tambourineur de l'index sur votre front ou votre nombril, penché sur votre corps allongé, levant légèrement les fesses de son confortable fauteuil. Il vous sortirait les verts du nez. Si l'interieur n'est à l'extérieur de rien, il faut s'y résoudre, le cerveau est un organe externe, un peu comme les testicules ou les seins. De même, en dernière analyse, que notre tube digestif, aussi long et alambiqué soit-il, qui n'est qu'une invagination du dehors au temps où nous tombions, minuscules, dans l'abysse amniotique, que nos viscères mêmes, si propres et si bien rangés, aucune place perdue, encore plus beaux que dans les livres d'anatomie, luisant de l'éclat de leurs couleurs originelles, doux et fermes au toucher, jouissant de leurs formes parfaitement lisses, petits animaux immobiles et tranquillement pulsatiles, sont des organes externes, traversés par des millions de ramifications qui communiquent toutes entre elles et avec nos orifices naturels. l'intérieur n'est à l'extérieur de rien... mais il n'existe pas.

posted by grossmann | 18.3.09


12 mars 2009  

Ce matin, il y a quelque chose dans l'air qui le rend plus doux. Le ciel est gris, il bruine, mais la lumière n'est plus tout à fait la même. Elle semble pleine de promesses. Dans quelques jours, à peine un ou deux peut-être, les fortitias seront en fleurs (les bergerias roses du petit jardin de façade le sont déjà, en touffes, mais elles sont capables de fleurir même en décembre) Dès qu'un rayon de soleil parvient momentanément à crever le plafond, les oiseaux se mettent à crier à tue tête comme si, sans attendre le coup de feu du starter, ils voulaient "voler" le départ . Le quartier est silencieux. Tout le monde est au travail ou au marché. Le reste pense à ce qu'il va faire à manger à midi, à vagabonder sur internet ou à souffrir au fond de son lit. Les chats ont disparu à leurs affaires, le chien dort dans la bibliothèque. On est bien chez soi. j'ai rarement pensé çà. En dix jours la tension est retombée. Je me suis mis à relire. Le repos forcé à provoqué, banalement, un retour sur soi qui commence à ne plus me faire peur. Je sens que, bientôt, si les choses continuent comme çà, je vais me remettre à écrire. c'est déjà un peu fait, non ?

posted by grossmann | 12.3.09


10 mars 2009  

Pensée de la nuit N°150 : "Après la mort d'Abdul Fazl, l'empereur devint plus sévère. Il lui incombait de régenter le mode de vie de son peuple et pendant trop longtemps il avait été défaillant dans ce domaine, remplissant fort mal son devoir. Il interdit la vente d'alcool aux gens du peuple sauf sur prescription médicale. Il prit des mesures contre les vastes essaims de prostituées qui bourdonnaient comme des mouches dans tous les coins de la capitale et les fit installer dans un campement batisé la Ville du Diable, à quelques distances du centre, et il ordonna que tous les hommes qui s'y rendaient dussent indiquer par écrit leur nom et leur adresse avant d'être autorisés à pénétrer dans le camp. Il déconseilla la consommation de viande bovine, d'oignon et d'ail et exhorta son peuple à manger du tigre pour puiser de la force dans sa chair. Il déclara que la pratique religieuse ne pouvait donner lieu à aucune persécution, quelle que soit la religion, on pouvait bâtir des temples et laver les ligams, Mais il était moins tolérant envers les barbus, car la barbe tire sa nourriture des testicules, ce qui est la raison pour laquelle les eunuques n'en portent pas. Il interdit le mariage d'enfants et désapprouva la crémation des veuves et l'esclavage. Il conseilla à son peuple de ne pas prendre de bain après des relations sexuelles. Et il convoqua l'étranger à l'Anup Talao dont les eaux agitées malgré l'absence de brise prouvait que la situation, qui aurait du être calme, était complètement perturbée." Saman Rushdie, l'Enchanteresse de Florence, Plon

posted by grossmann | 10.3.09


07 mars 2009  

C'est la fin du journal de Thiron-Gardais, snif. Merci, Jean claude Bourdais

posted by grossmann | 7.3.09
 

Un Haïku pa bain, 81


Plus d'haïku d'hiver,
Me voilà privé de bain
Quinze jours d'avance !

posted by grossmann | 7.3.09


18 février 2009  

Un Haïku par bain, 80


Plongé solitaire
Dans ce liquide équivoque
Et crépusculaire

posted by grossmann | 18.2.09


10 février 2009  

Pensée de la nuit N° 149 : "Un instant, en lèchant machinalement l'intérieur de mon pot de yaourt presque vide, je me suis pris pour mon chien"

posted by grossmann | 10.2.09


09 février 2009  

J'aime énormément cette photo de Nathan, la mère de tous les petits déjeuners du monde...


