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06 avril 2009

Tanka, 2

Pour H.G.

En faisant le pain
La farine à l'eau se mêle
Odeur de levain

De même en mes souvenirs
Présent et passé s'emmêlent

05 avril 2009


















Ce qu'a vraiment vu Hokusai (via "Very spécial report" )
Je suis tombé sur cette vidéo proprement renversante (je vous jure que c'est le mot, s'il y en a un qui doit tout à Bach, c'est Dieu come disait l'ami Cioran) en parcourant l'excellent blog de maths "Algorythmes" (avec la faute d'orthographe) Les blogs de math sont à consommer avec aussi peu de modération que les blogs de cuisine!


28 mars 2009

Pensée de la nuit N° 152 : "Comme la Lalangue, le Duduchamp est assez difficile à saisir, il a un côté "Boojum", il me rapelle Duduche, fille de Duchat, chat (en fait chatte) de Georges Perec qui fut la chatte de ma soeur. Quand une main quelconque non autorisée tentait de la carresser, elle ne griffait pas, ne protestait pas mais creusait tellement l'échine qu'il était strictement impossible de la toucher, geste qu'elle accomplissait dans l'impassibilité et avec une politesse parfaite, très duduchampienne" Jacques Roubaud, La Dissolution

27 mars 2009

Un Haïku par bain, 82


Mariner tranquille -
Oh délice remarquable -
A nouveau je peux !

22 mars 2009

Pensée de la nuit N°151 : "Or, le passé n'est pas anarchique. Il peut nous apparaître désordonné et confus, mais en fait, ce n'est qu'une impression du regard désarmé que nous portons sur lui ; mais en fait le passé n'a pas d'état de confusion générale à sa disposition. Il a son ordre qui découle de son immobilité définitive (pas un ordre raisonné, certes, mais un ordre de fait) Aujourd'hui, maintenant je présente ce rien en le décrivant, anarchiquement présent. chaque jour, ou d'un jour à l'autre, recommençant, je le revisite, creusant dans les parenthèses déjà ouvertes des disgressions plus ou moins proliférantes qui ne cessent de déranger l'ordre et la cohérence minimale que les parenthèses avaient conquis en s'enfonçant peu à peu dans le passé de la composition où elles reposaient, calmées et plates, comme des supercordes après lavage" Jacques Roubaud, La Dissolution,

20 mars 2009

Tanka, 1

Pour M.L.G.



Petit matin clair
Depuis mon lit je peux voir
Un cerisier nu

Ah, pouvoir se rendormir

Jusques au retour des fleurs

18 mars 2009

"L'intérieur n'est à l'extérieur de rien" dit Valère Novarina. Depuis que le printemps est là les petits matins sont somptueux. Hier, juste après la séance de tintamarre triomphal des oiseaux saluant le jour, alors que le silence peinait à s'installer à nouveau, j'ai entendu un drôle de bruit. On aurait dit un bref coup de crécelle, un roulement de tambour sec ou une porte qui grinçait (une porte qu'on aurait mal fermée par inadvertance et qui profitait du silence pour lentement s'ouvrir toute seule) en tout cas un bruit qui n'avait rien d'animal, un bruit de machine à coudre grave, de chose qu'on manipule, un long craquement, un bruit étrange. Il se repetait à intervalles réguliers, déchirant à lui seul le silence que les plus farceurs des volatiles, soudain devenus respectueux, n'osaient interrompre. Le son était extraordinaire, plein, profond, stéréophonique. Tout le voisinage résonnait de son écho. Mais qui donc osait faire un tel boucan à une heure aussi matinale ? En tout cas pas le voisin charcutier dont le laboratoire donne sur notre jardinet et qui tous les jours, y compris le dimanche, nettoie ses instruments à grand coups de jets d'eau et bruits de gamelles entrechoquées faisant aboyer tous les chiens du quartier, pas non plus un volet ou une vraie porte mal fermés qui grinçaient : les intervalles étaient trop réguliers, il n'y avait pas de vent, l'air était immobile, au contraire. Aucun chien n'aboyait, même lointain. Je fis défiler dans ma mémoire, rangé bien à l'abri dans une circonvolution de mon cerveau, le paradigme "bruit de crécelle" : je fis revenir d'abord le souvenir très ancien d'un jouet en bois, teint en vert et en jaune, assez lourd pour émettre le bon grincement une fois secoué correctement, mais pas suffisamment pour ne pas être tenu dans la main d'un enfant, avec lequel il pouvait très bien s'assommer en l'agitant dans le mauvais sens, ce qui arrivait souvent, c'était un objet du genre "jouet à risque", qu'on oserait plus fabriquer de nos jours sous peine de se voir traîner devant la Cour Internationnale de Justice et dont les bébés des années cinquante avalaient en toute imunité les petites pièces détachées et mourraient de mort subite de nourrisson, étouffés dans leurs lits, puis celui, comme prévu, d'une lourde porte en bois, à la montagne, donnant sur un balcon (une galerie) un après midi de sieste bien méritée après une nuit blanche à tourner en rond avec le bébé dans les bras qui ne pouvait pas s'endormir et qui, maintenant tout aussi épuiisé que ses parents roupillait à l'intérieur, puis celui d'une matinée fraiche et claire où nous nous promenions, comme les frères Poucet, à une dizaine d'enfants et une monitrice, sacs au dos, à peine plus hauts que les fougères luxuriantes qui bordaient le chemin, dans une grandiose forêt de sapins , tout droit issue des illustrations de nos livres pour enfants, plus vraie que nos rêves les plus fous, dans laquelle on pénétrait comme dans un palais enchanté après avoir traversé des prairies muticolores à n'en plus finir en faisant s'envoler devant nos cuisses nues les sauterelles encore menue et fines de début juillet, où nous nous sentions chez nous, protégés, bien à l'intérieur, nous nous arrêtions après avoir traîné en queue de file pour ramasser des brindilles, des pommes de pin et cueillir une petite plante acidulée, délicieuse , une jeune pousse en forme de cresson que nous mangions sur le pouce, le gôut je l'ai déjà sur ma langue après près de cinquante ans, et que nous appelions "Pain d'Oiseau" inconscients des risques que nous prenions, ou encore celui d'une chaude journée plutôt mal définie, dans les champs, au choix, en Bourgogne, en Savoie en Auvergne ou dans le Comminges, avec le bruit d'un grillon inquiet qui se serait tenu coi dès qu'on aurait fait un pas et puis enfin celui d'une haute futaie, à nouveau, pleine d'ombre, dans une autre forêt, au lieu dit "Le Grand Sapin", connu des amateurs de champignons, entre Villiers Saint Benoît et Sommecaise, non loin de "La Ronce", où nous nous étions enfoncés depuis peu. C'était le bon souvenir, celui qui collait au bruit. Le son était identique, reconnaissable à tous les coups. L'odeur de feuilles mortes et de terre me revint dans le même temps. Marchant à la file indienne, nous nous faufilions entre les branches, faisant crisser le tapis de feuilles mortes que nous scrutions, cassés en deux , le nez au ras du sol, à la recherche des champignons, plus spécialement des "trompettes des morts" (ou "chanterelles" ou "cornes d'abondance") qui ressemblent tout à fait aux champignons chinois qu'on met dans le "Shop Suei". Des petits ceps, ou des girolles ne nous auraient pas déçus non plus, soit dit en passant, mais c'était un coin à "trompettes des morts". On ne les voit que que on a les yeux dessus, quand on en trouve un, on en trouve cent, etc. Je superposai alors, pour ainsi dire, le souvenir au présent : depuis un moment notre marche silencieuse était accompagné du même son de crécelle grave que j'entendais maintenant. Une pie venait de faire halte, dans le présent, sur le cerisier nu que je pouvais apercevoir de mon lit. Elle écoutait elle aussi le son de la forêt de mon souvenir en penchant la tête comme font tous les oiseaux. C'était le bruit d'un pic-vert. Il martelait de son bec une branche ou un tronc pour en faire sortir les insectes cachés à l'intérieur. En forêt, les craquements, les bruits de bois qui grince, de branches qui cassent, ne manquent pas. Nous avions interrompu le travail de l'oiseau sans nous arrêter pour écouter son bruit. Il était fort en colère. Il y eut des cris, des bruits d'ailes furieux. Quelque chose tomba sur le sol, juste à nos pieds. C'était le pic-vert qui était descendu pour nous engueuler. Il manifesta son mécontentement avec des cris stridents et force déploiement des ailes, puis remonta illico, en un vol quasi vertical, tout en haut de l'arbre où nous ne l'entendîmes plus. Son nid ne devait pas être très loin, il était probablement venu le défendre. Nous nous sentions coupables comme si nous venions de prendre un savon mérité. Et là, dans le petit matin clair, le même bruit de percussion venait déchirer le silence de la banlieue juste avant la sonnerie des reveil-matins. Le pic-vert ausculte l'intérieur de l'arbre. Il scrute la vie qui y grouille. Il fait sortir la vie de l'arbre, quelle que soit l'heure, en un inexorable et mortel sauve qui peut. Et pourtant son bruit n'est pas sinistre, il n'est pas douloureux, comme celui des mouettes, ou laid comme celui des pies. C'est un bruit de travail, un bruit laborieux. On dit qu'il tambourine. (même si son cri, qu'on entend beaucoup plus souvent qu'on croit, selon Internet, une sorte de ricannement sardonique est assez désagréable) "L'intérieur n'est à l'exterieur de rien". C'est une phrase étrange, un tantinet dérangeante, paradoxale alors qu'elle n'exprime aucun paradoxe. C'est vrai : l'intérieur et l'extérieur sont deux catégories radicalement différentes de l'espace, disjointes. C'est ce que dit radicalement Valère Novarina, il faut en finir avec les compromis. Le dedans et le dehors ne communiquent pas, pas même en vertu de lois topographiques compliquées. Pas d'échange posssible, pas de place pour quoi que ce soit de transitionnel ou intermédiaire, pas d'ouverture autre que l'éffraction chirugicale ou mutilante toujours catastrophique, comme celle du pic-vert (Le plus souvent les aphorimes concernant l'intérieur et l'extérieur font allusion à leur caractère au contraire communiquant, les faisant s'écouler l'un dans l'autre de manière lénifiante en donnant la clé du monde, "La sortie de secours est à l'intérieur " etc. ) Un bon psychothérapeute serait alors un pic-vert. Un tambourineur de l'index sur votre front ou votre nombril, penché sur votre corps allongé, levant légèrement les fesses de son confortable fauteuil. Il vous sortirait les verts du nez. Si l'interieur n'est à l'extérieur de rien, il faut s'y résoudre, le cerveau est un organe externe, un peu comme les testicules ou les seins. De même, en dernière analyse, que notre tube digestif, aussi long et alambiqué soit-il, qui n'est qu'une invagination du dehors au temps où nous tombions, minuscules, dans l'abysse amniotique, que nos viscères mêmes, si propres et si bien rangés, aucune place perdue, encore plus beaux que dans les livres d'anatomie, luisant de l'éclat de leurs couleurs originelles, doux et fermes au toucher, jouissant de leurs formes parfaitement lisses, petits animaux immobiles et tranquillement pulsatiles, sont des organes externes, traversés par des millions de ramifications qui communiquent toutes entre elles et avec nos orifices naturels. l'intérieur n'est à l'extérieur de rien... mais il n'existe pas.

