« Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou.» B.Pascal
19 novembre 2010
10 novembre 2010
Pensée de la nuit N°176 : "Tandis que tous les culs sont dans des slips, se lamentait en observant depuis le seuil de sa boutique déserte le flot des passants un chapelier". Eric chevillard, l'autofictif
08 novembre 2010
J'adore les petits évènements que sont les commémorations et les anniversaires célébrés par des logos spéciaux de Google qu'on appelle Doodle, Je trouve ça très américain, ces petites attentions. En même temps savoir que Google , le robot, le Big Brother, s'inscrit dans cette culture ancestrale de politesse et de distinction ne fait que me le rendre plus familier et plus proche, ce qui est évidemment le but recherché du moteur. Fut un temps je collectionnais ces logos d'un jour. Aujourd'hui j'en ai été averti sur "Twitter", les temps changent ! Si Google n'avait pas aujourd'hui changé son Doodle, jamais nous ne nous serions souvenu des 115 ans des rayons X !
06 novembre 2010
04 novembre 2010
Toujours émoustillé par les détails croustillants de la vie des génies mathématiques, quelques potins, via "le blognote du Coyote" qui n'apporterons rien à la science sur l'après conjecture de Poincaré et le refus du prix Clay du plus sympathiquement déjanté d'entre eux : Grigori Perelman (on a les pipoles qu'on peut, non?)
02 novembre 2010
La nouvelle devise de "Mnémoglyphes" : "...essayant d'en savoir plus à propos de tout" me convient assez. Je dirais même plus : elle m'enchante
29 octobre 2010
28 octobre 2010
27 octobre 2010
"Austerlitz" de W.G. Sebald que j'avais acheté en poches il y a plusieurs semaines sur l'incitation d'une visite faite à "Norwich", un blog un peu austère mais très instructif - tout juste si je connaissais W.G. Sebald de nom - le livre m'attendait esseulé sur une quelconque paillasse à mon boulot. Après trente pages je suis littéralement sous le charme et convaincu de lire un grand auteur. J'ai appris ensuite sur Wikipedia qu'il avait, un temps, été pressenti pour le Nobel, honte à moi. Il est de la trempe d'un Claude Simon, d'un Gunther Grass de la grande époque, ou d'un Claudio Magris. C'est un écrivain de la mémoire et des lieux. Il écrit avec la mémoire et avec les lieux. Il et mort à moins de soixante ans en décembre 2001 dans un accident d'auto dans le sud de l'Angleterre pays où je croyais qu'il n'arrivait jamais d'accidents d'auto. Il n'aura jamais le Nobel. Le texte, dense, est parsemé de photos et de dessins, lieux vides, objets banaux, qui ne semblent n'avoir été placés là que dans un but explicatif, comme redoublant les longues descriptions, comme si leur auteur avait craint de ne pas avoir été suffisamment explicite ou exhaustif. Ces illustrations ne rajoutent bizarrement rien, ou si peu au texte montrant accessoirement à quel point le texte l'emporte sur les images - est-ce fait exprès pour achever leur platitude et leur disqualification ? Austerlitz est le nom d'un personnage étrange, une sorte d' "intellectuel" fou dont le mystère fait la moitié du livre, qui raconte son histoire, ses histoires, au narrateur qui nous les raconte à son tour. Cela donne d'étrange phrases hypnotiques comme : "Il y avait un peu plus d'un an, pour son dixième anniversaire, me dit Gérald, me dit Austerlitz, son oncle Alphonso lui avait offert deux pigeons gris ardoise et un autre blanc comme neige" ou bien comme "Avoir l'heure m'a toujours paru quelque chose de ridicule, de fondamentalement mensonger, peut-être parce qu'une nécessité interne que je n'ai moi même jamais réussi à comprendre m'a toujours fait regimber contre le pouvoir du temps et me tenir à l'écart de ce qu'on a coutume d'appeler l'actualité, dans l'espoir, me dis-je aujourd'hui, dit Austerlitz, que le temps ne passe pas, ne soit point révolu, que je puisse revenir en arrière et lui courir après, que là-bas tout soit alors comme avant ou, plus précisément, que tous les moments existent simultanément, auquel cas rien de ce que raconte l'histoire ne serait vrai..." et j'arrête là car la phrase continue encore une demie page se refusant à mourir sans avoir quasiment tout dit. C'est une narration par procuration, un peu comme ces fausses mémoires en réalités dictées ou tout simplement racontées au cours de quelques entretiens par des vedettes du sport ou du showbiz sauf que là, le "nègre" ne s'efface pas tout à fait, ne fait pas semblant de parler à la place du narrateur, assume son "je", se montre sur un coin de la photo, fais "coucou" en quelque sorte. Mais Austerlitz, nom de bataille, contrairement à Zidane ou Rika Zaraï, n' est qu'une fiction, un simple nom. C'est justement cette double narration qui donne au personnage un peu plus que de la présence, une existence à nos yeux - Zidane et Rika Zaraï n'en ont pas besoin - comme s'il fallait à Sebald redoubler les récits, les multiplier l'un par l'autre, à l'instar du texte et des images, pour atténuer le vacillement de l'être fictionnel. Mais vers la fin du livre tout change, deux de ces clichés qu'on croyait plats et anodins nous sautent littéralement aux yeux : ils montrent soudain trois personnages du livre. On se dit alors qu'on avait tout faux. Les images sont nécessaires au texte qui jamais n'épuisera une seule description. On les croyait imaginaires. ces personnages, produits du seul bon plaisir de l'auteur. Nous avons cependant sous les yeux les traits mêmes qui nous incitent plus que tout à croire à leur existence. Cette surprenante irruption va-t-elle nous faire croire à leur réalité ? Cela a la dimension d'une preuve (qu'on n'en cherchait pas, on se laissait bercer) mais ce n'en est pas une. fiction ou réalité, être de chair ou de papier ? La question ne sera pas tranchée : Austerlitz est une sorte de Pinocchio, pauvre créature de fiction qui aspire à être réelle... Austerlitz, le livre, c'est l'histoire de cette aspiration.
26 octobre 2010
Pensée de la nuit No 175 :"Je n'ai jamais pensé au fait que j'étais juif ; sauf quand j'étais en danger. Et encore, ma judéité ne se manifestait pas dans ces cas-là comme quelque chose "d'intérieur", mais toujours comme une négativité, une limitation, une détermination extérieure - de même qu'on se définit comme nourriture vivante face à un requin dans l'océan ou à un tigre dans la jungle. Mais on ne peut pas se contenter d'être la nourriture des autres. Je n'ai jamais pensé à la religion : je ne la comprend tout simplement pas, qu'il s'agisse par exemple de la religion juive ou du bouddhisme, de la religion des adorateurs du feu, des serviteurs de Kali ou encore celle des mormons. Pourtant ma judéité m'a permis de vivre l'expérience universelle d'une existence humaine assujettie au totalitarisme. Donc si je suis juif, je dis que je suis négation, négation de tout orgueil humain, négation de toute sécurité, des nuits tranquilles, de la vie spirituelle paisible, du conformisme, du libre chois, de la fierté nationale - je suis la page noire des triomphes qui ne laisse pas transparaître l'écriture, je suis une négation, non pas juive, mais une négation humaine universelle, un mané, theckel, pharès sur le mur de l'oppression totale" Imre Kertesz, Journal de Galère, Actes Sud
25 octobre 2010
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