P'tit déj

posted by grossmann | 9.2.09


01 février 2009  

Hier soir, la Garde, cette reine de la nuit, mais on comprend mieux si j'écris sans majuscule, la garde, était calme. Dans mon bureau à l'hôpital, j'ai une petite bibliothèque que je n'ai pas souvent le temps de consulter. J'y ai rangé des livres dont un jour j'avais cru avoir besoin pour je ne sais plus quel séminaire ou quelle réunion clinique, ou bien que j'ai posé là juste après qu'ils aient quitté les rayons de la librairie où je venais de les acheter, faute d'autre bibliothèque pour les accueillir. Ils peuvent tout aussi bien être des romans que des manuels de psychiatrie, des polars ou des recueils de poèmes. On peut venir les emprunter. Certains, faute seulement vénielle, oublient de la ramener, parfois. J'étais presque dans le noir, comme j'aime, seulement éclairé par une lampe de bureau de cette sorte qui font juste un halo de lumière sur le clavier de l'ordinateur et qui déjà laissent dans la pénombre le fauteuil de mes interlocuteurs de la journée, vide à cette heure et à cinquante centimètre de là, une de ces lampes à la Gaston Bachelard, une de ces lampes qui voient, une de celles, amicales, chères aussi à Alberto Manguel, doucement penchées sur vos doigts qui courent sur le clavier ou sur le papier, dont j'ai aussi un exemplaire pas tout à fait identique, mais tout à fait aussi tendre, dans le bureau de la maison silencieuse où je tape en ce moment ces lignes sous le halo lumineux qu'elle dispense avec, toujours, la même attention désinteressée. Je rêvassais, car que faire un jour de calme garde à moins de rêvasser, dirait un lièvre de mes amis. A un certain moment, peut être pour vérifier un souvenir, ou bien affiner une définition ou encore par pur désoeuvrement, je me suis levé pour consulter les livres alignés un peu plus loin que la longueur de mon bras. Parmi des titres que j'indifférais, occupés à simplement se tenir droits et à éviter mon regard qui panoramiquait paresseusement, un petit ouvrage assez mince me fit signe, avança imperceptiblement d'un pas de souris, que dis-je d'un pas de fourmi, pour se laisser prendre. C'était le "Régime des Passions" de Clément Rosset. Clément Rosset, que je ne connais pas, est un de mes meilleurs "amis" comme on dit maintenant sur facebook et dans les communautés virtuelles. On a vraiment rien inventé. Car un livre est une communauté virtuelle : celle de tous ses lecteurs, qui ne se connaissent pas. C'est pourquoi je dis que Clément Rosset est un de mes meilleurs "amis", au même titre que Jacques Reda ou Jacques Roubaud, ou même Philp Roth et Francisco Gonzales Ledesma. Le "Régime des passions", et c'est là son moindre défaut comme dirait une autre fourmi de mes connaissances, se laisse lire très facilement. Et même relire, ce que je fis, sans même m'en rendre compte en deux ou trois demi heures, toujours sans le moindre appel des urgences, ce qui était toujours ça de gagné sur la misère humaine. Et puis je me laissai emporter par l'admiration, cet exercice si délicieux. Je me souvenais du plaisir du "Réel et son double", de la "Force Majeure", de "Loin de moi", du "traité de l'idiotie", de cette langue si précise et si déliée qui jamais ne pèse ni ne pose ni ne jargonne. Du merveilleux et du très savant avec les mots de tous les jours, le "Gai Savoir" à l'état pur, dans ton son élan et toute sa fraîcheur. Dans un chapitre assez court, qui n'a rien à voir avec les "passions" et encore moins avec le "régime", Clément Rosset parle de Valère Novarina dont je n'ai presque rien lu et dont je n'ai jamais vu aucune pièce, même à Avignon au temps de ma jeunesse. Ce que je voulais juste dire ici, c'est que Clément Rosset parle de Valère Novarina exactement comme moi, j'espère, je suis en train de parler de Clément Rosset. Pour le simple plaisir de vous raconter un plaisir de lecture par une nuit d'hiver comme les autres, un tout petit moment de joie. J'ai maintenant très envie de lire Valère Novarina, voir si je peux m'en faire un "ami". Et vous, mes "amis", avez vous envie de lire ou relire Clément Rosset ?

posted by grossmann | 1.2.09
 

Mnémoglyphes parle de Ciscoblog et réciproquement... On va aller loin comme ça ! (J'aime beaucoup l'expression "bloguer à la volée")

posted by grossmann | 1.2.09


31 janvier 2009  

Pensée de la nuit N°148 et 147 : "Ici je suis de plus en plus le seul à penser comme tout le monde" et "l'intérieur n'est à l'extérieur de rien" Valère Novarina, Vous qui habitez dans le temps, cité par Clément Rosset, le Régime des Passions.

posted by grossmann | 31.1.09
 

c'est avec soulagement que je découvre que cela fait seulement trois mois que je n'ai pas publié de "post long" . Ce n'est pas si long, trois mois. je pensais être en panne depuis bien plus longtemps. Je suis en panne, c'est sûr, mais plutôt à la panne. Selon littré, la panne sèche n'est en rien un arrêt de moteur en manque de carburant liquide. Au temps de la marine à voile on mettait à la panne : "En panne, se dit de l'état où est un navire, lorsque, une partie de ses voiles tendant à le faire aller en avant et l'autre partie le poussant vers l'arrière, il reste, sinon absolument immobile, du moins s'agitant presque sur place, dérivant un peu et ne faisant pas de route" et la panne sèche était une panne qui ne se tenait pas à la voile, mais seulement au gouvernail, ne me demandez pas comment, on s'empêchait simplement de dériver (si on arrête tout, sur un bateau à voile on ne reste pas immobile, comme lorsqu'on coupe le moteur d'une voiture, on dérive, on se laisse mener par le courant et le vent qui vous pousse malgré tout). Il est très difficile de rester immobile sans jeter l'ancre - j'avais écrit l'encre - ou se lier à un corps mort (tout corps mort plongé dans un liquide coule au fond) lui-même relié à la surface par une bouée, ou coffre. en tout cas se mettre à la panne n'est pas un accident, tout au plus une urgence. Celle de s'arrêter : Fig. et familièrement. Se tenir en panne, rester en panne, cesser d'agir en attendant un moment plus favorable. Le duc de Montelesne voulait se tenir en panne en attendant. Ceci n'est pas un "post long". Mais il n'est pas impossible, maintenant que les "posts longs" arrivent.

posted by grossmann | 31.1.09


29 janvier 2009  

Pensée de la nuit N°146 "Rendez-vous compte ! Trois cents personnes assises en cercle sur les gradins qui frappent dans leurs mains au même moment, avec une parfaite coordination ! Quel numéro remarquable ! Il faudra que je félicite le dresseur, se dit l’éléphant sur son tabouret, au centre de la piste." Eric Chevillard, l'Autofictif

posted by grossmann | 29.1.09


25 janvier 2009  

La dernière livraison de la revue de photo en ligne "Purpose" consacrée cette fois à l'enfance. Excellente tenue comme d'habitude.

posted by grossmann | 25.1.09


23 janvier 2009  

Parfois, seulement montrer qu'on est toujours là, maintenir la barque à flot, faire un petit cou-cou. Pris dans le tourbillon, ne pas laisser l'écriture se faire expulser de son orbite par le mouvement chaotique de la vie. Sans forcément lutter contre l'absence d'inspiration, écrire pour ne rien dire - on a parfois vraiment rien à dire - ne pas en faire une maladie : ici ce n'est pas l'écriture ou la vie. Le beau temps après la pluie. De toute éternité.

posted by grossmann | 23.1.09


15 janvier 2009  

Un haïku par bain, 79

Baigneur en série,
Bientôt quatre-vingt fois
Au lieu de tes crimes !

posted by grossmann | 15.1.09


05 janvier 2009  

Résolutions, chmésolutions...