12 mars 2009

Ce matin, il y a quelque chose dans l'air qui le rend plus doux. Le ciel est gris, il bruine, mais la lumière n'est plus tout à fait la même. Elle semble pleine de promesses. Dans quelques jours, à peine un ou deux peut-être, les fortitias seront en fleurs (les bergerias roses du petit jardin de façade le sont déjà, en touffes, mais elles sont capables de fleurir même en décembre) Dès qu'un rayon de soleil parvient momentanément à crever le plafond, les oiseaux se mettent à crier à tue tête comme si, sans attendre le coup de feu du starter, ils voulaient "voler" le départ . Le quartier est silencieux. Tout le monde est au travail ou au marché. Le reste pense à ce qu'il va faire à manger à midi, à vagabonder sur internet ou à souffrir au fond de son lit. Les chats ont disparu à leurs affaires, le chien dort dans la bibliothèque. On est bien chez soi. j'ai rarement pensé çà. En dix jours la tension est retombée. Je me suis mis à relire. Le repos forcé à provoqué, banalement, un retour sur soi qui commence à ne plus me faire peur. Je sens que, bientôt, si les choses continuent comme çà, je vais me remettre à écrire. c'est déjà un peu fait, non ?

10 mars 2009

Pensée de la nuit N°150 : "Après la mort d'Abdul Fazl, l'empereur devint plus sévère. Il lui incombait de régenter le mode de vie de son peuple et pendant trop longtemps il avait été défaillant dans ce domaine, remplissant fort mal son devoir. Il interdit la vente d'alcool aux gens du peuple sauf sur prescription médicale. Il prit des mesures contre les vastes essaims de prostituées qui bourdonnaient comme des mouches dans tous les coins de la capitale et les fit installer dans un campement batisé la Ville du Diable, à quelques distances du centre, et il ordonna que tous les hommes qui s'y rendaient dussent indiquer par écrit leur nom et leur adresse avant d'être autorisés à pénétrer dans le camp. Il déconseilla la consommation de viande bovine, d'oignon et d'ail et exhorta son peuple à manger du tigre pour puiser de la force dans sa chair. Il déclara que la pratique religieuse ne pouvait donner lieu à aucune persécution, quelle que soit la religion, on pouvait bâtir des temples et laver les ligams, Mais il était moins tolérant envers les barbus, car la barbe tire sa nourriture des testicules, ce qui est la raison pour laquelle les eunuques n'en portent pas. Il interdit le mariage d'enfants et désapprouva la crémation des veuves et l'esclavage. Il conseilla à son peuple de ne pas prendre de bain après des relations sexuelles. Et il convoqua l'étranger à l'Anup Talao dont les eaux agitées malgré l'absence de brise prouvait que la situation, qui aurait du être calme, était complètement perturbée." Saman Rushdie, l'Enchanteresse de Florence, Plon

07 mars 2009

C'est la fin du journal de Thiron-Gardais, snif. Merci, Jean claude Bourdais
Un Haïku pa bain, 81


Plus d'haïku d'hiver,
Me voilà privé de bain
Quinze jours d'avance !

18 février 2009

Un Haïku par bain, 80


Plongé solitaire
Dans ce liquide équivoque
Et crépusculaire

10 février 2009

Pensée de la nuit N° 149 : "Un instant, en lèchant machinalement l'intérieur de mon pot de yaourt presque vide, je me suis pris pour mon chien"

09 février 2009

J'aime énormément cette photo de Nathan, la mère de tous les petits déjeuners du monde...


P'tit déj

01 février 2009

Hier soir, la Garde, cette reine de la nuit, mais on comprend mieux si j'écris sans majuscule, la garde, était calme. Dans mon bureau à l'hôpital, j'ai une petite bibliothèque que je n'ai pas souvent le temps de consulter. J'y ai rangé des livres dont un jour j'avais cru avoir besoin pour je ne sais plus quel séminaire ou quelle réunion clinique, ou bien que j'ai posé là juste après qu'ils aient quitté les rayons de la librairie où je venais de les acheter, faute d'autre bibliothèque pour les accueillir. Ils peuvent tout aussi bien être des romans que des manuels de psychiatrie, des polars ou des recueils de poèmes. On peut venir les emprunter. Certains, faute seulement vénielle, oublient de la ramener, parfois. J'étais presque dans le noir, comme j'aime, seulement éclairé par une lampe de bureau de cette sorte qui font juste un halo de lumière sur le clavier de l'ordinateur et qui déjà laissent dans la pénombre le fauteuil de mes interlocuteurs de la journée, vide à cette heure et à cinquante centimètre de là, une de ces lampes à la Gaston Bachelard, une de ces lampes qui voient, une de celles, amicales, chères aussi à Alberto Manguel, doucement penchées sur vos doigts qui courent sur le clavier ou sur le papier, dont j'ai aussi un exemplaire pas tout à fait identique, mais tout à fait aussi tendre, dans le bureau de la maison silencieuse où je tape en ce moment ces lignes sous le halo lumineux qu'elle dispense avec, toujours, la même attention désinteressée. Je rêvassais, car que faire un jour de calme garde à moins de rêvasser, dirait un lièvre de mes amis. A un certain moment, peut être pour vérifier un souvenir, ou bien affiner une définition ou encore par pur désoeuvrement, je me suis levé pour consulter les livres alignés un peu plus loin que la longueur de mon bras. Parmi des titres que j'indifférais, occupés à simplement se tenir droits et à éviter mon regard qui panoramiquait paresseusement, un petit ouvrage assez mince me fit signe, avança imperceptiblement d'un pas de souris, que dis-je d'un pas de fourmi, pour se laisser prendre. C'était le "Régime des Passions" de Clément Rosset. Clément Rosset, que je ne connais pas, est un de mes meilleurs "amis" comme on dit maintenant sur facebook et dans les communautés virtuelles. On a vraiment rien inventé. Car un livre est une communauté virtuelle : celle de tous ses lecteurs, qui ne se connaissent pas. C'est pourquoi je dis que Clément Rosset est un de mes meilleurs "amis", au même titre que Jacques Reda ou Jacques Roubaud, ou même Philp Roth et Francisco Gonzales Ledesma. Le "Régime des passions", et c'est là son moindre défaut comme dirait une autre fourmi de mes connaissances, se laisse lire très facilement. Et même relire, ce que je fis, sans même m'en rendre compte en deux ou trois demi heures, toujours sans le moindre appel des urgences, ce qui était toujours ça de gagné sur la misère humaine. Et puis je me laissai emporter par l'admiration, cet exercice si délicieux. Je me souvenais du plaisir du "Réel et son double", de la "Force Majeure", de "Loin de moi", du "traité de l'idiotie", de cette langue si précise et si déliée qui jamais ne pèse ni ne pose ni ne jargonne. Du merveilleux et du très savant avec les mots de tous les jours, le "Gai Savoir" à l'état pur, dans ton son élan et toute sa fraîcheur. Dans un chapitre assez court, qui n'a rien à voir avec les "passions" et encore moins avec le "régime", Clément Rosset parle de Valère Novarina dont je n'ai presque rien lu et dont je n'ai jamais vu aucune pièce, même à Avignon au temps de ma jeunesse. Ce que je voulais juste dire ici, c'est que Clément Rosset parle de Valère Novarina exactement comme moi, j'espère, je suis en train de parler de Clément Rosset. Pour le simple plaisir de vous raconter un plaisir de lecture par une nuit d'hiver comme les autres, un tout petit moment de joie. J'ai maintenant très envie de lire Valère Novarina, voir si je peux m'en faire un "ami". Et vous, mes "amis", avez vous envie de lire ou relire Clément Rosset ?
Mnémoglyphes parle de Ciscoblog et réciproquement... On va aller loin comme ça ! (J'aime beaucoup l'expression "bloguer à la volée")