Publier un post "long" au moins une fois par semaine
Terminer mes expertises dans les délais

Publier un post "court" au moins un jour sur deux

Ne pas attraper de contravention merde enfin
Ne publier que les bonnes photos
Rentrer du boulot avant huit heures du soir
zut
Se lancer dans des posts "engagés"
Faire moins de gardes
Avoir une écoute plus attentive en général
Ne pas m'énerver tout de suite avec les cons
Ne pas toujours chercher à avoir raison
Se coucher avant minuit
Aller chez le médecin
Aller chez le dentiste
Chez le coiffeur, à temps
Etc.etc.

posted by grossmann | 5.1.09


04 janvier 2009  

Encore au moins deux mois de patience...


posted by grossmann | 4.1.09
 

Un Haïku par bain, 78


Un petit vapeur
croise au large de ma hanche
Un soupir, il sombre

posted by grossmann | 4.1.09


26 décembre 2008  

Pensée de la nuit N°145 :"Quand on ne travaillera plus les lendemains des jours de repos, la fatigue sera vaincue" Alphonse Allais

sur ce : bonnes vacances et bonne année! De retour le 4 janvier

posted by grossmann | 26.12.08


21 décembre 2008  

PORT ROYAL


Station Port Royal

posted by grossmann | 21.12.08


19 décembre 2008  

Un haïku par bain, 77


De ce soir d'automne
Les longs glouglous monotones
Me blessent le cœur

posted by grossmann | 19.12.08


18 décembre 2008  

Comme vous vous en êtes sans doute aperçus, je suis plutôt en mode Twitter, en ce moment. Idée de "post" pour quand j'aurai le temps (ce qui ne saurait tarder, bien sûr) : autonaute de la cosmoroute, raconter ma ballade dans le quartier d'une ville où je ne suis jamais allé ou refaire la description du Boul'mich ou prendre la route 790 du North Dakota (avec les camions géants et les ombres des poteaux télégraphiques), grâce à Google maps.

posted by grossmann | 18.12.08
 

Le véritable inventeur de l'hypertexte est né au dix huitième siècle : c'est Honoré de Balzac

posted by grossmann | 18.12.08


12 décembre 2008  




J'ai découvert cette image sur cursive building, un site merveilleux à découvrir de toute urgence via ffffound, un autre site d'images époustouflant. Immédiatement ajoutés en LCD

posted by grossmann | 12.12.08


11 décembre 2008  

Un haïku par bain, 76


Décembre. Le soir.
Lessiver sa fatigue
Dans l'ombre, hébété!

posted by grossmann | 11.12.08


06 décembre 2008  

J'ai ajouté sur la colonne de droite, la célèbre "LCD", tout en bas (jouez de la molette, il faut descendre sur la page, on ne le voit pas en entrant sur le blog) un espace "Twitter Updates", le degré zéro du blog. Certains affirment que c'est l'invention la plus importante depuis celle de la carte postale. Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris à quoi ça sert mais rien que l'idée de pouvoir écrire ici ne serait-ce que 140 signes à la fois et de les envoyer par SMS m'émoustille. Le problème est que je m'escrime depuis le début de cette soirée (de garde) à envoyer un SMS à Twitter et que je n'ai pas encore réussi. A suivre, si le cœur vous en dit (je trouve ça spécial, quant à moi, mais soyons modernes...)

posted by grossmann | 6.12.08
 

Pensée de la nuit N°144 : "I love deadlines. I like the whooshing sound they make as they fly by" douglas Adams, blog

posted by grossmann | 6.12.08


03 décembre 2008  

Bobby Mc Ferrin joue Bach : inouï, comme de juste (via Nathan)



posted by grossmann | 3.12.08


27 novembre 2008  

Un nouveau lien ce soir, une fois n'est pas coutume : c'est vif, fin, artiste mais leste, vous préviens-je ! Le net est un océan d'images traversé de courants. On les pêche, les unes à la suite des autres, on les étale sur le pont, on trouve des similitudes inattendues. On dirait que c'est sans suite, mais en y regardant de plus près il y a des correspondances subtiles. Ce ne sont pas des images justes, mais juste des images. Cela ne s'arrête jamais. C'est Very spécial report

posted by grossmann | 27.11.08


26 novembre 2008  

Je sais, je sais, je déserte un peu en ce moment. Je suis en crise de temps comme on dit aux échecs. Ne désespérez cependant pas, CISCOBLOG reste fidèle au post (sans "e") !

posted by grossmann | 26.11.08


13 novembre 2008  

Dernière minute, en guise de morale à la dernière "aventure" de notre ami Haltmann, à lire trois ou quatre entrées ci-dessous : je viens d'apprendre à la radio que c'est une pratique courante de rajouter des flots de détergent liquide dans les conteneurs d'ordures des supermarchés afin d'interdire aux pauvres gens de s'y approvisionner. Nous vivons une époque vraiment formidable !

posted by grossmann | 13.11.08
 

HIERE SUR AMBY

posted by grossmann | 13.11.08


10 novembre 2008  

Un Haïku par bain, 75

D'ici je peux voir
Mon sexe pointer le gland
Au bout du nombril.

posted by grossmann | 10.11.08


08 novembre 2008  

Pensée de la nuit N° 143 : " J’ai la nostalgie de ces années où je vivais dans l’impatience de l’avenir." Eric Chevillard, L'autofoctif

posted by grossmann | 8.11.08


07 novembre 2008  

Au fil du net

via "Balsamia"


via, "Very Special Report"

posted by grossmann | 7.11.08


06 novembre 2008  

Un haïku par bain, 74


Mémoire de l'eau
As-tu gardé l'empreinte
D'un seul de mes doutes ?

posted by grossmann | 6.11.08


02 novembre 2008  

Huit heures du soir. Contrairement à son habitude, Haltmann passe par le centre ville en rentrant du travail. A cette heure les rues ont retrouvé leur calme. Les embouteillages qui, deux fois par jour, congestionnent toute la région à des kilomètres à la ronde au rythme des bureaux ont fini par se résorber : comme la terre assoiffée finit par boire toute l'eau qui ruisselle, la ville finit par dissoudre en elle les automobiles arrivant une à une à destination (il imagine les garages, la places de parking qui se remplissent, les portails qui se referment derrière les salary-mens pressés de retrouver l'intimité du soir) Il roule à travers les rues sombres, dans l'espace indistinct de la nuit, en écoutant d'une oreille distraite un entretien politique à la radio. En banlieue, il n'y a jamais grand monde dans les rues, on se déplace en voiture, même pour les petits trajets, par habitude mais aussi par indifférence au paysage. On ne se promène quasiment jamais. Les rares passants qu'on aperçoit sur les trottoirs sont les pauvres, les démunis, poussant des poussettes remplies d'enfants ou de packs d'eau minérale. Et puis à cette heure, dans les beaux quartiers aux villas en meulière, c'est déjà le couvre feux, On s'est calfeutré, bien à l'abri. On s'apprête à dîner, on se retrouve, on décompresse devant la télé, on pense à la dure journée du lendemain, on aspire au repos. La nationale 7 traverse la ville. Elle y fait une longue et belle estafilade. C'était autrefois le centre du centre, un quartier prospère, où les magasins et officines se serraient les uns contre les autres et où on venait faire ses courses de partout. Mais c'en est définitivement fini de cet univers à la René Fallet. Depuis l'apparition des grandes surfaces il y a plus de trente ans, pour la plupart installées en périphérie ou le long de l'autoroute toute proche, le quartier a périclité comme les berges d'une rivière asséchée où aucun animal ne vient plus boire. les boutiques ont une à une été vendues et revendues à perte, restant définitivement closes derrières leurs rideaux de fer rouillé, ou ont été achetées pour des bouchées de pain par des marchands de sommeil ou de fringues de moins en moins chères. La lèpre de la vétusté a contaminé les immeubles. Plus rien n'attire le chaland. La dernière boulangerie qui résistait vient de fermer, un bar-tabac subsiste difficilement. Deux ou trois sandwicheries, une ou deux boutiques de pizzas à livrer, résument l'économie de subsistance qui a succédé à l'âge d'or. Non loin de là on avait pourtant tenté de lutter contre la déchéance qui s'installait. Un centre commercial tout neuf avait été implanté, dans les années quatre vingt, avec le vain espoir de contrer l'exode des ouvriers et des classes moyennes vers les villages Lévitt, Kauffman & broad et autres «chalandonnettes» qui commençaient à pulluler dans la campagne toute proche et d'enrayer du même coup la chute de l'immobilier en ville, un centre commercial à taille humaine, urbain et accueillant qui a pourtant inexorablement descendu l'échelle du standing au fil des années et vers lequel roule maintenant Haltmann qui écoute toujours distraitement son débat politique. Il emprunte au ralenti les allées Aristide Brilland, double voie majestueuse plantées de platanes et bordées de maisons de maitres et d'immeubles cossus du XIX° siècle, témoins de la splendeur passée (les minoteries, l'imprimerie et même l'électronique de pointe (une grosse usine IBM a été démantelée il y a à peine moins de vingt ans alors qu'aujourd'hui la firme qu'on croyait naguère indestructible n'existe même plus) entre lesquels s'intercalent, datant de l'âge des "banlieues rouges", un magnifique théâtre dessiné par Oscar Niemeyer en personne, le même qui a construit Brasilia et le siège du PCF place du Colonel Fabien, à Paris, une maison des jeunes en parfait état de marche et une médiathèque qui ferait crever d'envie plus d'un élu dynamique de gauche. L'éclairage urbain jusque là prolixe se fait moins éclatant : Haltmann longe un parc dont les hautes futaies font de l'ombre même au crépuscule. Il y a un virage à droite, puis un à gauche. Droit devant lui, à cent cinquante mètres, le centre commercial. On vient de sortir les grands conteneurs à ordures du jour. On les a disposés sur le trottoir. Dans son champ de vision, à mesure qu'il amorce le virage, lentement, le pied sur le frein, Haltmann voit défiler une étrange foule sombre, comme une petite armée, de miséreux qui se dirige vers les conteneurs. Des sacs en plastique dont la blancheur a des éclats pâles à la main, des gens traversent devant sa voiture. Il voit quelques visages au ralenti et en gros plan, tout près de la fenêtre du passager, comme dans un film. La foule s'agglutine autour des ordures. On a ouvert les couvercles. Les sacs en plastique s'agitent dans la pénombre, improbable lâcher de ballons blancs dans la nuit. Les victuailles juste périmées qu'on vient de jeter passent de main en main et disparaissent dans la foule, comme absorbés par l'ombre, il n'entend aucun bruit, tout se fait en silence. Il n'y a pas de bagarres, pas de disputes. Haltmann a assisté à une rapide cérémonie. Il se rend compte que c'est un rituel de tous les jours : il y a comme de l'ordre dans ce rassemblement de la misère. C'est une vision de dix secondes, à peine. Après, il a terminé le virage, il ne voit plus rien. A la radio le bruissement du débat politique continue. Nous sommes à Dormeil, en région parisienne au début du vingt et unième siècle - où nous commencions déjà à nous nourrir d'ordures.