31 janvier 2009

Pensée de la nuit N°148 et 147 : "Ici je suis de plus en plus le seul à penser comme tout le monde" et "l'intérieur n'est à l'extérieur de rien" Valère Novarina, Vous qui habitez dans le temps, cité par Clément Rosset, le Régime des Passions.
c'est avec soulagement que je découvre que cela fait seulement trois mois que je n'ai pas publié de "post long" . Ce n'est pas si long, trois mois. je pensais être en panne depuis bien plus longtemps. Je suis en panne, c'est sûr, mais plutôt à la panne. Selon littré, la panne sèche n'est en rien un arrêt de moteur en manque de carburant liquide. Au temps de la marine à voile on mettait à la panne : "En panne, se dit de l'état où est un navire, lorsque, une partie de ses voiles tendant à le faire aller en avant et l'autre partie le poussant vers l'arrière, il reste, sinon absolument immobile, du moins s'agitant presque sur place, dérivant un peu et ne faisant pas de route" et la panne sèche était une panne qui ne se tenait pas à la voile, mais seulement au gouvernail, ne me demandez pas comment, on s'empêchait simplement de dériver (si on arrête tout, sur un bateau à voile on ne reste pas immobile, comme lorsqu'on coupe le moteur d'une voiture, on dérive, on se laisse mener par le courant et le vent qui vous pousse malgré tout). Il est très difficile de rester immobile sans jeter l'ancre - j'avais écrit l'encre - ou se lier à un corps mort (tout corps mort plongé dans un liquide coule au fond) lui-même relié à la surface par une bouée, ou coffre. en tout cas se mettre à la panne n'est pas un accident, tout au plus une urgence. Celle de s'arrêter : Fig. et familièrement. Se tenir en panne, rester en panne, cesser d'agir en attendant un moment plus favorable. Le duc de Montelesne voulait se tenir en panne en attendant. Ceci n'est pas un "post long". Mais il n'est pas impossible, maintenant que les "posts longs" arrivent.

29 janvier 2009

Pensée de la nuit N°146 "Rendez-vous compte ! Trois cents personnes assises en cercle sur les gradins qui frappent dans leurs mains au même moment, avec une parfaite coordination ! Quel numéro remarquable ! Il faudra que je félicite le dresseur, se dit l’éléphant sur son tabouret, au centre de la piste." Eric Chevillard, l'Autofictif

25 janvier 2009

La dernière livraison de la revue de photo en ligne "Purpose" consacrée cette fois à l'enfance. Excellente tenue comme d'habitude.

23 janvier 2009

Parfois, seulement montrer qu'on est toujours là, maintenir la barque à flot, faire un petit cou-cou. Pris dans le tourbillon, ne pas laisser l'écriture se faire expulser de son orbite par le mouvement chaotique de la vie. Sans forcément lutter contre l'absence d'inspiration, écrire pour ne rien dire - on a parfois vraiment rien à dire - ne pas en faire une maladie : ici ce n'est pas l'écriture ou la vie. Le beau temps après la pluie. De toute éternité.

15 janvier 2009

Un haïku par bain, 79

Baigneur en série,
Bientôt quatre-vingt fois
Au lieu de tes crimes !

05 janvier 2009

Résolutions, chmésolutions...


Publier un post "long" au moins une fois par semaine
Terminer mes expertises dans les délais

Publier un post "court" au moins un jour sur deux

Ne pas attraper de contravention merde enfin
Ne publier que les bonnes photos
Rentrer du boulot avant huit heures du soir
zut
Se lancer dans des posts "engagés"
Faire moins de gardes
Avoir une écoute plus attentive en général
Ne pas m'énerver tout de suite avec les cons
Ne pas toujours chercher à avoir raison
Se coucher avant minuit
Aller chez le médecin
Aller chez le dentiste
Chez le coiffeur, à temps
Etc.etc.

04 janvier 2009

Encore au moins deux mois de patience...


Un Haïku par bain, 78


Un petit vapeur
croise au large de ma hanche
Un soupir, il sombre

26 décembre 2008

Pensée de la nuit N°145 :"Quand on ne travaillera plus les lendemains des jours de repos, la fatigue sera vaincue" Alphonse Allais

sur ce : bonnes vacances et bonne année! De retour le 4 janvier

21 décembre 2008

PORT ROYAL


Station Port Royal

19 décembre 2008

Un haïku par bain, 77


De ce soir d'automne
Les longs glouglous monotones
Me blessent le cœur

18 décembre 2008

Comme vous vous en êtes sans doute aperçus, je suis plutôt en mode Twitter, en ce moment. Idée de "post" pour quand j'aurai le temps (ce qui ne saurait tarder, bien sûr) : autonaute de la cosmoroute, raconter ma ballade dans le quartier d'une ville où je ne suis jamais allé ou refaire la description du Boul'mich ou prendre la route 790 du North Dakota (avec les camions géants et les ombres des poteaux télégraphiques), grâce à Google maps.
Le véritable inventeur de l'hypertexte est né au dix huitième siècle : c'est Honoré de Balzac

12 décembre 2008




J'ai découvert cette image sur cursive building, un site merveilleux à découvrir de toute urgence via ffffound, un autre site d'images époustouflant. Immédiatement ajoutés en LCD

11 décembre 2008

Un haïku par bain, 76


Décembre. Le soir.
Lessiver sa fatigue
Dans l'ombre, hébété!

06 décembre 2008

J'ai ajouté sur la colonne de droite, la célèbre "LCD", tout en bas (jouez de la molette, il faut descendre sur la page, on ne le voit pas en entrant sur le blog) un espace "Twitter Updates", le degré zéro du blog. Certains affirment que c'est l'invention la plus importante depuis celle de la carte postale. Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris à quoi ça sert mais rien que l'idée de pouvoir écrire ici ne serait-ce que 140 signes à la fois et de les envoyer par SMS m'émoustille. Le problème est que je m'escrime depuis le début de cette soirée (de garde) à envoyer un SMS à Twitter et que je n'ai pas encore réussi. A suivre, si le cœur vous en dit (je trouve ça spécial, quant à moi, mais soyons modernes...)
Pensée de la nuit N°144 : "I love deadlines. I like the whooshing sound they make as they fly by" douglas Adams, blog

03 décembre 2008

Bobby Mc Ferrin joue Bach : inouï, comme de juste (via Nathan)



27 novembre 2008

Un nouveau lien ce soir, une fois n'est pas coutume : c'est vif, fin, artiste mais leste, vous préviens-je ! Le net est un océan d'images traversé de courants. On les pêche, les unes à la suite des autres, on les étale sur le pont, on trouve des similitudes inattendues. On dirait que c'est sans suite, mais en y regardant de plus près il y a des correspondances subtiles. Ce ne sont pas des images justes, mais juste des images. Cela ne s'arrête jamais. C'est Very spécial report

26 novembre 2008

Je sais, je sais, je déserte un peu en ce moment. Je suis en crise de temps comme on dit aux échecs. Ne désespérez cependant pas, CISCOBLOG reste fidèle au post (sans "e") !

13 novembre 2008

Dernière minute, en guise de morale à la dernière "aventure" de notre ami Haltmann, à lire trois ou quatre entrées ci-dessous : je viens d'apprendre à la radio que c'est une pratique courante de rajouter des flots de détergent liquide dans les conteneurs d'ordures des supermarchés afin d'interdire aux pauvres gens de s'y approvisionner. Nous vivons une époque vraiment formidable !
HIERE SUR AMBY

10 novembre 2008

Un Haïku par bain, 75

D'ici je peux voir
Mon sexe pointer le gland
Au bout du nombril.