posted by grossmann | 2.11.08


22 octobre 2008  

Et encore une fois, au milieu de toute cette agitation et de toute cette inquiétude (qui n'a définitivement rien à voir avec la crise), une image d'apaisement et de bonheur fragile. Il fait beau et doux, contrairement à toutes les prévisions. C'est le milieu de mois d'octobre. Avec le père N*, nous descendons à nouveau le Boul'mich à pied, comme des milliers d'autres fois que je n'ai pas toutes racontées ici, mais presque. Nous venons de quitter J* et H* avec qui nous avons déjeuné. Il est rare que nous nous retrouvions tous les quatre en même temps (en dehors des fêtes obligées ou des "grandes occasions") et pourtant, chaque Mercredi, depuis des années je fais cet aller et retour Banlieue-Paris au milieu des embouteillages sans que cela ne m'ai pesé une seule fois. N* et J* (mais surtout J*) sont des hommes à présent. J'en suis fier, même si je n'y suis pas pour grand chose. Je crois que, maintenant rien ne me fait plus plaisir que de constater ça, qu'ils sont devenus des hommes. Avec J*, le taiseux, le ténébreux tout se passe dans les yeux, qu'il a infiniment tendres. Avec N*, le sage, le curieux, le plus jeune, nous jacassons comme des pies, heureux comme des papes tous les mercredi après midi que Dieu fait. Nous les manquons rarement. Il n'y a pas la foule habituelle. Les touristes se sont faits plus rares. C'est parce que les étés indiens n'ont pas chez nous la même réputation qu'ailleurs. On dira qu'on se retrouve un peu entre nous, les latino-quartierains. Pourtant le soleil accroche des reflets au flamboiement des arbres. L'air est plutôt doux, comme je l'ai dit, mais il a déjà cette sorte de cette pureté qu'on peut sentir plus tar en hiver. Nous marchons d'un bon pas sur cette pente douce qui mène au fleuve. En un tout petit quart d'heure, nous rallions la place Edmond Rostand à la place Saint Michel. N* doit acheter des partitions chez Pugno. La boutique du quai des Grans Augustins, rouge écarlate, n'a pas changé depuis cinquante ans. J'y ai moi aussi acheté des partitions, etc. En sortant, la beauté de la Seine et des quais nous saute au visage. En remontant le boulevard, je montre à N* l'emplacement occupé maintenant place Saint André des Arts par une agence automatique de la BNP, de "chez Boubée" (Nérée de son prénom), le célèbre naturaliste, la boutique de curiosités scientifiques où on a pu jusque vers les années quatre vingt, acheter à Paris, des roses des sables, des ammonites géantes, des collections de lépidoptères au détail, des échantillons de coupes géologiques ou des pièces anatomiques en cire, d'un réalisme absolument parfait (on en trouvait encore il n'y a pas dix ans, dans les boutiques de la rue de l'école de médecine) qui ne sont pas étrangères à ma vocation médicale, entièrement anatomique à l'époque où, adolescents, avec mon copain Franklin nous hantions ces lieux avec envie. Nous nous arrêtons, avant d'entreprendre la remontée du boulevard, qui est bien plus physique qu'on ne croit, à la Gentilhommière pour prendre le quatrième café de la journée. En revanche, rien n'a changé ici, hormis la taille de la terrasse qui a toujours été la force de la maison. Ce n'est pas notre café préféré, ni à N*, qui le trouve trop touristique, il n'y a qu'à voir la tête des consommateurs, ni à moi qui préfère largement le Rostand, comme tout ciscoblogger sait, mais l'endroit vaut bien cette petite station : c'est un des rares cafés du quartier à être resté à peu près ce qu'il était il y a quarante ans (et Alain F. habitait non loin, du temps de notre amitié), date à laquelle, par exemple, le "Capoulade" et "le Maheux" qu'on a cru éternels, aux deux coins de la rue Soufflot, furent remplacés qui par un Wimpy (le premier fast food de Paris) puis un Quick et qui par un Macdo qui est toujours là ou réciproquement . Devant les grilles du Luxembourg, face à rue Soufflot, pente Est de la Montagne Sainte Geneviève, la plus douce, et le grandiose panthéon qui la couronne, il y a toujours la marchande de marrons chauds. La petite vieille commence en cette saison à faire ses affaires. N* me dit avec un demi sourire que c'était elle qui me vendait déjà des marrons (et des glaces en été) lorsque j'étais enfant. "Mais non", lui rétorqué-je , c'était son père ! "Donne lui tout de même à boire", dit mon fils.

posted by grossmann | 22.10.08


18 octobre 2008  

Un Haïku par bain, 73


Calme catafalque
Où, humide et savonneux,
Un beau pet fait "bllob" !

posted by grossmann | 18.10.08


13 octobre 2008  

JARDIN D'EDEN 

La Seine à Corbeil-Essonnes

posted by grossmann | 13.10.08


12 octobre 2008  

Vices cachés, 3



J'ai beau lire le plus possible, je ne suis pas près d'avoir le prix Nobel. D'ailleurs c'est faux. Je ne lis pas beaucoup. J'achète beaucoup de livres et je ne les lis pas tous, loin de là, nuance. Aujourd'hui par exemple, c'est dimanche, les librairies sont censées être fermées. eh bien, malgré le fait que je sois de garde à l'hôpital de Dormeil, en arrivant ce matin, j'ai encore trouvé le moyen d'acheter trois livres au "Verger des Muses" qui est la seule librairie ouverte le dimanche à au moins cinquante kilomètres à la ronde (la plus proche étant à mon avis "L'arbre à Lettres" rue Edouard Quenu à Paris, dans le cinquième arrondissement) et qui se situe e
ntre une Boutique géante Babou et un Hyper Animalia sur les rives de l'immense parking de la zone d'activités moche à pleurer qu'on vient de construire aux abords du nouvel échangeur entre A6 et Francilienne. Juste pour laisser imaginer combien de livres, étant ainsi capable d'en acheter trois un dimanche matin en allant au travail au pied d'un échangeur autoroutier en rase campagne, je peux en acheter un après midi de pleine semaine au quartier Latin. J'ai donc fait l'acquisition, pour donner une idée, du dernier Echenoz, "Courir", du dernier Rushdie, l'"Enchanteresse de florence", et de la "Conjecture de Syracuse" d'Antoine Billot que je ne connaissais pas mais dont le bandeau rouge de couverture portait l'alléchante formule "Une vengeance mathématique". Mon gout, si on peut appeler ce dégoutant défaut un gout, pour les mathématiques fera, si vous le voulez bien, l'objet de mon "vices cachés" n°4. (Première digression : jusque là je trouvais les gens de la librairie du "Verger des Muses" héroïques. Plantés au milieu de la banlieue la plus zonarde qui soit ils tentaient de porter le flambeau de la "culture" à deux jets de pavé de la cité des Tarterets avec une modestie et une élégance de doux dingues. Ils avaient fait de leur librairie une sorte d'île enchantée, un havre de paix de calme et de senteurs de colle et d'encre au milieu des discounts de fringues et d'objets de première nécessité. Leur stock n'était pas celui d'un vraie librairie ni même celui de la FNAC, la taille de la papèterie par exemple (avec les images Doodle en tête de gondole), leur très gros rayon scolaire et l'augmentation constante de la taille de celui des activités manuelles montrait déjà les premiers signes d'un compromis inévitable mais on trouvait à peu près toutes les nouveautés et ils suivaient finalement assez bien les suppléments livres de Libé et du Monde. Ils avaient même un élégant bandeau vert pétard portant la mention "recommandé par le Verger des Muses" pour faire cossu qui en faisait quasiment une valeur sure. C'était une très honorable librairie de secours. Ils avaient tout d'une grande... Mais quand ils se sont mis à vouloir ratisser large dans le domaine du "culturel" ("cultiver vos loisirs" qui s'étalait sur les élégants sacs en toile plastifiée qu'ils offraient pour les gros achats était devenu leur nouveau slogan) et qu'ils ont ajouté à leur palette des activités piquées à un "Nature et Découverte" en perte de vitesse ( parfums, gastronomies (thés, cafés, confitures biscuits tant qu'on y était), copies du musée du Louvre et j'en passe) cela a cette fois senti un peu la compromission. D'autant que tout cela ne pouvait se faire qu'au dépends du rayon littérature qui n'est plus à l'heure actuelle qu'une pauvre peau de chagrin. Ils ont maintenant définitivement vendu leur âme, probablement vaincus par les armées de la fripe et de la malvie qui les cernent depuis longtemps. Cela ne m'étonnerait pas d'apprendre qu'ils sont en passe d'être rachetés par ce "Delaveine" du culturel qu'est l'horrible "Cultura" des centres commerciaux de seconde zone qui font d'André Rieux le seul vainqueur des victoires de la musique classique, le "Roi Soleil" le parangon du rayon Opéra et qui sont certains que Max Gallo est académicien (l'est-il ?) et Paul Lou Sulitzer nobélisable) Pour ce qui me concerne, on peut employer le terme clinique d'achats inconsidérés, voire compulsifs, c'est de toute façon passible de la mise sous curatelle. Tout comme la kleptomane qui vole infiniment plus de paires de chaussettes qu'elle pourra jamais en porter sa vie entière même en changeant de chaussettes tous les jours ou même deux fois par jours mais qui ne peut pas s'en empêcher, j'achète plus de livres que je ne pourrai jamais en lire durant le temps qui me reste à vivre même si j'atteins l'âge de Jéroboam. Ils s'entassent sur les rayons de ma bibliothèque, devant les livres déjà lus ou au dessus, couchés en piles de deux ou trois sous l'étagère du haut. Dire que j'en ai pour deux ans d'avance serait bien en dessous de la triste vérité. Il doit y en avoir pour quatre ou cinq, au bas mot. Je suis un assidu des pages livres du "Monde" (que je n'achète d'ailleurs plus, et c'est mon vice caché n°5, que le jeudi) de celles de "Libé" et de "Télérama" (qui me fait penser au "Verger des Muses" ancienne manière) et dans une moindre mesure du "Magazine Littéraire", pas de "Lire" ni de la "Quinzaine", allez savoir pourquoi, mais je pourrais, mais aussi des émissions de France Cul, souvent excellentes comme "A plus d'un titre", "Jeux d'Epreuves", "Des mots de midi", ou "Du jour au lendemain", par exemple, pendant que je tape ces lignes, d'Alain Weinstein avec Hélène Lenoir ce soir. Ces suppléménts littéraires sont d'excellents "digests" de l'actualité des livres. Grâce à eux, comme dit Pierre Bayard dans son livre "comment parler des livres qu'on n'a pas lu ?" - que je n'ai pas lu, justement -on pourrait briller dans les salons à peu de frais ou épater les jeunes filles. Ce n'est pas mon but, même si au demeurant j'adore parler des livres - que j'ai lu - avec mes amis. Je suis comme un collectionneur fou : ce qu'il me faut, ce que je brûle de posséder, ma passion (au sens funeste du terme) c'est la pièce manquante, l'objet "a" de Lacan, bref ce que je n'ai pas et qui me plonge dans les affres du désir. Quand je pénètre dans une librairie chaque livre exposé est potentiellement pour moi celui qui risquerait de me manquer, au cas où, par exemple, j'aurais à tuer le temps dans un vol Paris - Christchurch ou au cours d'une nuit d'insomnie plus interminable que les autres ou entre deux patients sous la lampe au CMP pour me changer les idées. Mais dès que je le possède, la plupart du temps il redevient ce parallélépipède de papier et de carton qui sent la colle et dont je ne sais plus pourquoi je l'ai tant désiré. Il va rejoindre la pile dont je parlais tout à l'heure, peut être le retrouverai -je dans quelques mois. Mais tant que je ne "l'ai" pas, il n'est pas exagéré de dire que je suis rongé d'angoisse. Je me dis bien que j'en ai bien d'autres à lire, qui attendent sous la poussière, des piles entières, branlantes ou impeccablement rangées n'attendent que mon bon vouloir, pourquoi donc celui là ? je peux m''en passer mais non, c'est justement celui que je n'ai pas acheté qu'il me faudra. Les yeux plus gros que le ventre. Un exemple : je résiste en ce moment au dernier Catherine M. au titre si délicieusement ambigu. Mais le livre tout entier n'est-il pas résumé dans l'ambivalence du titre ? Il faudrait que je vérifie de mes propres yeux. Cela me tripote trop. J'ai entendu une interview de l'auteur sur je ne sais plus quelle chaine, j'ai été déçu, je m'étais mis à l'écouter avec une oreille professionnelle et je n'arrivais plus à me détacher du diagnostic que je n'avais pu m'empêcher de poser. Il faudrait aussi que je vérifie mon diagnostic... Je résiste encore, mais je sens que je faiblis malgré le fait que mon copain G. m'a dit lau téléphone lui aussi avoir été déçu, qu'il n'avait strictement rien appris sur la jalousie (qui le ronge lui aussi parfois), il faudrait aussi que je vérifie que le livre de Catherine M n'est pas un manuel de psychologie etc. Quoique j'en dise, enfin, j'en lis tout de même, des livres, mais ce n'est pas du tout autant que j'en ai acheté ou que je désire en posséder. Dans mes rêveries les plus folles, je ne me vois jamais en libraire (Dieu sait pourtant si les librairies ou tout endroit qui possède des rayonnages de livres, grandes bibliothèques universitaires, Beaubourg TGB ou autres, me ravissent les yeux le cœur et l'âme) mais en propriétaire la nuit de la bibliothèque nocturne et parfaite, éclairée d'une simple lampe posée sur un bureau où tout près, dans l'ombre, attend chaque livre, où chaque atome de savoir ou de poésie trouve sa place, se présente à mes yeux avec l'évidence d'un organe interne, où coule mon propre sang, celle dont parle sans arrêt le sympathique Alberto Manguel, où il n'y a qu'à tendre la main, comme au paradis terrestre pour saisir tout le génie du monde. Alors, je ne trouve rien de plus beau que les livres.