08 novembre 2008

Pensée de la nuit N° 143 : " J’ai la nostalgie de ces années où je vivais dans l’impatience de l’avenir." Eric Chevillard, L'autofoctif

07 novembre 2008

Au fil du net

via "Balsamia"


via, "Very Special Report"

06 novembre 2008

Un haïku par bain, 74


Mémoire de l'eau
As-tu gardé l'empreinte
D'un seul de mes doutes ?

02 novembre 2008

Huit heures du soir. Contrairement à son habitude, Haltmann passe par le centre ville en rentrant du travail. A cette heure les rues ont retrouvé leur calme. Les embouteillages qui, deux fois par jour, congestionnent toute la région à des kilomètres à la ronde au rythme des bureaux ont fini par se résorber : comme la terre assoiffée finit par boire toute l'eau qui ruisselle, la ville finit par dissoudre en elle les automobiles arrivant une à une à destination (il imagine les garages, la places de parking qui se remplissent, les portails qui se referment derrière les salary-mens pressés de retrouver l'intimité du soir) Il roule à travers les rues sombres, dans l'espace indistinct de la nuit, en écoutant d'une oreille distraite un entretien politique à la radio. En banlieue, il n'y a jamais grand monde dans les rues, on se déplace en voiture, même pour les petits trajets, par habitude mais aussi par indifférence au paysage. On ne se promène quasiment jamais. Les rares passants qu'on aperçoit sur les trottoirs sont les pauvres, les démunis, poussant des poussettes remplies d'enfants ou de packs d'eau minérale. Et puis à cette heure, dans les beaux quartiers aux villas en meulière, c'est déjà le couvre feux, On s'est calfeutré, bien à l'abri. On s'apprête à dîner, on se retrouve, on décompresse devant la télé, on pense à la dure journée du lendemain, on aspire au repos. La nationale 7 traverse la ville. Elle y fait une longue et belle estafilade. C'était autrefois le centre du centre, un quartier prospère, où les magasins et officines se serraient les uns contre les autres et où on venait faire ses courses de partout. Mais c'en est définitivement fini de cet univers à la René Fallet. Depuis l'apparition des grandes surfaces il y a plus de trente ans, pour la plupart installées en périphérie ou le long de l'autoroute toute proche, le quartier a périclité comme les berges d'une rivière asséchée où aucun animal ne vient plus boire. les boutiques ont une à une été vendues et revendues à perte, restant définitivement closes derrières leurs rideaux de fer rouillé, ou ont été achetées pour des bouchées de pain par des marchands de sommeil ou de fringues de moins en moins chères. La lèpre de la vétusté a contaminé les immeubles. Plus rien n'attire le chaland. La dernière boulangerie qui résistait vient de fermer, un bar-tabac subsiste difficilement. Deux ou trois sandwicheries, une ou deux boutiques de pizzas à livrer, résument l'économie de subsistance qui a succédé à l'âge d'or. Non loin de là on avait pourtant tenté de lutter contre la déchéance qui s'installait. Un centre commercial tout neuf avait été implanté, dans les années quatre vingt, avec le vain espoir de contrer l'exode des ouvriers et des classes moyennes vers les villages Lévitt, Kauffman & broad et autres «chalandonnettes» qui commençaient à pulluler dans la campagne toute proche et d'enrayer du même coup la chute de l'immobilier en ville, un centre commercial à taille humaine, urbain et accueillant qui a pourtant inexorablement descendu l'échelle du standing au fil des années et vers lequel roule maintenant Haltmann qui écoute toujours distraitement son débat politique. Il emprunte au ralenti les allées Aristide Brilland, double voie majestueuse plantées de platanes et bordées de maisons de maitres et d'immeubles cossus du XIX° siècle, témoins de la splendeur passée (les minoteries, l'imprimerie et même l'électronique de pointe (une grosse usine IBM a été démantelée il y a à peine moins de vingt ans alors qu'aujourd'hui la firme qu'on croyait naguère indestructible n'existe même plus) entre lesquels s'intercalent, datant de l'âge des "banlieues rouges", un magnifique théâtre dessiné par Oscar Niemeyer en personne, le même qui a construit Brasilia et le siège du PCF place du Colonel Fabien, à Paris, une maison des jeunes en parfait état de marche et une médiathèque qui ferait crever d'envie plus d'un élu dynamique de gauche. L'éclairage urbain jusque là prolixe se fait moins éclatant : Haltmann longe un parc dont les hautes futaies font de l'ombre même au crépuscule. Il y a un virage à droite, puis un à gauche. Droit devant lui, à cent cinquante mètres, le centre commercial. On vient de sortir les grands conteneurs à ordures du jour. On les a disposés sur le trottoir. Dans son champ de vision, à mesure qu'il amorce le virage, lentement, le pied sur le frein, Haltmann voit défiler une étrange foule sombre, comme une petite armée, de miséreux qui se dirige vers les conteneurs. Des sacs en plastique dont la blancheur a des éclats pâles à la main, des gens traversent devant sa voiture. Il voit quelques visages au ralenti et en gros plan, tout près de la fenêtre du passager, comme dans un film. La foule s'agglutine autour des ordures. On a ouvert les couvercles. Les sacs en plastique s'agitent dans la pénombre, improbable lâcher de ballons blancs dans la nuit. Les victuailles juste périmées qu'on vient de jeter passent de main en main et disparaissent dans la foule, comme absorbés par l'ombre, il n'entend aucun bruit, tout se fait en silence. Il n'y a pas de bagarres, pas de disputes. Haltmann a assisté à une rapide cérémonie. Il se rend compte que c'est un rituel de tous les jours : il y a comme de l'ordre dans ce rassemblement de la misère. C'est une vision de dix secondes, à peine. Après, il a terminé le virage, il ne voit plus rien. A la radio le bruissement du débat politique continue. Nous sommes à Dormeil, en région parisienne au début du vingt et unième siècle - où nous commencions déjà à nous nourrir d'ordures.

22 octobre 2008

Et encore une fois, au milieu de toute cette agitation et de toute cette inquiétude (qui n'a définitivement rien à voir avec la crise), une image d'apaisement et de bonheur fragile. Il fait beau et doux, contrairement à toutes les prévisions. C'est le milieu de mois d'octobre. Avec le père N*, nous descendons à nouveau le Boul'mich à pied, comme des milliers d'autres fois que je n'ai pas toutes racontées ici, mais presque. Nous venons de quitter J* et H* avec qui nous avons déjeuné. Il est rare que nous nous retrouvions tous les quatre en même temps (en dehors des fêtes obligées ou des "grandes occasions") et pourtant, chaque Mercredi, depuis des années je fais cet aller et retour Banlieue-Paris au milieu des embouteillages sans que cela ne m'ai pesé une seule fois. N* et J* (mais surtout J*) sont des hommes à présent. J'en suis fier, même si je n'y suis pas pour grand chose. Je crois que, maintenant rien ne me fait plus plaisir que de constater ça, qu'ils sont devenus des hommes. Avec J*, le taiseux, le ténébreux tout se passe dans les yeux, qu'il a infiniment tendres. Avec N*, le sage, le curieux, le plus jeune, nous jacassons comme des pies, heureux comme des papes tous les mercredi après midi que Dieu fait. Nous les manquons rarement. Il n'y a pas la foule habituelle. Les touristes se sont faits plus rares. C'est parce que les étés indiens n'ont pas chez nous la même réputation qu'ailleurs. On dira qu'on se retrouve un peu entre nous, les latino-quartierains. Pourtant le soleil accroche des reflets au flamboiement des arbres. L'air est plutôt doux, comme je l'ai dit, mais il a déjà cette sorte de cette pureté qu'on peut sentir plus tar en hiver. Nous marchons d'un bon pas sur cette pente douce qui mène au fleuve. En un tout petit quart d'heure, nous rallions la place Edmond Rostand à la place Saint Michel. N* doit acheter des partitions chez Pugno. La boutique du quai des Grans Augustins, rouge écarlate, n'a pas changé depuis cinquante ans. J'y ai moi aussi acheté des partitions, etc. En sortant, la beauté de la Seine et des quais nous saute au visage. En remontant le boulevard, je montre à N* l'emplacement occupé maintenant place Saint André des Arts par une agence automatique de la BNP, de "chez Boubée" (Nérée de son prénom), le célèbre naturaliste, la boutique de curiosités scientifiques où on a pu jusque vers les années quatre vingt, acheter à Paris, des roses des sables, des ammonites géantes, des collections de lépidoptères au détail, des échantillons de coupes géologiques ou des pièces anatomiques en cire, d'un réalisme absolument parfait (on en trouvait encore il n'y a pas dix ans, dans les boutiques de la rue de l'école de médecine) qui ne sont pas étrangères à ma vocation médicale, entièrement anatomique à l'époque où, adolescents, avec mon copain Franklin nous hantions ces lieux avec envie. Nous nous arrêtons, avant d'entreprendre la remontée du boulevard, qui est bien plus physique qu'on ne croit, à la Gentilhommière pour prendre le quatrième café de la journée. En revanche, rien n'a changé ici, hormis la taille de la terrasse qui a toujours été la force de la maison. Ce n'est pas notre café préféré, ni à N*, qui le trouve trop touristique, il n'y a qu'à voir la tête des consommateurs, ni à moi qui préfère largement le Rostand, comme tout ciscoblogger sait, mais l'endroit vaut bien cette petite station : c'est un des rares cafés du quartier à être resté à peu près ce qu'il était il y a quarante ans (et Alain F. habitait non loin, du temps de notre amitié), date à laquelle, par exemple, le "Capoulade" et "le Maheux" qu'on a cru éternels, aux deux coins de la rue Soufflot, furent remplacés qui par un Wimpy (le premier fast food de Paris) puis un Quick et qui par un Macdo qui est toujours là ou réciproquement . Devant les grilles du Luxembourg, face à rue Soufflot, pente Est de la Montagne Sainte Geneviève, la plus douce, et le grandiose panthéon qui la couronne, il y a toujours la marchande de marrons chauds. La petite vieille commence en cette saison à faire ses affaires. N* me dit avec un demi sourire que c'était elle qui me vendait déjà des marrons (et des glaces en été) lorsque j'étais enfant. "Mais non", lui rétorqué-je , c'était son père ! "Donne lui tout de même à boire", dit mon fils.