posted by grossmann | 12.10.08


09 octobre 2008  

Caramba!


Philip Roth a encore raté le Nobel !

posted by grossmann | 9.10.08


06 octobre 2008  

Un haïku par bain, 72


Grisaille d'automne,
Et dimanche monotone
flottent avec moi

posted by grossmann | 6.10.08


02 octobre 2008  

Fichu métier!




mirifiques Deschiens

posted by grossmann | 2.10.08


27 septembre 2008  

C'est Sundance Kid et Butch Cassidy, les bandits, les détrousseurs de trains, ils décident de se faire oublier à cause des détectives qui sont à leurs trousses, il ya des affiches placardées dans tout l'Ouest avec leurs photos, ils essaient de se faire embaucher comme hommes de mains, je crois, parce que le patron leur demande s'ils savent tirer au revolver. Butch pousse Sundance du coude, genre va-s-y toi montre lui ce que tu sais faire, il sait très bien que Sundance est le meilleur tireur de l'ouest, le boulot c'est dans la poche. Alors le patron montre une canette de bière à quarante pas de là pour que Sundance tire dessus. Sundance ne parait pas très sûr de lui, bizarrement. Il vise soigneusement la canette et il la rate. Butch n' a jamais vu ça, Sundance rater sa cible, il a une mine catatastrophée. Le patron, déjà, veut s'en aller mais Sundance, avec un regard tout piteux demande : "Je peux bouger ?" Le patron le regarde, qu'est-ce que c'est que ce fou encore, et répond, avec une moue méprisante : "si tu veux". A ce moment là, Sundance bondit en l'air tout en dégainant son révolver et il tire cinq balles sans viser : on voit la canette qui fait cinq bonds en arrière. Cinq fois mouche. Butch Cassidy lève les yeux au ciel, le patron n'en revient pas. Ils sont embauchés. Sundance Kid est le meilleur tireur de l'Ouest mais seulement quand il ne vise pas. Il y a aussi cette très jolie scène où Sundance entre la nuit par une fenêtre dans une maison qui n'est pas la sienne. Dans une chambre il y a une femme qui dort, Etta, on croit qu'il va l'agresser, psychopathe comme il en a l'air, mais c'était un scénario, ils se connaissent depuis longtemps, ils sont très amoureux l'un de l'autre. Etta et Butch Cassidy font un voyage à New York la ville des prodiges et font du vélo, oui du vélo, dans le désert de l'Arizona. Même les cowboys font du vélo. Sundance Kid, Butch Cassidy et Etta font un merveilleux couple à trois un peu comme Jules, Jim et Catherine. On découvre que le temps du western c'est la belle époque, le temps des révolutions, de la lutte des classes et de la plus grande boucherie de tous les temps, pas seulement les grands espaces abstraits mythologiques hors du monde et cinématographiques. A la fin, Butch Cassidy et Sundance, qui ne sont pas des révolutionnaires, pas même des révoltés, juste des paumés magnifiques valant mille fois mieux que les centaines de flics à leur poursuite, se font tuer par toute une armée en Bolivie où ils se sont réfugiés. La musique du film "La pluie tombe sur les carreaux" a été chantée par Sacha Distel ou Joe Dassin ou les deux je ne me souviens plus. Le film "Butch Cassidy et le Kid" date de 1969, on peut dire que c'est un film soixantehuitard. A cette époque on ne tournait plus de westerns depuis longtemps. Je me souviens que ça avait été un enchantement. Je ne l'ai jamais revu. Maintenant j'ai un peu peur que cela ait vieilli. Etta est la merveilleuse Katherine Ross, Sundance Kid est Robert Redford (de là vient le nom du prestigieux festival de cinéma de Sundance) et Butch Cassidy, Paul Newman, bien sûr, qui d'autre ?

posted by grossmann | 27.9.08


22 septembre 2008  

Connaissez vous le photographe Chris Jordan ? Politiquement correct mais assez bluffant... 

posted by grossmann | 22.9.08
 

Nostalgie, déjà...