18 octobre 2008

Un Haïku par bain, 73


Calme catafalque
Où, humide et savonneux,
Un beau pet fait "bllob" !

13 octobre 2008

JARDIN D'EDEN 

La Seine à Corbeil-Essonnes

12 octobre 2008

Vices cachés, 3



J'ai beau lire le plus possible, je ne suis pas près d'avoir le prix Nobel. D'ailleurs c'est faux. Je ne lis pas beaucoup. J'achète beaucoup de livres et je ne les lis pas tous, loin de là, nuance. Aujourd'hui par exemple, c'est dimanche, les librairies sont censées être fermées. eh bien, malgré le fait que je sois de garde à l'hôpital de Dormeil, en arrivant ce matin, j'ai encore trouvé le moyen d'acheter trois livres au "Verger des Muses" qui est la seule librairie ouverte le dimanche à au moins cinquante kilomètres à la ronde (la plus proche étant à mon avis "L'arbre à Lettres" rue Edouard Quenu à Paris, dans le cinquième arrondissement) et qui se situe e
ntre une Boutique géante Babou et un Hyper Animalia sur les rives de l'immense parking de la zone d'activités moche à pleurer qu'on vient de construire aux abords du nouvel échangeur entre A6 et Francilienne. Juste pour laisser imaginer combien de livres, étant ainsi capable d'en acheter trois un dimanche matin en allant au travail au pied d'un échangeur autoroutier en rase campagne, je peux en acheter un après midi de pleine semaine au quartier Latin. J'ai donc fait l'acquisition, pour donner une idée, du dernier Echenoz, "Courir", du dernier Rushdie, l'"Enchanteresse de florence", et de la "Conjecture de Syracuse" d'Antoine Billot que je ne connaissais pas mais dont le bandeau rouge de couverture portait l'alléchante formule "Une vengeance mathématique". Mon gout, si on peut appeler ce dégoutant défaut un gout, pour les mathématiques fera, si vous le voulez bien, l'objet de mon "vices cachés" n°4. (Première digression : jusque là je trouvais les gens de la librairie du "Verger des Muses" héroïques. Plantés au milieu de la banlieue la plus zonarde qui soit ils tentaient de porter le flambeau de la "culture" à deux jets de pavé de la cité des Tarterets avec une modestie et une élégance de doux dingues. Ils avaient fait de leur librairie une sorte d'île enchantée, un havre de paix de calme et de senteurs de colle et d'encre au milieu des discounts de fringues et d'objets de première nécessité. Leur stock n'était pas celui d'un vraie librairie ni même celui de la FNAC, la taille de la papèterie par exemple (avec les images Doodle en tête de gondole), leur très gros rayon scolaire et l'augmentation constante de la taille de celui des activités manuelles montrait déjà les premiers signes d'un compromis inévitable mais on trouvait à peu près toutes les nouveautés et ils suivaient finalement assez bien les suppléments livres de Libé et du Monde. Ils avaient même un élégant bandeau vert pétard portant la mention "recommandé par le Verger des Muses" pour faire cossu qui en faisait quasiment une valeur sure. C'était une très honorable librairie de secours. Ils avaient tout d'une grande... Mais quand ils se sont mis à vouloir ratisser large dans le domaine du "culturel" ("cultiver vos loisirs" qui s'étalait sur les élégants sacs en toile plastifiée qu'ils offraient pour les gros achats était devenu leur nouveau slogan) et qu'ils ont ajouté à leur palette des activités piquées à un "Nature et Découverte" en perte de vitesse ( parfums, gastronomies (thés, cafés, confitures biscuits tant qu'on y était), copies du musée du Louvre et j'en passe) cela a cette fois senti un peu la compromission. D'autant que tout cela ne pouvait se faire qu'au dépends du rayon littérature qui n'est plus à l'heure actuelle qu'une pauvre peau de chagrin. Ils ont maintenant définitivement vendu leur âme, probablement vaincus par les armées de la fripe et de la malvie qui les cernent depuis longtemps. Cela ne m'étonnerait pas d'apprendre qu'ils sont en passe d'être rachetés par ce "Delaveine" du culturel qu'est l'horrible "Cultura" des centres commerciaux de seconde zone qui font d'André Rieux le seul vainqueur des victoires de la musique classique, le "Roi Soleil" le parangon du rayon Opéra et qui sont certains que Max Gallo est académicien (l'est-il ?) et Paul Lou Sulitzer nobélisable) Pour ce qui me concerne, on peut employer le terme clinique d'achats inconsidérés, voire compulsifs, c'est de toute façon passible de la mise sous curatelle. Tout comme la kleptomane qui vole infiniment plus de paires de chaussettes qu'elle pourra jamais en porter sa vie entière même en changeant de chaussettes tous les jours ou même deux fois par jours mais qui ne peut pas s'en empêcher, j'achète plus de livres que je ne pourrai jamais en lire durant le temps qui me reste à vivre même si j'atteins l'âge de Jéroboam. Ils s'entassent sur les rayons de ma bibliothèque, devant les livres déjà lus ou au dessus, couchés en piles de deux ou trois sous l'étagère du haut. Dire que j'en ai pour deux ans d'avance serait bien en dessous de la triste vérité. Il doit y en avoir pour quatre ou cinq, au bas mot. Je suis un assidu des pages livres du "Monde" (que je n'achète d'ailleurs plus, et c'est mon vice caché n°5, que le jeudi) de celles de "Libé" et de "Télérama" (qui me fait penser au "Verger des Muses" ancienne manière) et dans une moindre mesure du "Magazine Littéraire", pas de "Lire" ni de la "Quinzaine", allez savoir pourquoi, mais je pourrais, mais aussi des émissions de France Cul, souvent excellentes comme "A plus d'un titre", "Jeux d'Epreuves", "Des mots de midi", ou "Du jour au lendemain", par exemple, pendant que je tape ces lignes, d'Alain Weinstein avec Hélène Lenoir ce soir. Ces suppléménts littéraires sont d'excellents "digests" de l'actualité des livres. Grâce à eux, comme dit Pierre Bayard dans son livre "comment parler des livres qu'on n'a pas lu ?" - que je n'ai pas lu, justement -on pourrait briller dans les salons à peu de frais ou épater les jeunes filles. Ce n'est pas mon but, même si au demeurant j'adore parler des livres - que j'ai lu - avec mes amis. Je suis comme un collectionneur fou : ce qu'il me faut, ce que je brûle de posséder, ma passion (au sens funeste du terme) c'est la pièce manquante, l'objet "a" de Lacan, bref ce que je n'ai pas et qui me plonge dans les affres du désir. Quand je pénètre dans une librairie chaque livre exposé est potentiellement pour moi celui qui risquerait de me manquer, au cas où, par exemple, j'aurais à tuer le temps dans un vol Paris - Christchurch ou au cours d'une nuit d'insomnie plus interminable que les autres ou entre deux patients sous la lampe au CMP pour me changer les idées. Mais dès que je le possède, la plupart du temps il redevient ce parallélépipède de papier et de carton qui sent la colle et dont je ne sais plus pourquoi je l'ai tant désiré. Il va rejoindre la pile dont je parlais tout à l'heure, peut être le retrouverai -je dans quelques mois. Mais tant que je ne "l'ai" pas, il n'est pas exagéré de dire que je suis rongé d'angoisse. Je me dis bien que j'en ai bien d'autres à lire, qui attendent sous la poussière, des piles entières, branlantes ou impeccablement rangées n'attendent que mon bon vouloir, pourquoi donc celui là ? je peux m''en passer mais non, c'est justement celui que je n'ai pas acheté qu'il me faudra. Les yeux plus gros que le ventre. Un exemple : je résiste en ce moment au dernier Catherine M. au titre si délicieusement ambigu. Mais le livre tout entier n'est-il pas résumé dans l'ambivalence du titre ? Il faudrait que je vérifie de mes propres yeux. Cela me tripote trop. J'ai entendu une interview de l'auteur sur je ne sais plus quelle chaine, j'ai été déçu, je m'étais mis à l'écouter avec une oreille professionnelle et je n'arrivais plus à me détacher du diagnostic que je n'avais pu m'empêcher de poser. Il faudrait aussi que je vérifie mon diagnostic... Je résiste encore, mais je sens que je faiblis malgré le fait que mon copain G. m'a dit lau téléphone lui aussi avoir été déçu, qu'il n'avait strictement rien appris sur la jalousie (qui le ronge lui aussi parfois), il faudrait aussi que je vérifie que le livre de Catherine M n'est pas un manuel de psychologie etc. Quoique j'en dise, enfin, j'en lis tout de même, des livres, mais ce n'est pas du tout autant que j'en ai acheté ou que je désire en posséder. Dans mes rêveries les plus folles, je ne me vois jamais en libraire (Dieu sait pourtant si les librairies ou tout endroit qui possède des rayonnages de livres, grandes bibliothèques universitaires, Beaubourg TGB ou autres, me ravissent les yeux le cœur et l'âme) mais en propriétaire la nuit de la bibliothèque nocturne et parfaite, éclairée d'une simple lampe posée sur un bureau où tout près, dans l'ombre, attend chaque livre, où chaque atome de savoir ou de poésie trouve sa place, se présente à mes yeux avec l'évidence d'un organe interne, où coule mon propre sang, celle dont parle sans arrêt le sympathique Alberto Manguel, où il n'y a qu'à tendre la main, comme au paradis terrestre pour saisir tout le génie du monde. Alors, je ne trouve rien de plus beau que les livres.

09 octobre 2008

Caramba!


Philip Roth a encore raté le Nobel !

06 octobre 2008

Un haïku par bain, 72


Grisaille d'automne,
Et dimanche monotone
flottent avec moi

02 octobre 2008

Fichu métier!




mirifiques Deschiens

27 septembre 2008

C'est Sundance Kid et Butch Cassidy, les bandits, les détrousseurs de trains, ils décident de se faire oublier à cause des détectives qui sont à leurs trousses, il ya des affiches placardées dans tout l'Ouest avec leurs photos, ils essaient de se faire embaucher comme hommes de mains, je crois, parce que le patron leur demande s'ils savent tirer au revolver. Butch pousse Sundance du coude, genre va-s-y toi montre lui ce que tu sais faire, il sait très bien que Sundance est le meilleur tireur de l'ouest, le boulot c'est dans la poche. Alors le patron montre une canette de bière à quarante pas de là pour que Sundance tire dessus. Sundance ne parait pas très sûr de lui, bizarrement. Il vise soigneusement la canette et il la rate. Butch n' a jamais vu ça, Sundance rater sa cible, il a une mine catatastrophée. Le patron, déjà, veut s'en aller mais Sundance, avec un regard tout piteux demande : "Je peux bouger ?" Le patron le regarde, qu'est-ce que c'est que ce fou encore, et répond, avec une moue méprisante : "si tu veux". A ce moment là, Sundance bondit en l'air tout en dégainant son révolver et il tire cinq balles sans viser : on voit la canette qui fait cinq bonds en arrière. Cinq fois mouche. Butch Cassidy lève les yeux au ciel, le patron n'en revient pas. Ils sont embauchés. Sundance Kid est le meilleur tireur de l'Ouest mais seulement quand il ne vise pas. Il y a aussi cette très jolie scène où Sundance entre la nuit par une fenêtre dans une maison qui n'est pas la sienne. Dans une chambre il y a une femme qui dort, Etta, on croit qu'il va l'agresser, psychopathe comme il en a l'air, mais c'était un scénario, ils se connaissent depuis longtemps, ils sont très amoureux l'un de l'autre. Etta et Butch Cassidy font un voyage à New York la ville des prodiges et font du vélo, oui du vélo, dans le désert de l'Arizona. Même les cowboys font du vélo. Sundance Kid, Butch Cassidy et Etta font un merveilleux couple à trois un peu comme Jules, Jim et Catherine. On découvre que le temps du western c'est la belle époque, le temps des révolutions, de la lutte des classes et de la plus grande boucherie de tous les temps, pas seulement les grands espaces abstraits mythologiques hors du monde et cinématographiques. A la fin, Butch Cassidy et Sundance, qui ne sont pas des révolutionnaires, pas même des révoltés, juste des paumés magnifiques valant mille fois mieux que les centaines de flics à leur poursuite, se font tuer par toute une armée en Bolivie où ils se sont réfugiés. La musique du film "La pluie tombe sur les carreaux" a été chantée par Sacha Distel ou Joe Dassin ou les deux je ne me souviens plus. Le film "Butch Cassidy et le Kid" date de 1969, on peut dire que c'est un film soixantehuitard. A cette époque on ne tournait plus de westerns depuis longtemps. Je me souviens que ça avait été un enchantement. Je ne l'ai jamais revu. Maintenant j'ai un peu peur que cela ait vieilli. Etta est la merveilleuse Katherine Ross, Sundance Kid est Robert Redford (de là vient le nom du prestigieux festival de cinéma de Sundance) et Butch Cassidy, Paul Newman, bien sûr, qui d'autre ?

22 septembre 2008

Connaissez vous le photographe Chris Jordan ? Politiquement correct mais assez bluffant... 
Nostalgie, déjà...


SECOND AVENUE

21 septembre 2008

Philipp Roth annonce à 75 ans qu'il abandonne la littérature (je n'ai jamais pensé qu'il était aussi vieux. j'ai toujours cru en fait qu'il était de ma génération). Qui pourrait lui en vouloir, lui qui vient récemment d'abandonner pour notre plus grande tristesse son alter égo, son fantôme, Nathan Zuckermann (dans "Exit Gohst" pas encore traduit en français) Tout à une fin, dira-t-on, même la vie des personnages de roman. Conan doyle a bien tué un jour Sherlok Holmes, Javert a bien été suicidé par Victor Hugo et Lucien de Rubenpré par Balzac . Mais cette annonce n'est pas celle d'une retraite, ni la dépressive décision d'un silence de misanthrope . C'est une annonce à la Philipp Roth : Il a le projet d'écrire un dernier livre, qu'il prévoit très long très gros et dont l'écriture le tiendra, dans l'idéal pour ainsi dire, jusqu'au jour de sa mort, auquel il mettra le point final la veille du dernier de ses jours, finissant en quelque sorte comme il a vécu, donc ne finissant pas, dans un livre. S'étant écrit lui-même toute sa vie, il posera la plume et mourra. Romanesque, non ? ( Cela me fait penser à Claude Ballier, le grand psychanaliste criminologue et ses "Elements pout une théorie narcissique du vieillissement" (peux pas m'empêcher d'être professionnel...))

17 septembre 2008

Pensée de la nuit N°141 : "L'irrésolution est le pire de maux" René Descartes cité par Olivier Pourriol, invité du jour de Raphaël Eintowen (les nouveaux chemins de la connaissance) sur France Cul dans la voiture entre l'hôpital de Dormeil et l'unité d'hospitalisation "4 saisons"