SECOND AVENUE

posted by grossmann | 22.9.08


21 septembre 2008  

Philipp Roth annonce à 75 ans qu'il abandonne la littérature (je n'ai jamais pensé qu'il était aussi vieux. j'ai toujours cru en fait qu'il était de ma génération). Qui pourrait lui en vouloir, lui qui vient récemment d'abandonner pour notre plus grande tristesse son alter égo, son fantôme, Nathan Zuckermann (dans "Exit Gohst" pas encore traduit en français) Tout à une fin, dira-t-on, même la vie des personnages de roman. Conan doyle a bien tué un jour Sherlok Holmes, Javert a bien été suicidé par Victor Hugo et Lucien de Rubenpré par Balzac . Mais cette annonce n'est pas celle d'une retraite, ni la dépressive décision d'un silence de misanthrope . C'est une annonce à la Philipp Roth : Il a le projet d'écrire un dernier livre, qu'il prévoit très long très gros et dont l'écriture le tiendra, dans l'idéal pour ainsi dire, jusqu'au jour de sa mort, auquel il mettra le point final la veille du dernier de ses jours, finissant en quelque sorte comme il a vécu, donc ne finissant pas, dans un livre. S'étant écrit lui-même toute sa vie, il posera la plume et mourra. Romanesque, non ? ( Cela me fait penser à Claude Ballier, le grand psychanaliste criminologue et ses "Elements pout une théorie narcissique du vieillissement" (peux pas m'empêcher d'être professionnel...))

posted by grossmann | 21.9.08


17 septembre 2008  

Pensée de la nuit N°141 : "L'irrésolution est le pire de maux" René Descartes cité par Olivier Pourriol, invité du jour de Raphaël Eintowen (les nouveaux chemins de la connaissance) sur France Cul dans la voiture entre l'hôpital de Dormeil et l'unité d'hospitalisation "4 saisons"

posted by grossmann | 17.9.08


14 septembre 2008  

Vices cachés, 2

Je me sens bien dans les supermarchés. Faire les courses ne m'a jamais pesé, je pourrais dire que ça me calme. Mais ce n'est pas seulement parce qu'on y fait les courses que j'aime les supermarchés. Plus ils sont grands, plus je les aime. Je garde par exemple un souvenir ému d'une visite à l'hyper Auchan de Perpignan, peut-être le plus grand du monde avec son allée centrale aussi longue que la rue de Vaugirard et aussi large que l'avenue de Breuteuil. Celui de Bretigny, plus proche de chez moi, que je fréquente plus souvent, n'est pas mal non plus. Je ne suis pas de celles qui, fonçant dans les rayons, véritables folles du caddy, y empilent savamment les vivres de la semaine à la vitesse d'un cheval au galop, avec une dextérité qui les fait ressembler à Kali la déesse tueuse aux milles bras, qui, en plus trainent une ainée de huit ans qui se chamaille avec un petit de cinq à qui il faut tout le temps demander de ranger ce qu'il a pris. Je fais les courses seul. C'est un plaisir solitaire. Et je vais lentement, je prends mon temps. Si je dois me depêcher ce n'est plus du jeu. Ce n'est pas non plus la foule que j'aime, elle me fatigue, me fait perdre mes gonds comme tout un chacun. Bien que je sois pas si mauvais à cet exercice, je ne suis pas non plus de ceux qui adorent particulièrement slalomer du caddy au milieu de mille autres, s'imaginant dans Mario Kart sur le scenic raylway de la consommation. Si je peux, je choisis les heures creuses : entre midi et deux heures ou après le diner. Rien n'est mieux qu'un mardi ou un jeudi entre trois et quatre heures. De temps en temps donc, à l'occasion d'un creux dans mon emploi du temps, cela arrive, certains jours de garde peu chargés par exemple, je cours me faire un trois à quatre à Carrefour. Après cinq heures ce n'est déjà plus ça : les sorties de bureaux déversent les salariées sur les rayons, c'en est fini de la tranquillité. Qu'on ne se méprenne pas : je ne fait pas contre mauvaise fortune bon coeur, j'éprouve un vrai plaisir à faire les courses. J'adore flaner entre les rayons, choisir les produits, essayer les nouveautés, comparer les prix, guetter les promotions. L' hypermarché me donne le sentiment océanique. Ca vous revigore un homme. Magnifique étendue de tous les besoins des hommes, à perte de vue. On attaque ça par un bout, les boissons et, enfilant méthodiquement les rayons, on termine à l'autre bout au rayon culturel au milieu des best sellers et des jeux pour la Wii, après avoir traversé le continent des légumes frais, fait la queue à la poissonnerie et, tel Eddie Constantine dans le génial générique de "Cinéma, Cinéma", avoir ouvert et refemé toutes les armoires à congélation du rayon des surgelés.


posted by grossmann | 14.9.08
 

"Deux fous", par N.G

posted by grossmann | 14.9.08


09 septembre 2008  

J'ai le plaisir de vous annoncer que tout est rétabli : Tous les liens de la colonne de droite fonctionnent. Vous pouvez à nouveau surfer sur les mois et les années de CISCOBLOG à votre guise, de mai 2002 à juin 2008, ou relire le petit traité de l'accueil ou l'histoire des tours de Vigneux si le coeur vous en dit et si vous avez un peu de temps à perdre. Je ne suis pas peu fier. Mais cette restauration (comme on dit chez windows) n'a rien à voir avec le transbordement des archives de CISCOBLOG vers un quelconque nouveau domaine, comme je le disais plus bas. Cela tient trop à un hasard quasi miraculeux, c'est trop compliqué et surtout pas assez interessant pour que je le raconte ici, sachez cependant que j'ai dit un peu trop de mal d'ALICE qui a tout de même été loin d'être parfait sur ce coup là. Je ne m'excuserai d'ailleurs pas plus. Tout est bien qui finit bien. CISCOBLOG reste insubmersible. Longue vie etc.

posted by grossmann | 9.9.08


08 septembre 2008  

39 petites merveilles. Je ne sais pas du tout qui c'est, mais j'ai trouvé Jaime Pitarch en me balladant sur Geisha Asobi (qui est d'ailleurs devenue "weelkly Teinou bee-woman")

posted by grossmann | 8.9.08
 

Pensée de la nuit N°140 : "La graphomanie n'est pas la manie d'écrire des lettres, des journaux intimes, des chroniques familiales (c'est à dire d'écrire pour soi-même ou ses proches), mais d'écrire des livres (donc d'avoir un public de lecteurs inconnus). La graphomanie n'est pas la manie de créer une forme, mais d'imposer son moi aux autres, version la plus grotesque de la volonté de puissance" Milan Kundera l'Art du roman, 1986

posted by grossmann | 8.9.08
 

Petit suivi d'information en passant : comme prévu Ciscoblog est bien en train de s'arracher les cheveux avec son "client FTP" . Mais il garde pour l'instant le moral. Les liens de la LCD devraient être rétablis prochainement sinon sous peu...

posted by grossmann | 8.9.08
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