14 septembre 2008

Vices cachés, 2

Je me sens bien dans les supermarchés. Faire les courses ne m'a jamais pesé, je pourrais dire que ça me calme. Mais ce n'est pas seulement parce qu'on y fait les courses que j'aime les supermarchés. Plus ils sont grands, plus je les aime. Je garde par exemple un souvenir ému d'une visite à l'hyper Auchan de Perpignan, peut-être le plus grand du monde avec son allée centrale aussi longue que la rue de Vaugirard et aussi large que l'avenue de Breuteuil. Celui de Bretigny, plus proche de chez moi, que je fréquente plus souvent, n'est pas mal non plus. Je ne suis pas de celles qui, fonçant dans les rayons, véritables folles du caddy, y empilent savamment les vivres de la semaine à la vitesse d'un cheval au galop, avec une dextérité qui les fait ressembler à Kali la déesse tueuse aux milles bras, qui, en plus trainent une ainée de huit ans qui se chamaille avec un petit de cinq à qui il faut tout le temps demander de ranger ce qu'il a pris. Je fais les courses seul. C'est un plaisir solitaire. Et je vais lentement, je prends mon temps. Si je dois me depêcher ce n'est plus du jeu. Ce n'est pas non plus la foule que j'aime, elle me fatigue, me fait perdre mes gonds comme tout un chacun. Bien que je sois pas si mauvais à cet exercice, je ne suis pas non plus de ceux qui adorent particulièrement slalomer du caddy au milieu de mille autres, s'imaginant dans Mario Kart sur le scenic raylway de la consommation. Si je peux, je choisis les heures creuses : entre midi et deux heures ou après le diner. Rien n'est mieux qu'un mardi ou un jeudi entre trois et quatre heures. De temps en temps donc, à l'occasion d'un creux dans mon emploi du temps, cela arrive, certains jours de garde peu chargés par exemple, je cours me faire un trois à quatre à Carrefour. Après cinq heures ce n'est déjà plus ça : les sorties de bureaux déversent les salariées sur les rayons, c'en est fini de la tranquillité. Qu'on ne se méprenne pas : je ne fait pas contre mauvaise fortune bon coeur, j'éprouve un vrai plaisir à faire les courses. J'adore flaner entre les rayons, choisir les produits, essayer les nouveautés, comparer les prix, guetter les promotions. L' hypermarché me donne le sentiment océanique. Ca vous revigore un homme. Magnifique étendue de tous les besoins des hommes, à perte de vue. On attaque ça par un bout, les boissons et, enfilant méthodiquement les rayons, on termine à l'autre bout au rayon culturel au milieu des best sellers et des jeux pour la Wii, après avoir traversé le continent des légumes frais, fait la queue à la poissonnerie et, tel Eddie Constantine dans le génial générique de "Cinéma, Cinéma", avoir ouvert et refemé toutes les armoires à congélation du rayon des surgelés.


"Deux fous", par N.G

09 septembre 2008

J'ai le plaisir de vous annoncer que tout est rétabli : Tous les liens de la colonne de droite fonctionnent. Vous pouvez à nouveau surfer sur les mois et les années de CISCOBLOG à votre guise, de mai 2002 à juin 2008, ou relire le petit traité de l'accueil ou l'histoire des tours de Vigneux si le coeur vous en dit et si vous avez un peu de temps à perdre. Je ne suis pas peu fier. Mais cette restauration (comme on dit chez windows) n'a rien à voir avec le transbordement des archives de CISCOBLOG vers un quelconque nouveau domaine, comme je le disais plus bas. Cela tient trop à un hasard quasi miraculeux, c'est trop compliqué et surtout pas assez interessant pour que je le raconte ici, sachez cependant que j'ai dit un peu trop de mal d'ALICE qui a tout de même été loin d'être parfait sur ce coup là. Je ne m'excuserai d'ailleurs pas plus. Tout est bien qui finit bien. CISCOBLOG reste insubmersible. Longue vie etc.

08 septembre 2008

39 petites merveilles. Je ne sais pas du tout qui c'est, mais j'ai trouvé Jaime Pitarch en me balladant sur Geisha Asobi (qui est d'ailleurs devenue "weelkly Teinou bee-woman")
Pensée de la nuit N°140 : "La graphomanie n'est pas la manie d'écrire des lettres, des journaux intimes, des chroniques familiales (c'est à dire d'écrire pour soi-même ou ses proches), mais d'écrire des livres (donc d'avoir un public de lecteurs inconnus). La graphomanie n'est pas la manie de créer une forme, mais d'imposer son moi aux autres, version la plus grotesque de la volonté de puissance" Milan Kundera l'Art du roman, 1986
Petit suivi d'information en passant : comme prévu Ciscoblog est bien en train de s'arracher les cheveux avec son "client FTP" . Mais il garde pour l'instant le moral. Les liens de la LCD devraient être rétablis prochainement sinon sous peu...

06 septembre 2008

Un Haïku par bain, 71

Souvenir aqueux
Du monde coupable et chaud
De l'énurésie

04 septembre 2008

Pensée de la nuit N°139 : " Il y a un jour où je me sentirai vraiment vieux : celui où mourra Brigitte Bardot"
Pour compenser la perte provisoire des archives, à la réparation de laquelle je ne travaille pas autant que je le souhaiterais, faute de journées de plus de 24 heures, j'ai très largement augmenté le nombre des entrées sur la page d'accueil de CISCOBLOG (300 au lieu de 50) ce qui rallonge notablement le temps de chargement de la page mais permet d'avoir accès à des entrées plus anciennes. Mille excuses pour cet inconvénient. Bonne lecture !

30 août 2008

Je viens de lire les huit premières pages, une sorte de prologue, de "L'état des lieux" de Richard Ford qui vient de sortir (cf "vices cachés,3 la rentrée littéraire" prochainement sur cet écran) et j'en suis resté littéralement machoire pendante : C'est d'une beauté à couper le souffle. Si tout le reste du livre (soit environ 730 pages) est du même tonneau, cela promet. A vrai dire, c'est tellement beau que je n'ose plus avancer. J'ai déjà relu ce proloque trois fois et le reste du texte, à commencer par le premier chapitre, je n'ose l'aborder, saisi du respect temblant qu'on doit aux objets sur lesquels on ne peut impunément poser le regard, comme par exemple le pain d'épice qu'on m'offrait à Noël et que je n'osais croquer tellement il était beau et qu'une rognure, même toute petite, signe pourtant de gourmandise maîtrisée, en aurait à jamais souillé la perfection, ou bien ces objets du genre Saint Graal dont la vue même vous éblouirait et vous ferait perdre la vision si vous la souteniez trop longtemps (j'exagère, comme dit F M : c'est ma tendance "meilleur machin du monde") Mais bon, je donnerai tout Ciscoblog pour ce prologue...


Une autre image de René Maltête
Enfer et damnation ! Enfer et damnation ! (deux fois) Vous avez peut être constaté que depuis deux ou trois jours les archives de CISCOBLOG ne sont plus consultables non plus que les liens en LCD sous la rubrique CISCOBLOG. Cela se produisait auparavant de temps en temps, pour des durées le plus souvent très courtes et c'était la plupart du temps du à des travaux sur mon hébergeur d'espace ou d'autres motifs d'unterruption temporaire, puis tout revenait dans l'ordre. Il n'en est plus de même à présent. Un peu inquiet, ce matin, devant la longueur de l'interruption, je téléphone à ALICE (pour ne pas le nommer) et on m'annonce avec regret, mais de but en blanc que mon espace perso a tout simplement été supprimé ! Il paraît que j'avais reçu un mail d'avertissement il y a quelques mois. Je me souviens bien d'un tel mail, mais il n'y était nullement question de suppression, on m'annonçait simplement le changement du nom de domaine de TISCALI en ALICE tout en me précisant que cela serait transparent pour moi ! Sauf qu'on ne m'avait pas prévenu que le service, de gratuit qu'il était jusqu'à ce jour passait à payant (cela devait être écrit en tout petit) Bref il est trop tard. Ils ont appuyé sur le bouton "delete" à la fin du mois de juillet. Ils sont désolés, pas moyen de revenir en arrière, même si je m'abonne, même si je paye. Merci ALICE, vraiment merci ! C'est donc définitivement que l'on ne peut plus accéder aux archives et aux liens internes de CISCOBLOG. Gros coup sur la cafetière en cette rentrée par ailleurs pas spécialement réjouissante. Mais, allez vous me dire, CISCOBLOG a bien sauvegardé ses données, non ? Eh bien CISCOBLOG il vous répond voui, il a sauvegardé ! C'est donc réparable. Eh bien voui, c'est réparable ! Bravement, CISCOBLOG a étudié la marche à suivre : c'a va pas être coton ! Créer un nom de domaine, louer pour ce nom de domaine un espace web, telecharger un client FTP et apprendre à s'en servir, etc. Grosse galère en perspective. Cela ne marchera pas du premier coup, c'est certain et CISCOBLOG va bien s'arracher une douzaine de fois les cheveux. Mais, allons, CISCOBLOG garde le moral. Il espère pouvoir transférer toutes ses sauvegardes, une à une, sur un nouvel espace lui appartent totalement en propre (style Ciscoblog.fr) dans un délai raisonnable, disons en plusieurs jours, sinon quelques semaines. Une sorte de gros transbordement, avec armes et bagages et pas de certitude de ne rien perdre en route. Déménagement en perspective donc. Les formalités ont déjà été engagées (demande de nom de domaine, AFNIC et tout le toutim). Haut les coeur. Vous voudrez bien excusez les inconvénients dus à ces travaux de maintenance "CISCOBLOG is having a massage", comme on dit sur Flickr, Pendant les travaux, CISCOBLOG continue, qu'on se le dise !

27 août 2008

jetons un coup d'oeil pour voir où en est la plus haute érection du monde

26 août 2008

Je rentre du travail après un détour par Carrefour (cf "Vices cachés,2" à paraître) j'allume mon ordinateur et dévide mes fils RSS préférés. J'apprend cette nouvelle. Tony Duvert est mort. C'était un sacré écrivain du XX° siecle... Qui pourrait (tolérerait de) lire Tony Duvert de nos jours ? Et toujours dans la série je-croyais-qu'il-était-mort-depuis-longtemps, j'apprends, toujours par mes fils RSS, que le grand mathématicien Henri Cartan, l'un des fondateurs du groupe Bourbaki (cf "vices cachés,3" à paraître) vient de mourir à 104 ans. Il était né en 1904, il y a presque deux siècles!

25 août 2008

Pensée de la nuit N° 138 :"Comment distinguer un nom propre d'un nom commun ? Les noms propres sont ceux qui se trouvent après la ligne rose. C'est finalement très simple, il suffisait d'y penser" Teodoro Gilabert, les Pages Roses, Buchet Chastel

23 août 2008

Vices cachés, 1


Je ne vous ai jamais parlé de mes vices cachés ? Je répare immédiatement cet oubli. Âmes sensibles, ne poursuivez pas au-delà du dernier point de suspension...Allons y. Premier vice caché : je lis le journal "l'Equipe" tous les matins. Même le mardi (lire "l'Equipe" le mardi matin est le comble du vice,le lundi étant un jour particulièrement creux en sports)Je me suis même ménagé depuis des années (des décénies) un repli du temps le matin pour m'adonner à ce plaisir secret avec mon petit déjeuner au café. A cause de "l'Equipe" je commence tout, travail, activités quotidiennes, au moins vingt minutes plus tard. On dit que "l'Equipe" est un journal pour intellectuel. c'est faux. De nos jours, il n'y a plus que les intellectuels qui lisent les journaux. Alors "l'Equipe" ou autre chose... Tout de même, "l'Equipe" c'est encore pire. Je pourrais me contenter de regarder "Jour de Foot" et "L'équipe du Dimanche" sur canal chaque semaine, qui sont aussi des émissions pour intellectuels, mais non, ça ne suffit pas, il faut que je rajoute "l'Equipe" tous les matins. En fait, je lisais l'Equipe bien avant que canal soit inventé (enfin n'éxagérons rien, je ne lisais tout de même pas "l'auto") je fais partie de cette génération qui a appris à lire avant de regarder la télé et non l'inverse. Ceci explique peut-être cela. mais cela n'est pas si sûr, car c'était déjà chelou de lire l'Equipe tous les matins au temps de l'Eurovision où tout le monde lisait un journal au petit déjeuner ("Le Matin", "L'Huma", "Combat", "Libération" de d'Astier de la Vigerie, "Le quotidien", jamais "le Figaro" et maintenant, il nous reste quoi, je vous le demande ? "l'Equipe" ou "Libé", c'est tout. "Le Figaro" on ne trouve de toutre façon pas à la cafétaria de l'hôpital de Dormeil) en ce moment je dépasse d'ailleurs les vingt minutes à cause des JO. Un vrai régal. Ah les interviews des kayakistes, des pentathloniens modernes et des vététistes ! Et puis les journalistes de "l'Equipe" sont les meilleurs du monde. Ils arrivent à nous tenir en haleine avec n'importe quoi. C'est un grand écrivain péruvien devenu président de son pays, Mario Vargas Llosa, immortel auteur de "La tante julia et le scribouillard" (je ne plaisante pas : lisez "La tante Julia et le scribouillard") qui l'a dit un jour : "Les journalistes sportifs sont les vrais auteurs de fiction modernes". Et d'un. faute avouée à moitié pardonnée. Je peux palper l'allègement de ma conscience. Merci qui ? Merci Ciscoblog.

21 août 2008

le texte télescopique : un très joli nouveau procédé d'écriture que nous a déniché JR files 2.0. C'est l'occasion de découvrir le site délicieux d'un dénommé Joe Michael Lambert Davis

18 août 2008

LUMIERE DU SOIR...

12 août 2008

Je ne sais plus comment je suis arrivé à ce site, mais j'adore ça !

11 août 2008

Hello folks ! Bonjour à tous (mais je vois que vous n'êtes pas nombreux...) Ciscoblog rentre de vacances après un vrai mois de sevrage à l'air pur des montagnes ! A très bientôt pour de nouvelles aventures en ligne !

12 juillet 2008

Un Haïku par bain, 70


Ma baignoire empreinte
Une piste de bobsleigh
pendant que j'y dors

07 juillet 2008

Minigraphies, 7



Notre nouveau chef de service est le professeur Rolex. Il a cinquante ans tout rond. Il a fait sa médecine à Créteil, saint Antoine et Trousseau qui dit mieux. Il ne dort pas la nuit. Il n'y plus qu'un seul psychiatre ici : le professeur Rolex. On l'appelle "Professeur", s'il vous plait ! Il pourrait se fâcher. Ce soir en arrivant, par exemple, je le trouve assis sur le sol du sas, à fumer sa cigarette tout en faisant la psychothérapie de monsieur S. qui, adossé à la fenêtre, debout au-dessus de lui, m'interpelle pour sa permission de demain. La psychothérapie consiste en un un flot continu de paroles incompréhensibles prononcées à voix trèsbasse, comme une musique. Monsieur S. Il en a entendu d'autres. En dehors des psychothérapies, le professeur Rolex arpente les couloirs du service les mains derrière le dos et le nez en l'air. Toujours à la recherche d'une leçon clinique à donner, d'une présentation de malade à faire. Il a les cheveux longs et gras, une moustache de gaulois et plus aucune dent dans la bouche. Il est grand et dégingandé. Il est toujours là quand on a besoin de lui. Il dispense ses conseils à voix basse, naturellement. Sans lui nous serions perdus. Pas plus tard que ce matin, par exemple, lors d'une négociation délicate avec un monsieur passablement énervé qui ne voulait ni entrer ni sortir, il me faisait le "retour son" dans le couloir même. Penché sur moi, vous connaissez ma taille, il me chuchotait en léger différé dans l'oreille les paroles exactes que je venais de prononcer. S'il ne dirigeait pas ma pensée, c'était à s'y méprendre. Il se faisait mon écho fidèle, il commentait. Non, l'énervé ne voyait pas double. Il y avait bien deux interlocuteurs en face de lui : pas Don Quichotte et Sancho Pança, mais le professeur Rolex et moi. Tout se passa bien
et, contre toute attente, l'énervé se calma. Le professeur Rolex nous émerveille. C'est le chouchou des infirmières. Il ne nous lâche pas d'une semelle, il nous suit partout comme notre ombre, il est à lui tout seul notre double à nous tous. Il est là quand les infirmières comptent les gouttes, il vérifie le nombre exact, il surveille les transmissions le nez collé à la vitre de l'aquarium, il intervient de loin dans les réunions, il nous souffle les bons médicaments, il décide des sorties, des régimes, des gardes médicales et des heures sup' des infirmières. Il est tellement toujours là que son absence nous manquerait, soudain. D'ailleurs, le professeur Rolex se prescrit lui-même son traitement et ne prend que ce qu'il a prescrit. C'est un As des neuroleptiques. Je ne ferais pas mieux, tout simplement. Le professeur Rolex a une drôle de façon de parler. Parfois il est incompréhensible, totalement hermétique, et d'autres fois on comprend tout ce qu'il dit. Parfois il parle à voix basse, parfois il hausse le ton. Mais toujours il nous enveloppe d'un flot de parole, aussi dense qu'un vol de passereaux, aussi léger qu'un essaim de graines de pissenlit. Le professeur Rolex n'a jamais voulu nous raconter son histoire, comment il a été arrêté sur la voie publique par la police en train de montrer à tout le monde ce que ma mère m'interdit de nommer ici alors qu'il venait de débarquer dans la ville, à la gare. C'est parce qu'il avait une tête de quelqu'un qui débarque, justement qu'on avait téléphoné au CPOA, histoire de voire si le professeur Rolex n'était pas connu dans d'autres régions. ""Rolex" me dites vous, attendez voir. Bingo! Hospitalisé en mars à S. D. !" Un autre coup de fil à l'hôpital de S.D. nous avait rassuré : le professeur Rolex ne débarquait pas de la planète Mars. Il venait de sortir de chez eux trois jours auparavant. Il ne s'était pas enfui, on l'avait laissé sortir à sa demande. On n'arrive pas à le soigner (à le "stabiliser", on dit) on a essayé tous les médicaments. Il résiste à tout. C'est un résistant. Cela me plait bien, à moi le mot "résistant." Alors parfois on le laisse sortir quand il demande. En général on le retrouve un peu partout en France. Ce coup-ci c'est chez nous. Notre interlocuteur était presque déçu, d'habitude c'est à Perpignan ou Marignane, plus loin qu'à cent malheureux kilomètres de chez lui. Mais bon, on allait le reprendre, quand on aurait de la place. Il n'est pas pressé non plus de retourner chez lui, le professeur Rolex, d'ailleurs. Là bas, à S.D. on ne devait plus le prendre assez au sérieux ni suivre ses prescriptions à la lettre. Ca lui fait des vacances.

05 juillet 2008

Un Haïku par bain, 69


Eté comme Hiver
Seule une eau plus que brûlante
Me tanne le cuir